Apologie du terrorisme : deux mois de prison avec sursis pour Dieudonné

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Crédits : tiero/iStock/Thinkstock
Justice MàJ
Xavier Berne

Mise à jour : L’AFP et Reuters rapportent que le tribunal correctionnel de Paris vient de condamner Dieudonné à deux mois de prison avec sursis pour apologie d’actes de terrorisme sur Internet. L’intéressé avait déclaré début janvier sur sa page Facebook qu’il se sentait « Charlie Coulibaly », du nom de l'auteur de la fusillade de Montrouge et de la prise d'otages de la Porte de Vincennes (voir ci-dessous).

La série des condamnations pour apologie d’actes de terrorisme sur Internet se poursuit, plus d’une semaine après le drame de Charlie Hebdo. Un homme de Rueil-Malmaison a écopé mardi d’une peine d’un an de prison ferme pour une vidéo diffusée sur Facebook. Dieudonné a quant à lui été placé en garde à vue hier et comparaîtra prochainement devant un tribunal correctionnel.

Un an de prison ferme pour une vidéo visant le policier Ahmed Merabet

Cette condamnation, révélée par l’AFP, a été prononcée dans le cadre d’une comparution immédiate. Âgé de 22 ans, le prévenu aurait, selon une source judiciaire citée par l’agence de presse, publié le 8 janvier dernier sur sa page Facebook une vidéo « dans laquelle il se moque du policier abattu sur le trottoir lors de la fusillade », Ahmed Merabet.

Interpellé lundi à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine), l’individu a été immédiatement emprisonné. Pour l’heure, il n’y a pas davantage d’éléments sur cette affaire, si ce n’est que l’accusé, déjà connu des services de police pour des affaires de stupéfiants, devait répondre d’apologie d’actes de terrorisme via Internet. Un délit passible depuis la dernière loi anti-terroriste de 7 ans de prison et 100 000 euros d’amende.

Dieudonné sera jugé le 4 février

Autre affaire similaire : celle de Dieudonné, qui est visé depuis lundi par une enquête du Parquet de Paris suite à la publication, toujours sur Facebook, d’un message dans lequel il disait se sentir « Charlie Coulibaly » – du nom de l'auteur de la fusillade de Montrouge et de la prise d'otages de la Porte de Vincennes. L’humoriste a été mis en garde à vue hier matin, avant d’être relâché en fin de journée, selon Le Parisien. Il devrait être jugé en correctionnelle le 4 février prochain, pour apologie d’actes de terrorisme sur Internet.

Son avocat, Maître Mirabeau, a récemment commenté : « C'est la qualification qui est retenue pour les deux mots, à savoir le fait d'avoir accolé le prénom de Charlie, le symbole de la liberté d'expression et celui de Coulibaly, c'est-à dire un terroriste. Lui, il a le sentiment qu'on le traite comme un terroriste, c'est pour cela qu'il a accolé ces deux noms. On va voir si on a besoin de plus d'explications à donner pour qu'il puisse ressortir de là où il se doit d'être jugé. »

Les autorités à la manœuvre

Rappelons qu’un Varois a été condamné lundi à une peine d’un an de prison, dont trois mois ferme, pour avoir fait l’apologie des attentats contre Charlie Hebdo sur sa page Facebook (notre article). Depuis les événements sanglants de la semaine dernière, les forces de l’ordre sont d’ailleurs énormément sollicitées par des personnes qui dénoncent les agissements ou propos d’autres internautes, notamment sur les réseaux sociaux. La commissaire Valérie Maldonado, qui dirige la plateforme Pharos (internet-signalement.gouv.fr), a d’ailleurs expliqué au Monde que du 7 au 12 janvier inclus, les autorités avaient reçu 17 500 signalements relatifs à des contenus faisant l'apologie du terrorisme ou incitant à la haine. Soit « plus de huit fois les chiffres habituels » relèvent nos confrères.

Si ces chiffres laissent à penser que de nombreuses autres affaires pourraient se retrouver prochainement devant les tribunaux, la secrétaire d’État au Numérique Axelle Lemaire a annoncé hier devant l'Assemblée nationale que les moyens alloués à Pharos seraient augmentés. La locataire de Bercy a également plaidé en faveur de « solutions technologiques innovantes permettant de rendre plus efficaces et plus immédiatement applicables les dispositifs existants. Par exemple, grâce à des plug-ins ou modules externes greffés sur les systèmes d’information, il est possible de signaler directement les propos de haine parfois diffusés sur internet sans passer par une plate-forme de signalement » (pour en savoir plus, lire notre article).

Dernière mise à jour le 18/03/2015 15:04:30

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