Confidentialité des emails : une version alpha de CaliOpen annoncée pour fin mai

On aura aussi droit à une chanson de Cali ? 17
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Crédits : Gajus/iStock/ThinkStock
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le vendredi 27 février 2015 à 08:20
Xavier Berne

Relancé en août 2013 par l’informaticien Laurent Chemla, le projet Caliop (devenu entre temps CaliOpen) avance. L’équipe de développement prévoit de produire une version « alpha » de cette solution de messagerie électronique axée sur la protection de la vie privée des utilisateurs pour la fin mai.

« Comment faire en sorte que le mail soit à la fois pérenne, facile d'accès, le plus sécurisé possible – même si on ne pourra jamais sans doute le sécuriser totalement, etc. » ? Telle était la question que posait le co-fondateur de Gandi, Laurent Chemla, au lendemain des premières révélations d’Edward Snowden (voir notre interview). S’il avait d’ores et déjà quelques idées derrière la tête, l’intéressé en appelait surtout aux contributions afin d’arriver au développement d’un nouveau service de courrier électronique, basé sur du logiciel libre et mettant l’accent sur la cryptographie.

Un an et demi plus tard, les choses semblent avoir bien progressé. Dans un billet publié la semaine dernière et signalé par Numerama, les responsables du projet CaliOpen expliquent que leur équipe (composée à la fois de bénévoles et d’un développeur de Gandi) va « produire une version alpha dans les prochains mois », si possible pour la fin mai. En principe, les « alpha » ne sont pas accessibles au grand public. Cela devrait cependant permettre de présenter la nouvelle solution – au travers de vidéos, dans des salons... – et de continuer à l’améliorer en vue d’une très probable « bêta », puis d’une version finale.

Un indicateur du « niveau de confidentialité » des messages reçus

Pour l’heure, plusieurs fonctionnalités sont annoncées comme étant de la partie. Outre les outils proposés de manière assez traditionnelle par les webmails (labels, niveaux d’importance, recherche intuitive...), CaliOpen donnera surtout à l’utilisateur un indicateur du « niveau de confidentialité » relatif à chaque compte ou message reçu. « Même si on n'est pas capables de systématiquement garantir qu'un email n'ait pas été intercepté, on peut indiquer à l'utilisateur quel degré de confidentialité l’on peut garantir pour tel ou tel mail, expliquait Laurent Chemla dès 2013. Ainsi, un mail qui n'aura transité que par Caliop de façon totalement chiffrée de bout en bout entre l'émetteur et le récepteur, l'on pourra l'afficher un degré de sécurité proche de 100 %, alors qu'un mail qu'on aura reçu depuis Gmail sera affecté d'un degré de sécurité bien moindre. »

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Cet indicateur devrait être complété par des outils prévenant l’utilisateur lorsqu’il y a des risques accrus d’interception de ses données, en fonction par exemple du terminal utilisé ou s’il se connecte via un réseau Wi-Fi ouvert. Autre fonctionnalité annoncée : la centralisation des messages reçus à la fois sur d’autres comptes emails, mais également par SMS ou via des comptes de réseaux sociaux (Twitter, Facebook...).

Vers des récompenses pour les utilisateurs prudents ?

Les responsables de CaliOpen annoncent avoir opté pour du responsive design. Leur objectif ? Que leur solution ne soit pas seulement un outil réservé aux geeks, mais corresponde davantage à un outil grand public. « Une fois prêt, CaliOpen ne pourra pas remplir sa fonction s’il ne rencontre pas son public » prévient ainsi leur dernier billet. Car au-delà de la recherche d’une meilleure protection face aux interceptions en tout genre, l’idée est également de mieux sensibiliser les internautes aux problématiques de respect de la vie privée. L’équipe en charge du projet a d'ailleurs prévu de « mettre en place un système de récompenses pour les utilisateurs qui sécurisent leurs conversations ».

Restera enfin un point important pour le succès de CaliOpen : son coût. Si aucune précision n’est faite à ce sujet, Laurent Chemla nous indiquait en 2013 qu’un modèle « pas tout à fait "freemium", mais presque » pourrait être envisagé. La solution serait gratuite pour le grand public, mais payante pour les professionnels ou entreprises ayant besoin de services à valeur ajoutée (envoi de mail en marque blanche, etc.). 

Pour les impatients, sachez qu'un prototype est accessible à cette adresse (en anglais).


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