Bientôt du Wi-Fi dans les cabines téléphoniques ?

Ça ne tient qu’à un fil 66
En bref
image dediée
Crédits : Frédéric BISSON (CC BY 2.0)
Loi
Xavier Berne

Obsolètes, coûteuses... Les arguments ne manquent pas pour pousser au démantèlement des cabines téléphoniques. La semaine dernière, devant les députés, Axelle Lemaire a même soulevé l’idée de les transformer en point d’accès au Wi-Fi. Le sujet, intimement lié au problème de la couverture mobile du territoire, pourrait être abordé dans le cadre du futur projet de loi numérique.

La députée UMP du Rhône, Dominique Nachury, vient d’interpeler la secrétaire d’État au Numérique à propos du sort réservé aux cabines téléphoniques. Au travers d’une question écrite publiée ce matin au Journal officiel, l’élue dit vouloir « connaître les intentions du gouvernement dans ce domaine », tout en sachant que l’ARCEP, le gendarme des télécoms, recommandait il y a un peu plus d’un an d’engager une « réflexion » sur le sujet (voir son avis du 3 janvier 2014).

Coutumière comme à son habitude des termes policés, l’institution esquissait alors une diminution du nombre de cabines, expliquant que « des investissements importants devront être consentis dans les prochaines années pour maintenir en conditions opérationnelles les équipements existants alors qu'une part croissante de ces publiphones [cabines téléphoniques, ndlr] ne fait plus l'objet d'aucune utilisation par le public ». Il était ainsi question de modifier les dispositions réglementaires relatives au « service universel des télécommunications », qui impose aujourd’hui à Orange de gérer et de maintenir des cabines en différents points du domaine public (ce qui lui coûte parfois plus que ça ne lui rapporte).

Des cabines transformées en point d’accès au Wi-Fi ?

Dominique Nachury fait aujourd’hui valoir que cette « réflexion » souhaitée par l’ARCEP « pourrait peut-être aboutir à donner une nouvelle vie aux cabines mises à la retraite par les mobiles ». La députée affirme surtout qu’au Royaume-Uni, celles-ci sont « transformées en point d'accès Wi-Fi ». C’est néanmoins l’exemple de New York qui est le plus souvent brandi, le maire de la ville américaine ayant lancé en mai dernier un appel à projets visant à reconvertir les traditionnelles cabines en points d’accès gratuit au réseau.

axelle lemaire

En attendant la réponse d’Axelle Lemaire, qui ne devrait pas être publiée au Journal officiel avant plusieurs semaines, rappelons que l’intéressée a reçu en octobre dernier des parlementaires Pierre Camani et Fabrice Verdier un rapport sur le sujet. Dans leurs conclusions, les deux élus envisageaient un démantèlement des cabines téléphoniques, tout en prévenant que cela supposait « au préalable une meilleure desserte de la couverture mobile » (voir notre article).

Axelle Lemaire envisage de réformer le service universel de la publiphonie

Hasard du calendrier, la secrétaire d’État au Numérique a brièvement évoqué cette question la semaine dernière, à l’occasion du débat organisé afin de présenter les grandes lignes du futur projet de loi numérique. « Nous pourrons revoir certaines obligations de couverture mobile (...) en réformant la prestation du service universel de la publiphonie – pourquoi ne pas mettre le Wi-Fi dans les cabines téléphoniques ? – et en développant la médiation. Car il faut en effet reconnaître le métier de médiateur numérique, qui est essentiel dans les territoires pour permettre la diffusion des usages et l’inclusion de tous » a ainsi déclaré la locataire de Bercy. Se gardant bien de prendre une position claire, Axelle Lemaire a néanmoins lancé le signal que la porte était désormais ouverte.

Le projet de loi numérique, qui pourrait être présenté au Parlement d’ici cet été, devrait ainsi être l’occasion de rediscuter de cette question.   


chargement
Chargement des commentaires...