Avec VITAM, l’administration choisit l’open source pour l’archivage de ses données

Un projet VITAMiné ? 31
En bref
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Crédits : seb_ra/iStock/Thinkstock
Loi
Xavier Berne

Le gouvernement donne aujourd’hui le coup d’envoi des travaux du projet VITAM, du nom de ce socle interministériel destiné à l’archivage des documents électroniques détenus par l’administration. Développé en open source, ce programme va tout d’abord concerner trois ministères particulièrement concernés par les problématiques d’archivage : la Défense, les Affaires étrangères et la Culture.

Alors que l’administration produit désormais de plus en plus de documents grâce à l’outil informatique, se pose régulièrement la question de la conservation dans le temps de toutes ces données, que ce soit pour des raisons pratiques, juridiques ou historiques. « Jusqu’ici, pour archiver ses documents numériques, l’administration centrale s’est appuyée sur des techniques de conservation classiques, taillées uniquement pour des volumes modérés. Avec la croissance exponentielle des documents créés nativement au format numérique, cette situation est de moins en moins tenable » nous explique un bon connaisseur du dossier.

En 2011, les archivistes et informaticiens des ministères de la Défense, de la Culture et des Affaires étrangères ont ainsi commencé à réfléchir à l’élaboration d’une solution commune d’archivage, qui soit réutilisable par l’ensemble des administrations. Le coup d’envoi des travaux du programme VITAM, pour « Valeurs Immatérielles Transmises aux Archives pour Mémoire », devait justement être donné cet après-midi en présence des ministres Fleur Pellerin et Thierry Mandon. L’idée ? Développer un socle open source qui pourra ensuite être peaufiné par chaque ministère, en fonction de ses besoins (simple conservation « pratique » ou obligation d’archiver sur un plus long terme des documents importants, etc.).

De premiers « éléments visibles » attendus pour la mi-2016

Le programme en question ne vise pas les infrastructures techniques – serveurs – mais la solution informatique qui les gère. Plus concrètement, il est question de mettre au point un backoffice qui « assurera des fonctions d’indexation, de gestion des métadonnées, de stockage, de pérennisation des fichiers et bien sur de recherche », nous explique l’équipe en charge du projet, composée pour l’instant de cinq personnes. « Développé en open source, le socle VITAM fournira des interfaces (ou API) ouvertes. L’objectif étant de s’intégrer le plus facilement possible avec les différents logiciels des ministères : messagerie, SIRH, applications produisant des décisions de l’administration, etc. »

Les premiers « éléments visibles » de ce socle d’archivage commun sont attendus pour l’été 2016. Différents appels d’offres devraient être lancés d’ici là pour ce programme bénéficiant, dans le cadre des investissements d’avenir, d’une enveloppe de 15 millions d’euros. Les initiateurs de VITAM affirment qu’il évitera à chaque ministère d’avoir à développer sa propre brique d’archivage, isolément, outre différentes économies portant par exemple sur les coûts de maintenance.

L’équipe en charge du projet estime à 3,3 ans la durée du retour sur investissement, si seuls ces trois ministères utilisent VITAM. Si 100 organismes publics optent par la même occasion pour cette solution, ce délai pourrait être ramené à 2,4 ans. Presque de quoi faire oublier les ratés des projets Louvois ou « Dossier médical personnel »... Il n’en demeure pas moins que ce socle a vocation à profiter à terme à l’ensemble des acteurs publics : opérateurs, établissements publics, collectivités territoriales, etc. 


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