Abus de position dominante : Google corrige des chiffres dans sa réponse à Bruxelles

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Crédits : tucko019/iStock Editorial/Thinkstock
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Vincent Hermann

Alors que la Commission européenne a accusé formellement Google d’abuser sa position dominante, la firme a dû s’excuser pour des données erronées publiées dans sa réponse à Bruxelles. Google indiquait par exemple que The Guardian possédait 85 % d’accès directs à son site, ce que le journal anglais a qualifié par la suite de « non-sens ».

Des accès directs jusqu'à 85 % pour The Guardian

Après presque cinq années d’enquête, la Commission européenne a fini par communiquer officiellement ses griefs à Google sur une thématique particulière : comment la firme a abusé de sa position dominante dans les moteurs de recherche pour propulser son service Shopping. Alors que la procédure qui commence s’étalera sans doute sur plusieurs années, Google a quand même répondu en tentant de prouver que non seulement ses services n’étaient pas mauvais pour la concurrence, mais qu’ils pouvaient même l’aider.

Parmi les informations qui étaient avancées, Google était même allé plus loin que ce qui « était demandé ». Car les griefs de Bruxelles ne concernaient que Google Shopping, ce qui n’a pas empêché l’entreprise d’aborder le cas de la presse. Le problème devait être alors le même : comment l’accuser du moindre impact néfaste sur la concurrence ou les sociétés en général quand certaines d’entre elles affichent une forme éblouissante ou n’ont clairement pas besoin de ses services ?

Et de citer Bild et The Guardian, dont les accès directs grimperaient jusqu’à 85 %. Un accès direct est défini par un visiteur se rendant sur un site via la barre d’adresse ou d’un favori, sans intervention d’un tiers donc. Un pourcentage extraordinairement élevé qui pouvait surprendre. Et à la rédaction du Guardian, on a également été surpris, d’autant que Google affirmait ne compter que pour 10 % environ des visites, une modestie accueillie avec curiosité.

Un « non-sens » pour le journal anglais

Chris Moran, responsable des audiences au Guardian, n’a pas hésité à pointer la réponse de Google dans un tweet en la décrivant comme un « non-sens ». Dans le tweet suivant, sans pour autant donner de chiffres précis, il a indiqué que les pages vues provenant de Google étaient équivalentes à celles provenant des accès directs. Très loin donc des 10/85 annoncés en premier lieu.

Il s’agissait a priori d’une erreur, c’est du moins l’explication avancée par Google. Le billet de blog a donc été modifié : « Les données de The Guardian provenaient du domaine guardian.co.uk, qui n’est plus le domaine principal pour le journal. Nous avons supprimé ces références et nous excusons pour cette erreur ». Malheureusement, c’est un argument de Google qui tombe à plat puisque la firme se retrouve à participer autant aux pages vues de The Guardian que les accès directs.

Et ce n’est pas la seule erreur corrigée par Google. Le billet indiquait ainsi que 40 % des recherches envoyées vers Yelp (moteur de recherches locales) provenaient des propres applications mobiles de ce dernier. Il n’en est rien : Yelp ne diffuse pas cette information, et l’a fait remarquer à Google, qui a donc supprimé la référence.

Il faudra donc que Google trouve d’autres exemples à mettre en avant pour prouver ses dires, même si ses graphiques restent en place.


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