Google Chrome passera du protocole SPDY à HTTP/2 d'ici quelques semaines

Va donc, va donc chez Speedy... SPDY ! 63
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Crédits : alphaspirit/iStock/ThinkStock
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Guénaël Pépin

C’est officiel, Google annonce que pour les prochaines versions de Chrome il abandonnera son protocole web (expérimental) SPDY au profit du HTTP/2. Le changement n’est pourtant pas si grand puisque le successeur du HTTP est fondé sur le protocole de Google. Il est d'ailleurs censé être standardisé ce mois-ci.

Ce n’est qu’un au revoir... L’équipe de développement de Chromium a annoncé lundi sur son blog officiel l’abandon du protocole expérimental SPDY, qui sera remplacé par le successeur officiel du HTTP : le HTTP/2. Le but de ce dernier est de combler les manques du vénérable HTTP/1.1, standardisé en 1999, et notamment d’améliorer la vitesse, la sécurité des connexions et en finir avec le modèle d’une connexion par requête HTTP. Il est censé être standardisé ce mois de février par l’Internet Engineering Task Force (IETF), qui édicte les standards du Net.

HTTP/2 : le remplaçant du HTTP, basé sur le SPDY de Google

« Certaines fonctions-clé comme le multiplexage [le passage de plusieurs requêtes HTTP par une connexion unique], la priorisation [des éléments dans une page web] et la négociation du protocole sont des évolutions du travail effectué sur un protocole ouvert, mais non-standard, SPDY » expliquent les ingénieurs de Google. La future version officielle du protocole Web est une suite directe des travaux du groupe californien.

Google prévoit de déployer le support de HTTP/2 dans Chrome 40 (qui est actuellement en version stable) dans les prochaines semaines. Le protocole SPDY, lui, sera supprimé début 2016... soit cinq ans après son introduction dans Chrome 6, lancé fin 2010. Le groupe de Mountain View recommande logiquement aux développeurs qui ont déjà implémenté SPDY de l’abandonner au profit de HTTP/2. La version actuelle du protocole HTTP risque, elle, de rester de nombreuses années dans nos navigateurs, le temps que l’ensemble du Web s’adapte. Pour rappel, la préversion de HTTP/2 a été implémentée dans Firefox 34 en décembre et dans Internet Explorer 12, au sein de la Technical Preview de Windows 10.

Un meilleur protocole, pas exempt de controverses

Concrètement, HTTP/2 doit amener le multiplexage, qui agrège les requêtes HTTP en une seule connexion, ce qui évite d’en ouvrir une pour chaque requête de contenu. Les serveurs pourront également directement pousser des données vers le client, sans requête du navigateur. Une fonction également disponible dans les web apps HTML5, avec les Websockets. Le futur protocole apporte également la compression des entêtes HTTP et d’autres optimisations. En 2012, Google estimait SPDY 23 % plus rapide que le HTTP classique sur réseaux mobiles.

Surtout, le protocole apporte le chiffrement des connexions par défaut (via TLS). Une fonction sur laquelle beaucoup d’attention s’est focalisée depuis les révélations d’Edward Snowden sur la surveillance du Net par la NSA. Au 1er février, HTTP/2 était déjà utilisé « dans 5 % du trafic global » selon des chiffres de Google obtenus par Daniel Stenberg, ingénieur réseau chez Mozilla. Dans ce document, il propose d'ailleurs une analyse détaillée du HTTP/2.

Des critiques s’élèvent tout de même contre le choix de SPDY comme base de HTTP/2, rapporte The Register. Un des points de discorde est ce fameux chiffrement par défaut, qui serait appliqué à l’ensemble des connexions, même quand il serait inutile, voire illégal. Des contributeurs aux travaux sur le protocole, au sein du W3C, songeraient à corriger certains problèmes du futur HTTP/2 dans la version suivante, HTTP/3. Une mouture qui ne serait donc pas mise en circulation avant de nombreuses années.

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Crédits : Daniel Stenberg (licence: CC by 4.0)


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