Pédopornographie, terrorisme, etc. l’AFA dresse son bilan des signalements

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Crédits : Csaba Mihaly Arva/iStock/Thinkstock
Loi
Marc Rees

L’Association des Fournisseurs d’Accès et de Services Internet (AFA) a publié à l’instant le bilan d’activité 2014 de son Point de Contact, un service en ligne qui permet de signaler les contenus illicites sur Internet.

Selon les données internes, 1125 contenus ont été considérés comme pédopornographiques et donc manifestement illicites, selon ce service qui les a signalés alors à la police. Ce chiffre représente « le double de l’année précédente » annonce l’AFA. Surtout, et c’est là un net signal adressé à ceux qui considèrent Internet comme un western sans régulation, 97% de ces contenus repérés dans le monde entier ont été retirés dans les suites de ces démarches.

AFA signalementAFA signalement

Géographiquement, c’est aux États-Unis que le plus grand nombre de contenus pédopornographiques a été repéré depuis Point de Contact. Là, sur les 255 signalements, 243 contenus ont été retirés. Vient ensuite la Russie (45 signalements, 45 retraits), le Japon (40 et 34) et les Pays-Bas (39 et 38). En France 537 URL ont été signalées aux hébergeurs et 100% ont été retirées. Toujours dans notre pays, 75 % de ces contenus ont été supprimés dans les 24h.

Tous secteurs confondus « 5827 contenus ont été reçus par la plate-forme de signalement parmi lesquels 2504 ont été qualifiés d’illégaux, soit 43%. Enfin, 1225 contenus ont été transmis aux autorités dont 90% ont été retirés » prévient encore l’association qui présentait ce matin ces données depuis les locaux d’Orange, l’un de ses membres (avec SFR, Bouygues Telecom, Google France et Microsoft France). Elle félicite là « le fruit d’une autorégulation, d’un partenariat public-privé et d’une coopération internationale aboutie » puisqu’elle collabore avec le réseau Inhope (association des hotlines de signalement chez les prestataires en ligne mondiaux), les hébergeurs et les autorités.

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Des données soumises à interprétation, mais une pertinence accrue

Par ailleurs, la qualité des signalements est en nette hausse. Si un tiers des contenus étaient effectivement qualifiés d’illicites en 2013, la proportion est désormais de 43 %. « Ceci s’explique particulièrement par l’augmentation du volume et de la pertinence des signalements de contenus pédopornographiques ».

Contactée, Carole Gay, responsable des Affaires Juridiques et Réglementaires à l’AFA nous précise par ailleurs que « les doublons sont automatiquement détectés par notre base de données », histoire d’éviter les phénomènes de multiples signalements pour un même contenu. 

Ces données statistiques sont cependant soumises à interprétation, puisque des phénomènes extrinsèques peuvent perturber les données sur les cadrans (hausse du nombre d’abonnés en France, meilleures connaissances du dispositif de signalement, etc.). Une chose est sûre, insiste encore l’intéressée, « la qualité a augmenté, les internautes font une meilleure qualification ». Une jauge qui se mesure facilement en comparant les contenus signalés face à ceux finalement rejetés.

L’effet Charlie Hebdo

Dans les grandes tendances, la proportion des contenus racistes et violents ne représente plus qu’un tiers en 2014 alors qu’elle était en hausse l’année précédente. « Le nombre de contenus de propagande terroriste a quant à lui été divisé par deux en 2014 (36) mais leur pertinence a doublé (16,6%) » remarque encore l’AFA. Pour 2015, les attentats contre Charlie Hebdo ont quelque peu bouleversé les marqueurs. Ainsi, pour le seul mois de janvier, « Point de Contact a déjà reçu le volume de l’année 2014 pour cette catégorie » ! Sur ce point, les explications sont simples. Carole Gay nous indique à ce titre qu' « il y a eu plus de contenus illicites puisque les attentats ont déclenché des commentaires en masse, et nécessairement, les internautes ont donc pu plus facilement tomber dessus ».

Enfin, l’AFA indique que sur les 1225 signalements transférés à la plate-forme Pharos, gérée par l’OCLCTIC, « 439 ont été transmis aux autorités étrangères, ou ont fait l’objet d’une procédure judiciaire en France ». À titre d’exemple, est citée cette perquisition dans le centre de la France qui a permis de retrouver plus de 5 000 fichiers pédopornographiques. « Placé en garde à vue, l’intéressé sera jugé pour ces faits le 24 février prochain. De même, une notification Point de Contact a permis d’identifier un ressortissant suisse grâce à son adresse IP, malgré son utilisation de données fantaisistes et anonymes en France. L’intéressé fait actuellement l’objet d’une convocation devant les juridictions suisses notamment pour diffusion d’images pédopornographiques ».


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