L'éditeur d'Angry Birds trébuche, avec un bénéfice en baisse de 73 %

Les pirouettes comptables n'arrangent rien au problème 32
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Finances
Kevin Hottot

Rovio, l'éditeur de la saga Angry Birds a fraichement dévoilé ses résultats annuels. Ces derniers ne risquent pas de redonner le sourire aux oiseaux puisque la société affiche un chiffre d'affaires en baisse, mais surtout un résultat d'exploitation en chute libre.

Des résultats en berne

Les temps sont durs pour les célèbres Angry Birds et plus particulièrement pour leur éditeur Rovio. La société s'est lancée en octobre dernier dans une grande restructuration, dans laquelle un maximum de 130 postes, soit tout de même 16 % de l'effectif total, doivent être supprimés. À l'époque Mikael Hed, le PDG de l'entreprise expliquait avoir embauché en supposant que la croissance de son entreprise atteindrait un certain niveau, mais qu'elle n'a pas été en mesure d'y parvenir.

Et effectivement, au vu des résultats affichés pour l'ensemble de l'année 2014, on peut comprendre que le PDG s'attendait à mieux. En 2013, Rovio avait réalisé un chiffre d'affaires de 173,5 millions d'euros, l'an passé il n'était plus question que de 158,3 millions d'euros, soit une baisse de 9 % en l'espace d'un an. Sur la même période, l'EBIT (ou résultat d'exploitation), qui correspond au bénéfice réalisé par une entreprise avant le paiement de ses impôts et taxes, a quant à lui fondu de 73 % en passant de 36,5 millions d'euros en 2013, à 10 millions d'euros l'an passé.

Les produits dérivés ne font plus recette

Si en 2014, la branche « jeu vidéo » de Rovio a connu une croissance satisfaisante (+16 %), avec un chiffre d'affaires passant de 95,2 millions d'euros a 110,7 millions, la branche « produits dérivés » de la société ne peut pas en dire autant. Ses revenus sont en effet passés de 73,1 millions d'euros en 2013 a 41,4 millions en 2014, soit une baisse de 43 %. 

L'éditeur n'est pas très bavard sur ce sujet et le nouveau PDG de Rovio, Pekka Rantala, se contente d'expliquer que « de ce point de vue, l'année 2014 n'a pas été très satisfaisante ». On s'en était douté. Le dirigeant est par contre confiant concernant l'avenir, notamment grâce au film d'animation qui a obtenu de bons retours lors de tests auprès de groupes de consommateurs, mais aussi de la part des distributeurs. Pekka Rantala s'attend donc à ce que le film redonne de l'élan à la vente de produits dérivés.

Une petite pirouette comptable pour finir

Les plus observateurs et les plus curieux auront probablement remarqué que l'an passé, au moment de l'annonce des résultats de Rovio, l'éditeur ne faisait état que d'un chiffre d'affaires de 156 millions d'euros sur 2013 et que cette fois-ci il est question de 173,5 millions d'euros sur la même période. D'où sortent donc ces 17,5 millions d'euros soudainement apparus sur les comptes de 2013 de la société ?

Nous avons contacté Rovio hier matin afin d'éclaircir ce point, et l'éditeur est resté muet face à nos sollicitations. Par contre, nos confrères de GamesIndustry ont pu obtenir une réponse à ce sujet. Cette année, la société a tout simplement inclus dans son chiffre d'affaires, les commissions ponctionnées à la source par les différentes boutiques d'applications, afin de s'aligner sur les pratiques comptables de ses concurrents.

En sachant que le chiffre d'affaire de la branche jeux vidéo de Rovio sur 2013, avec le nouveau mode de calcul s'élève a 95,2 millions d'euros, les 17,5 millions d'euros de commissions représentent donc 18,38 % du chiffre d'affaires. Pour rappel, les commissions standards prélevées par Apple, Google ou Valve sont de l'ordre de 30%.


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