Cities Skylines : un SimCity-like presque parfait

Pour l'ambiance ça va, mais le plat manque un peu de piment 70
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Kevin Hottot

En mars 2013, SimCity faisait sensation avec ce qui restera probablement l'un des pires lancements de la courte histoire du jeu vidéo. Deux ans plus tard, Paradox Interactive se lance à son tour dans les city-builders avec Cities Skylines. Si faire mieux que SimCity est facile, le titre parviendra-t-il à fédérer pour autant les amateurs de ce genre de jeux ? Il s'en donne les moyens en tout cas.

Suite au fiasco rencontré par SimCity, quelques studios indépendants ont tenté de détrôner la franchise qui jadis faisait office de référence pour les amateurs de city-builders. Certains, comme Focus Home Interactive avec Cities XXL, s'y sont un peu cassé les dents. C'est désormais au tour de Paradox Interactive et de Colossal Order de se prêter à cet exercice avec Cities Skylines.

Des cartes immenses

Le premier constat que l'on peut faire lors du premier lancement du jeu concerne la taille du terrain qui s'offre à nous. Pour faire simple : c'est immense. Chaque carte se forme d'un carré de cinq blocs de côté. Chacun des blocs fait approximativement la même taille que la zone constructible sur une carte de SimCity. Au fur et à mesure de son évolution, le joueur peut sélectionner jusqu'à neuf blocs sur lesquels il étendra ses constructions, les autres restant inactifs, sauf à utiliser des mod prévus pour.

Cities Skylines Cities Skylines

L'espace disponible est tel qu'il est possible de créer plusieurs petites villes que l'on reliera ensuite via un système de transport complexe mêlant le rail et la route. Les plus motivés pourront également tenter de créer une véritable mégalopole. Un bloc bien rempli sur la carte pouvant accueillir (en tassant bien) un peu plus d'une centaine de milliers d'habitants, il est permis de rêver à l'établissement d'une ville avec plus d'un million d'âmes, à condition que votre PC tienne le choc.

Une gestion plus fine que celle de SimCity

Sur un terrain aussi grand, une gestion globale des politiques de la ville n'est pas forcément adaptée. Cities Skylines propose donc au joueur de créer ses propres quartiers afin de profiter de réglages un peu plus fins. Pour en délimiter un, il suffit de mettre en surbrillance une zone de la ville et de lui donner un nom. 

Il devient alors possible de lui fixer des taux d'imposition particulier ou des politiques spécifiques. Si vous voulez créer un éco-quartier résidentiel, il vous suffira donc d'appliquer un arrêté favorisant les économies d'énergie et les énergies renouvelables. Cela permet également de limiter les dépenses liées à votre politique, en ne vous focalisant que sur les zones nécessaires.

Pour ce qui est du développement des différents quartiers de la ville, Cities Skylines ne fait pas dans l'originalité. Comme dans la plupart des city-builders, vous pourrez choisir entre différents types de zones (commerciales, industrielles, résidentielles, de bureau) avec parfois un choix entre deux niveaux de densité.

Les bâtiments de services (casernes de pompiers, écoles, hôpitaux) ont chacun une zone d'effet théorique, mais le trafic pourra influer de façon plus ou moins néfaste sur leur efficacité. Dans le cas des écoles, des hopitaux et des fours crématoires (oui, vous avez bien lu) l'aire d'effet n'est pas le seul critère à prendre en compte puisqu'ils disposent d'un nombre limité de places. Il faudra donc parfois placer plusieurs cliniques dans un quartier pour répondre à la demande des habitants.

Autobahn builder simulator 2015

Développé par les créateurs de Cities in Motion, Cities Skylines bénéficie d'un soin particulier pour tout ce qui concerne la gestion des transports en commun et de la circulation. Une vingtaine de types de routes sont ainsi disponibles, avec un éventail allant de la simple voie piétonne en gravier, à l'autoroute protégée par des murs anti-bruit en passant par l'avenue bordée d'arbres et le boulevard à sens unique.

Cities Skylines Routes Cities Skylines

Les routes (mais aussi les rails) peuvent prendre place à différentes hauteurs. Cela permet notamment quelques petites fantaisies difficilement imaginables dans la vie de tous les jours comme l'improbable échangeur/rond-point à trois niveaux de la capture de gauche, mais surtout d'avoir un maximum d'options pour fluidifier la circulation. 

Avoir de jolies routes ne suffit toutefois pas à éliminer les bouchons en centre-ville et il faudra disposer d'un réseau de transports en commun à la hauteur. Là où SimCity ne permettait au joueur que de disposer d'arrêts de bus ou de tramway de façon erratique, Cities Skylines va un peu plus loin. Il est en effet possible de créer plusieurs lignes de bus, de métro et de train, afin de desservir les différents quartiers de votre ville comme bon vous semble. Seule contrainte : les lignes doivent former une boucle. Rien n'empêche toutefois de proposer un tracé "linéaire" pour les bus en les faisant passer d'un côté d'une rue, puis de l'autre.

Des bugs un peu bêtes égratignent l'ensemble

Si Cities Skylines est globalement un jeu très réussi, il a également droit à son lot de bugs parfois agaçants. La circulation par exemple pose parfois de gros problèmes, à cause de l'IA encore perfectible. Mettez à la sortie d'une autoroute une superbe avenue avec 6 voies à sens unique, neuf fois sur dix, les voitures n'emprunteront qu'une ou deux voies, créant ainsi d'énormes bouchons aux intersections. 

