Espionnage : la charge de WikiLeaks contre Google et la justice américaine

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Crédits : Melpomenem/iStock/Thinkstock
Justice
Sébastien Gavois

WikiLeaks indique avoir envoyé un courrier à Google et au ministère américain de la Justice pour une affaire présentée comme étant une « violation grave de la vie privée et journalistique ». En cause, des demandes d'accès aux emails de trois journalistes et le fait que Google n'ait pas informé suffisamment tôt les personnes concernées, indique l'association.

Cela fait maintenant plusieurs années que WikiLeaks dévoile des documents sensibles sur de nombreux sujets. Si son fondateur Julian Assange est réfugié depuis plus de deux ans à l'ambassade de l'Équateur à Londres, les publications d'informations classées confidentielles continuent de manière plus ou moins régulière.

« Conspiration » et « espionnage » : des mails saisis et jusqu'à 45 ans de prison

Mais l'organisation vient récemment de publier et d'envoyer une lettre à Google et au ministère de la Justice américaine. Elle s'en prend directement à Google et au gouvernement des États-Unis pour une « affaire d'espionnage ». En cause, le contenu de plusieurs comptes emails transmis par le géant du web au ministère de la Justice, suite à des mandats émanant d'un juge.

Sarah Harrison, Joseph Farrell et Kristinn Hrafnsson indiquent en effet avoir été notifiés par la société de Mountain View que des emails (y compris des brouillons et des éléments supprimés) ainsi que des métadonnées avaient été transmis aux institutions américaines. WikiLeaks précise que, parmi les griefs retenus, il serait notamment question de « conspiration » et d'« espionnage ». Des infractions qui pourraient conduire jusqu'à un maximum de 45 années de prison.

WikiLeaks réfute en bloc et attaque Google sur les délais de notifications

Dans son courrier expédié à l'administration américaine, l'association réfute ces accusations et demande de plus amples informations, notamment sur les mandats délivrés par le juge afin d'accéder aux emails : « Nous avons des raisons de croire que ces mandats ont été émis en violation avec le Privacy Protection Act de 1980 [...] qui protège les journalistes et les éditeurs ».

Mais le fondement de l'accusation n'est pas le seul point attaqué par WikiLeaks, la position de Google est également ouvertement critiquée. « Nous sommes étonnés et troublés que Google ait attendu plus de deux ans et demi avant d'informer ses clients qu'un mandat de perquisition avait été émis les concernant ». Toujours selon WikiLeaks, cela aurait empêché les journalistes de « protéger leurs intérêts, y compris leurs droits à la vie privée », et ce, dans de bonnes conditions. En effet, les contenus des comptes emails auraient été transmis en 2012, alors que les notifications de Google ne datent que du 23 décembre 2014 :

WikiLeaks

Selon nos confrères de l'AFP, l'ancien juge espagnol Baltasard Garzon (qui assure la défense de Julian Assange) aurait profité d'une conférence de presse pour déclarer que « la manière dont les autorités américaines ont demandé à Google de fournir ces documents est inacceptable ». Il ajoute ensuite que si Google n'a rien pour s'opposer à cette situation, il explorera « toutes les options disponibles contre Google et le gouvernement américain ». On rappellera que ce n'est pas la première fois que WikiLeaks s'en prend à Google. En 2012, Julian Assange publiait en effet son livre Quand Google rencontra WikiLeaks.

Interrogé par nos confrères du Guardian, un porte-parole de Google aurait simplement déclaré : « Nous suivons la loi, comme n'importe quelle société. Lorsque nous recevons une assignation ou une décision d'un tribunal, nous l'examinons afin de vérifier si elle respecte sur le fond et sur la forme la loi avant de nous y conformer. Si ce n'est pas le cas, nous pouvons objecter ou demander une requête plus ciblée ». 


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