The Interview sera disponible en ligne, notamment via Google et Microsoft

Un vrai conte de Noël 90
En bref
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Securité MàJ
Vincent Hermann

Mise à jour : Finalement, Sony vient d'indiquer dans un communiqué relayé par NBC que The Interview serait distribué en ligne à 19h, pour 5,99 dollars à la location et 14,99 dollars en achat en HD. Google via son Play Store, Microsoft via Xbox Video et un site dédié permettront de l'acheter, mais uniquement aux États-Unis. Le studio devrait ainsi tenter de profiter au mieux du buzz récent afin de vendre son film à prix fort à l'occasion des fêtes de fin d'année. 

Alors même que Sony avait décidé de ne pas diffuser son film The Interview le 25 décembre, notamment à cause des menaces terroristes lancées par les pirates de Guardians of Peace, nouveau coup de théâtre : il sera bien à l'affiche demain, mais dans quelques cinémas seulement.

La magie de Noël

Une bien longue histoire pour le film The Interview, qui bénéficie dans la foulée d’une promotion à un coût marginal. L’histoire raconte comment deux journalistes, incarnés par James Franco et Seth Rogen, sont contactés par la CIA, qui leur donne alors une mission abracadabrante : assassiner le dirigeant de la Corée du Nord, Kim Jong-un.

S'en est suivi un piratage en règle de Sony Pictures, des revendications par les Guardians of Peace, des menaces terroristes, une série de dénégations de la Corée du Nord, de multiples interventions de Barack Obama… tout a concouru à ce que le grand public soit informé de l’affaire et de ses différentes ramifications.

Et voilà que Sony annonce finalement que, contrairement à ce qui avait été annoncé, le film sera bien diffusé demain dans quelques salles, plusieurs grandes chaînes ayant de toute manière renoncé à l’inscrire dans leurs programmes. Il faut dire que l’évocation des attentats du 11 septembre avait très probablement refroidi les ardeurs de beaucoup. Les cinémas ne se pressent pas au portillon cependant, et ceux qui le feront en parlent d’ailleurs sur Twitter, à l’instar de Draft House ou du Plaza Atlanta.

Les remontrances de la Maison Blanche

Il ne faut pas oublier que dans sa dernière intervention, Barack Obama estimait que la décision de Sony de ne pas lancer le film était une « erreur ». Elle induisait notamment une victoire pour un groupe de pirates qui s’était contenté de proférer des menaces, alors que le département de la sécurité intérieure les jugeait très improbables. Il s’agissait donc d’une critique directe de la décision de Sony Pictures, et il y a fort à parier que cette prise de parole publique ait exercé un certain effet sur ce revirement de situation.

Car la polémique autour du film est double. Elle a relancé aux États-Unis un grand débat sur la liberté d’expression puisque la thématique du film a suffi à attirer les foudres soit de la Corée du Nord, soit d’un groupe extérieur, mais qui défend les intérêts de ce pays. Même si le sujet du film est sensible puisqu’il s’attaque frontalement à un dirigeant encore en activité, le simple fait de proférer des menaces a suffi pour qu’une forme de censure s’abatte sur une œuvre issue de la création.

L’autre problème est l’image-même renvoyée par les États-Unis justement après que l’annulation du lancement a été confirmée par Sony Pictures. Même si le studio a changé d’avis, le pays a donné l’image d’une nation sensible à ces menaces, même en prenant en compte le traumatisme des évènements du 11 septembre. D’où la critique ouverte de Barack Obama à l’encontre du studio.

Une puissante et improbable promotion du film

Reste que tous ces évènements ont assuré une promotion assez monumentale à un film qui aurait certainement été beaucoup moins connu sans ça. Une affaire si conséquente qu’on la croirait presque issue d’un scénario écrit par Les Nuls, s’il n’avait pas de réelles répercussions politiques. Cependant, il ne faut pas perdre de vue que même si le film devait faire un carton, il aurait bien du mal à combler le cratère laissé par la fuite des 11 To et les dégâts provoqués, difficilement estimables à l’heure actuelle.

Précisons enfin que Sony cherche toujours des partenaires pour diffuser rapidement The Interview sur les offres de VOD. Des rumeurs pressentaient Apple pour ce rôle, mais le New York Times indique que la firme de Cupertino n’a pas souhaité répondre favorablement à l’invitation, même avec un coup de pouce de la Maison Blanche, appelée en renfort. Rien n’empêchera a priori le film d’apparaître sur iTunes plus tard, comme pour les autres plateformes, mais « l’urgence » n’est pour l’instant pas clairement perçue.

Dernière mise à jour le 24/12/2014 23:09:13

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