D'ailleurs, la gestion des intersections est parfois difficile à comprendre. Si vous faites un rond-point par exemple, dont un des accès dessert une sortie d'autoroute, vous aurez tendance a vouloir relier les deux avec une route à sens unique, le trafic n'allant que dans un seul sens. Si vous faites cela, le jeu installera... un feu rouge au niveau de l'intersection, réduisant à néant l'intérêt du giratoire. Vous devrez donc au mieux installer une 2x3 voies, tant pis pour les trois voies complètement inoccupées dans un sens.

Cities Skylines Cities Skylines

La traduction française était également parfois un peu hasardeuse et réservait son lot de perles. Ainsi, sur la carte montrant l'emplacement des ressources naturelles sur l'aire de jeu, le mot « ore », qui signifie « minerai » avait été traduit par... « adolescents ». Non, il n'y a pas de gisements naturels d'adolescents à exploiter en tant que stagiaires, mais vous pourrez par contre y placer des mines et diverses industries spécialisées dans la transformation des métaux. Fort heureusement ce bug plutôt cocasse a été corrigé avec la mise à jour 1.07c publiée le 7 avril dernier.

Un petit goût de « trop peu »

Nous sommes également un peu restés sur notre faim sur certains aspects. Aussi grande soit-elle, notre ville reste désespérément seule au monde. Il n'est pas possible de vendre votre surplus de production électrique à une cité voisine ou d'exporter vos déchets à l'extérieur, et pour cause : il n'y a pas de cité voisine. Cela pourrait être pourtant bien utile pour maintenir le budget de votre commune, notamment lorsque le mode « Hardcore » est actif. Si SimCity avait fait l'erreur de trop miser sur les interactions entre les différentes communes d'une région, Cities Skylines pèche par excès contraire en nous coinçant dans un bocal.

En l'absence de villes avec lesquelles échanger des denrées, les différentes spécialisations des zones industrielles (agriculture, extraction de pétrole, minage, sylviculture) n'ont finalement que peu d'intérêt, si ce n'est de donner une apparence plus variée à vos constructions. Le système de projets régionaux de SimCity aurait été un ajout intéressant et aurait permis de donner un rôle plus important à cet aspect du jeu.

Enfin, sur le plan graphique, si globalement le titre est très loin d'être laid, il accuse tout de même quelques défauts. Les textures des bâtiments sont parfois très grossières, et lorsque l'on veut voir sa ville de près, l'effet d'escalier est omniprésent. Heureusement, ce dernier point est assez facilement corrigeable.

Des milliers de mods disponibles pour gommer certains défauts

Cities Skylines dispose en effet d'une foule de mods (plusieurs milliers), allant de simples textures alternatives pour des bâtiments à l'implémentation de fonctionnalités plus complexes. Contrairement à SimCity, le jeu a été conçu dès le départ pour que les membres de la communauté puissent modifier le titre comme bon leur semble, via Steam Workshop.

Grâce à cela, il est possible d'atténuer certains défauts du jeu, au niveau des graphismes avec PostProcessFX par exemple, qui ajoute diverses options comme le FXAA, le flou de mouvement et des effets de « Lens Flare ». Ambient Occlusion ajoute la gestion du SSAO et Dynamic Resolution permet de forcer à la hausse ou à la baisse la définition des textures des bâtiments. Il existe même des modules pour débloquer l'ensemble des 25 cases des cartes afin de pouvoir s'étendre sur toute leur surface.

Cities Skylines Cities Skylines
À gauche un effet d'escalier très visible sans mods, à droite le jeu une fois moddé 

Sur notre machine de test (Core i5 2500, 12 Go de RAM et GeForce GTX 780) une fois le jeu moddé et avec une ville de 80 000 habitants à gérer, le framerate est tombé sous la barre des 25 images par seconde, tandis que les quatre coeurs du processeur étaient occupés à plus de 80 %. L'utilisation de mémoire vive culminait quant à elle bien au-dessus de la barre des 4 Go (uniquement pour le jeu). Le lancement d'une carte avec 730 000 habitants (récupérée via Steam Workshop) s'est tout simplement soldé par des crashs lorsque des mods étaient activés, mais tout fonctionnait normalement en les enlevant. Prudence donc.

Des bâtiments supplémentaires créés par la communauté sont également téléchargeables en quelques clics. Cela permet notamment de combler quelques vides, comme l'absence de centres de recyclage pour la gestion des déchets (l'enfouissement et l'incinération sont les seules options normalement proposées à la base).

Vous avez dit combien ?

Pour 27,99 euros sur Steam, soit la moitié du prix de SimCity lors de son lancement, Cities Skylines assure l'essentiel, avec un moteur de simulation encore perfectible sur certains points, mais qui reste très complet et simple à appréhender. Le joueur dispose d'une grande liberté pour façonner sa ville comme il l'entend, et les bordures délimitant le terrain se font presque oublier tant l'espace disponible est immense.

Si SimCity vous avait déçu et que vous recherchez une expérience exclusivement en solo, Cities Skylines est fait pour vous. Les autres pourront attendre les prochaines promotions de Steam et le déploiement de quelques mises à jour avant de se décider à franchir le pas.


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