Windows 10 : Spartan disponible, un bon départ et de nombreuses absences

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Navigateurs
Vincent Hermann

À la sortie de la build 10041 de Windows 10, Microsoft avait promis que la préversion suivante contiendrait Spartan. C’est désormais chose faite et la build 10049 contient bien le nouveau navigateur. Il s’agit d’une première mouture dont les fonctionnalités sont incomplètes, mais qui permet au moins de se rendre mieux compte de la direction prise par l’éditeur.

Une nouvelle build à télécharger pour essayer Spartan

Comme on l’a appris récemment, Spartan sera bien le nouveau navigateur par défaut de Windows. Internet Explorer, actuellement en version 11 dans Windows 8.1, ne changera pas et ne sera plus amélioré. Il gardera évidemment son support technique et continuera donc de recevoir des mises à jour de sécurité pour encore plusieurs années. Le nouveau moteur et les fonctionnalités seront exclusivement réservés à Spartan, que les testeurs de Windows 10 peuvent donc essayer.

Même si Spartan sera à terme une application classique et qui devrait recevoir des mises à jour fréquentes à travers le Windows Store, il faut pour l’instant passer par l’installation d’une nouvelle build. Le téléchargement est donc assez long, entre 2,5 et 3 Go en moyenne selon l’architecture choisie. Le système se met ensuite à jour, redémarre et finit par donner accès aux nouveautés.

Une interface qui ne bouleversera pas les habitués de Chrome et Firefox

Spartan se révèle donc et devient utilisable pour la première fois. Son interface est très largement inspirée de Chrome, Firefox et Opera, ce qui signifie que les habitués d’Internet Explorer devront se faire à l’idée que les onglets ne sont plus situés à droite de la barre d’adresses. Désormais, la barre de titre contient les onglets, et la barre d’adresse se situe en-dessous. Question de logique : puisque l’adresse change dans chaque onglet, il fallait transmettre l’idée qu’elle en dépend.

Globalement, l’interface est agréable et ne s’embarrasse pas de fioritures. Le style est résolument moderne et dépouillé, ce qui ne plaira d’ailleurs pas à tout le monde. Pour le reste, la barre d’adresses contient les autres contrôles de navigation, l’ajout et l’accès aux favoris, l’inévitable smiley des préversions Microsoft (qui permet l’envoi de commentaires et critiques) ainsi que le bouton réservé aux prises de notes.

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Prise de notes et partage

Ce dernier débloque l’une des fonctionnalités importantes de Spartan. L’utilisateur a la possibilité en effet d’annoter la page qu’il a sous les yeux avec un trackpad, un écran tactile ou avec un stylet. Sur une Surface Pro 3, on peut utiliser ce dernier pour prendre rapidement des notes et pointer vers des éléments particuliers. Le résultat peut être partagé sur les réseaux sociaux, OneNote, OneDrive ou par email. On peut également écrire au clavier pour laisser de petites étiquettes qui permettent, lorsqu’on clique dessus, d’afficher l’intégralité du texte. Dommage cependant que l’on ne puisse pas simplement enregistrer le résultat sous la forme d’une image, en tout cas pour l’instant.

Cette première mouture de Spartan ne contient qu’une partie de ses fonctionnalités, mais le support de Cortana est bien présent. Limité malheureusement aux seuls États-Unis dans l’état actuel, l’assistant a pour objectif de rester en arrière-plan et de proposer une action adaptée quand il juge qu’elle peut rendre un service. Ces suggestions seront enrichies avec le temps avec ce que Cortana sait de l’utilisateur, des informations préservées dans le carnet de notes, que l’on peut consulter et effacer depuis le centre de paramètres de Windows 10. On espère toutefois que cette fonction ne rappellera pas les très peu glorieuses heures de l’assistant Clippy dans Office.

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Un mode lecture révisé et des panneaux fusionnés

Spartan s’accompagne également d’une nouvelle liste de lecture et d’un nouveau mode de lecture « sans distraction ». Ce dernier fonctionne comme on peut s’y attendre : un fond sépia, un simple texte accompagné des éventuelles images déterminées comme faisant partie du contenu, et c’est tout. Le reste du site, les publicités, les animations et tout le reste disparaissent. On ne peut pas cependant configurer ce mode et définir par exemple la largeur de la page, et donc la longueur des lignes. La liste de lecture permet quant à elle de mettre de côté des pages, documents PDF et autres de côté en vue d’y revenir plus tard. Notez que la liste de lecture se présente toujours sous la forme d’une application séparée à laquelle les autres peuvent accéder, notamment via les fonctions de partage.

On accède à cette liste de lecture à travers le bouton des favoris, une icône en forme de dossier frappé d’une étoile. Le panneau qui s’ouvre est en fait commun à différents éléments : les favoris eux-mêmes, la liste de lecture, l’historique et les téléchargements. Une bonne idée puisqu’elle permet de réunir toutes les informations au même endroit, plutôt que d’avoir des boutons et des panneaux séparés.

Performances et support des technologies : correct, mais il faudra attendre

Évidemment, deux questions restent en suspens : quid des performances et de la compatibilité avec les standards du Web ? Sur le premier point, il est difficile de se faire une idée précise, même si nous avons réalisée quelques tests pour donner un ordre de grandeur.

spartan test

Comme toujours avec ce type de résultats, il faut garder à l'esprit qu'il ne s'agit que d'une version de développement et dont le code est très probablement peu optimisé. On remarque cependant qu'il existe déjà une progression en quelques semaines par rapport au moteur que l'on pouvait activer dans la build 9926 de Windows 10. L'écart s'est largement réduit par exemple avec Internet Explorer sur le test Browser Rigthware. Il était ainsi de 30 % dans la build 9926, il n'est maintenant plus que de 10 % environ.

Sur le support des technologies, Spartan réalise un score de 375 au HTML5 Test, contre 346 sur l’actuel Internet Explorer 11. Le test reconnait d’ailleurs le nouveau navigateur comme ce dernier, montrant au passage que Microsoft ne se sert plus de l’agent utilisateur de Chrome auprès des sites. Mais, là encore, le moteur est loin d’être finalisé et l’éditeur doit encore ajouter de nombreux éléments, notamment l’intégralité de l’ECMAScript 6. Nous suivrons cependant de près l’évolution sur ce point puisque l’entreprise n’hésite plus à dire qu’avec l’arrivée de Spartan, les développeurs Web se rapprocheront encore un peu plus du graal d’un « seul code pour tous les navigateurs ».

Spartan est en tout cas loin d’être fini. Il manque pour l’instant autant de certaines fonctionnalités cruciales (comme le système d’extensions) que de prise en charge d’éléments plus basiques. Par exemple, il n’y a pas de reflet d’un téléchargement dans l’icône de la barre des tâches. Dans son état actuel, le navigateur semble prometteur, mais dépouillé, et il faut donc que Microsoft continue d’ajouter ce qui manque pour qu’il devienne une alternative réellement crédible à Chrome et Firefox. Dans son billet d’annonce, l’éditeur indique d’ailleurs que de nombreuses fonctionnalités et améliorations sont encore prévues, et nous attendrons donc de les tester pour s’en faire un avis plus global.

Pour tester Spartan, il faut obligatoirement disposer de la build 10049 de Windows 10. Ceux qui n’ont pas le système peuvent s’y essayer en s’inscrivant au programme Windows Insider (un compte Microsoft est requis).


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