Internet fixe : plus de 3 millions d’abonnés en très haut débit, l’ADSL recule

Un peu plus de 10 % de THD 34
En bref
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Crédits : alphaspirit/iStock/Thinkstock
FAI
Guénaël Pépin

L'ARCEP vient de publier son observatoire du haut débit et très haut débit fixe pour le quatrième trimestre 2014, et les nouvelles sont mitigées. 600 000 foyers se sont en effet abonnés au très haut débit sur la période, quand 330 000 autres ont abandonné l’ADSL.

Le dernier trimestre de 2014 a quelque chose d’historique, selon l’observatoire des marchés haut et très haut débit publié hier soir par l’ARCEP. La transition du haut débit en ADSL vers le très haut débit (plus de 30 Mb/s) est désormais bien actée. Sur cette période, 600 000 foyers se sont abonnés au très haut débit, en VDSL2, en câble ou en fibre optique (FTTH). Désormais, 3,1 millions de foyers sont connectés de la sorte, dont 1 million de plus sur l'ensemble de 2014. En clair, près de 20 % des abonnés français au THD le sont depuis le dernier trimestre.

Très haut débit : les connexions sous 100 Mb/s dominent

Sur 2014, un million de foyers se sont connectés en très haut débit. Le nombre d’abonnements à la fibre optique (FTTH) a grimpé de 67 % pour atteindre 935 000 foyers, dont 135 000 au dernier trimestre. À elle seule, la fibre représente un tiers des abonnements THD en France. Les deux autres tiers correspondent au VDSL2 atteignant 30 Mb/s ou plus et les abonnements au câble.

Hors fibre optique, 885 000 foyers disposent d’un débit supérieur à 100 Mb/s par le câble (FTTLA), dont 35 000 supplémentaires au dernier trimestre 2014. 1,275 million d’autres connexions disposent d’un débit allant de 30 Mb/s à 100 Mb/s, comprenant du VDSL2 et des connexions câble, soit 430 000 supplémentaires sur le trimestre. Sur 2014, la plus grande progression revient à cette part « basse » du très haut débit, qui a crû de 72 % en un an :

ARCEP observatoire Internet fixe
Crédits : ARCEP

Face à la croissance des technologies très haut débit, la France a connu une baisse du nombre d’abonnés au haut débit. 290 000 lignes de moins de 30 Mb/s quel ont été résiliées au quatrième trimestre, pour un total qui reste pourtant stable par rapport à 2013, soit 22,9 millions de lignes. Cette baisse est portée par l’ADSL, dont le nombre d’abonnements a fondu de 330 000 sur le trimestre, pour atteindre 22,4 millions de lignes. Les autres technologies haut débit (câble, Wi-Fi, satellite...) ont, elles, gagné 35 000 lignes sur le trimestre, pour un total de 480 000 lignes.

13,3 millions de lignes éligibles au très haut débit

L’ARCEP affiche encore une forte progression des déploiements. Fin 2014, 13,3 millions de logements étaient éligibles au très haut débit. Plus de 4 millions de logements sont éligibles à la fibre optique, dont près de 1,2 million hors des zones très denses (les grandes villes) et 624 000 via un réseau d’initiative publique (RIP), géré par une collectivité locale. Ce nombre de logements éligibles a crû de 12 % sur le dernier trimestre 2014, et de 37 % sur l'ensemble de l'année. Ces statistiques sont encourageantes, alors que les doutes sur les objectifs du plan THD (80 % des foyers éligibles à la fibre en 2022) persistent toujours.

Côté câble, 8,7 millions de lignes sont éligibles au très haut débit, dont 3,6 millions en dehors des zones très denses. Sur l’ensemble, 6,1 millions de ces connexions proposent des débits supérieurs à plus de 100 Mb/s, et 2,63 millions autres entre 30 Mb/s et 100 Mb/s. La situation s’améliore d’ailleurs. Les lignes sont progressivement rénovées et atteignent plus facilement des débits supérieurs à 100 Mb/s. Le nombre de celles n'en étant pas capable a fondu de 23 % en 2014, quand le nombre des lignes câble à plus de 100 Mb/s a grimpé de 17 %.

Le VDSL2, limité aux lignes proches d’un répartiteur, concerne pour sa part 4,9 millions de lignes. Au total, 23 % des 13,3 millions de logements éligibles au très haut débit y sont abonnés.

De fortes disparités persistent

Ces chiffres montrent qu'il existe toujours de gros écarts entre villes et zones rurales sur l’accès au très haut débit. Les trois-quarts des foyers pouvant se connecter à la fibre optique sont en zones très denses. Le câble, lui, est plus largement disponible en dehors de ces zones privilégiées, avec 3,6 millions de lignes sur les 8,7 millions éligibles au très haut débit. Même si elles apportent plus largement le THD, elles disposent de débits limités par rapport à la fibre optique, surtout en upload.

Il est difficile de connaître la répartition des lignes VDSL2 permettant le très haut débit, mais la majorité des projets de déploiement le sont dans les zones rurales, en attendant l’éventuelle arrivée de la fibre optique. Ces lignes resteront sûrement plusieurs années avec un débit inférieur à 100 Mb/s, fournies sur l’ancien réseau téléphonique.

Le déploiement des réseaux fibre et VDSL2 devrait s’accélérer dans les prochaines années, grâce au plan THD. La majeure partie des fonds alloués par l’État pour la construction de réseaux d’initiative publique devront être distribués en 2015, pour des résultats concrets qui devront arriver bien plus tard. Assez pour atteindre 80 % de FTTH en 2022, complété par les autres technologies THD (dont VDSL2 et câble) ? Il est encore difficile de le dire, entre le pessimisme des opérateurs sur leur capacité à investir et l’optimisme forcené du gouvernement et de l’ARCEP.


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