Le piratage de Sony pourrait révéler des films surveillés en amont d'Hadopi

Sony sonné 37
En bref
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Crédits : stokkete/iStock/Thinkstock
Hadopi
Marc Rees

Les pirates à l’origine du vol de données dans les serveurs de Sony Pictures libèrent chaque jour des milliers de fichiers adressés notamment à la presse (voir pour les dernières vagues). Dans le listing des contenus dérobés, mais non encore dévoilés, nous avons remarqué la présence de plusieurs références à notre chère Hadopi.

Dans ce listing général, surprise ! On trouve en effet 451 intitulés de fichiers mentionnant « Hadopi ». Dans ce lot, quelques articles de presse relatant les critiques adressées par le ministère de la Culture à l’encontre de la haute autorité. D’autres font état des centaines de milliers d’avertissements adressés par la Rue de Texel, pour très peu de personnes finalement condamnées.

Au passage, remarquons que plusieurs fichiers du tableur Excel intitulés « champs normés pour le programme Hadopi » sont également à l’honneur. Ils pourraient encadrer les liens entre les ayants droit de l'audiovisuel et la Hadopi, mais ceci n’est qu’une supposition, faute pour le groupe de pirates Guardian of Peace (GoP) d’avoir révélé les contenus correspondants.

La mention « Hadopi » est surtout accolée à une ribambelle de déclarations de droits (Rights Statement) et des affidavits (déclarations sous serment) visant des dizaines et des dizaines de films :

  • Tempête De Boulettes Géantes 2
  • Insidious : Chapitre 2,
  • Da Vinci Code,
  • Karate Kid Ii,
  • Zombieland,
  • Spiderman 3,
  • 2 Guns,
  • Battle Of The Year,
  • After Earth,
  • Captain Philipps,
  • Django Unchained,
  • Elysium,
  • Hotel Transylvania,
  • Les Schtroumpfs 2,
  • C’est La Fin (This Is The End),
  • White House Down,
  • Bad Teacher,
  • Les Aventures De Tintin (Le Secret De La Licorne),
  • Anonymous,
  • Jack Et Julie
  • Mission : Noël Les Aventures De La Famille Noël (ou Arthur Christmas)
  • 30 Minutes Maximum
  • Millenium : Les Hommes Qui N’aimaient Pas Les Femmes
  • Le Stratège (ou Moneyball)
  • 21 Jump Street
  • Pirate (sans doute Pirate Des Caraïbes)
  • Amazing Spiderman
  • Total Recall
  • Crazy Dad (ou That’s My Boy),
  • Premium Rush,
  • Angels & Demons
  • Eat Pray Love
  • Grown Ups
  • Karate Kid Part 2
  • Legion
  • Michael Jackson's This Is It
  • Other Guys, The
  • Death At A Funeral
  • Salt
  • Takers
  • Karate Kid,The
  • Hancock
  • Stomp The Yard Homecoming
  • Back Up Plan, The
  • Bounty Hunter, The
  • The Social Network
  • Oren Season 3
  • Inside Job
  • Le Chasseur De Prime
  • Salt
  • Le Plan B
  • Copains Pour Toujours
  • Mange, Prie, Aime
  • Angels Et Demons
  • Machete
  • Burlesque
  • Retour Mortel,
  • The Green Hornet
  • Faster
  • Comment Savoir,
  • Sniper 4
  • The Hit List,
  • World Invasino : Battle Los Angles,
  • Le Mytho (Just Go With It)
  • Country Strong
  • Priest
  • Hanna
  • Bloodworth
  • Exporting Raymond
  • Jumping The Broom
  • Sexe Entre Amis,
  • L’homme Invisible
  • En Quarantaine 2
  • Jesse Stone : Innocents Lost
  • Cross
  • Restless
  • Bucky Larson : Super Star Du X
  • Never Back Down 2
  • Chien De Paille

Là encore, on ne peut formuler qu’une hypothèse. Après avoir flashé des mises à disposition sur P2P d’une œuvre de son catalogue, l’un des cinq ayants droit habilités par la CNIL à adresser quotidiennement ses 25 000 PV (plafond maximum) à la Hadopi doit fournir une multitude d’informations complémentaires : l’adresse IP flashée, le FAI utilisé, l’horodatage, le hashcode, outre « l’information sur le vidéogramme ou l’œuvre audiovisuelle (titre, ayant-droit, date d’accessibilité légale) ». Pour l'audiovisuel, tout ceci est inscrit par exemple dans la délibération de la CNIL visant l’Association de lutte contre la piraterie audiovisuelle (ALPA). Du coup, ces titres de propriété puisés sur les serveurs de Sony Pictures pourraient épauler au besoin la déclaration de titularité des droits en amont de la Hadopi. Plus douloureusement, ils révèleraient par la même occasion une liste d'œuvres surveillées ces derniers mois.

Hadopi GoP Guardian of Peace

Pourquoi surtout des blockbusters ?

Mais pourquoi trouve-t-on essentiellement des blockbusters dans ce listing Sony Pictures (et Columbia Pictures, Classics, Screen Gems, Tri-Star Entertainment, etc. ) ? En supposant que ces titres sont bien des œuvres entrant dans le cadre du dispositif Hadopi, cela tient aux conditions de mise sous surveillance par les ayants droit du secteur. L’ALPA, association de lutte contre la piraterie traque avec l'entreprise TMG en tout 100 titres. Principe de rareté faisant, et selon un document qui fut relevé dans nos colonnes, elle choisit spécialement 60 films sortis au cinéma, en ajoutant automatiquement ceux distribués à plus de 100 copies en salle. Le listing est alors mis à jour périodiquement en fonction de l'actualité. De même, ces films sont réintégrés dans la liste durant les 15 jours suivant leur sortie en DVD, histoire de protéger l’investissement publicitaire (voir notre actualité).

On remarquera au final que GoP a également copié les données relatives à la consultation Hadopi initiée par VideoLan en mars 2012, visant à permettre la lecture du format Blu-Ray sur son fameux lecteur VLC. En avril 2013, la Hadopi n’a pas su clairement répondre à cette demande, à la grande déception de Jean-Baptiste Kempf, membre de l’association VideoLan, mais pour le plus grand soulagement de Sony.


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