Le renseignement anglais veut apprendre les bases de la cryptographie aux élèves

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Vincent Hermann

L’agence anglaise de renseignement, le GCHQ, lance sur les tablettes Android un jeu permettant d’enseigner aux élèves du cycle secondaire les bases de la cryptographie. L’action prend place dans un programme qui vise à promouvoir un peu plus les sciences, d’autant que les méthodes enseignées sont accompagnées d’un contexte historique.

Le GCHC veut éduquer les élèves sur le chiffrement des messages

Lorsque nous abordons le GCHQ dans nos colonnes, il s’agit toujours d’un cadre de renseignement et d’espionnage. L’agence anglaise, équivalente de la NSA aux États-Unis, a été de nombreuses fois impliquée dans les révélations d’Edward Snowden, notamment parce que le Royaume-Uni est un allié proche du pays de l’Oncle Sam dans ces domaines. Lutte anti-terroriste, espionnage actif de la population, larges filets sur les communications et espionnage des membres du G20 ont ainsi émaillé l’actualité.

Mais cette fois, le GCHQ fait parler de lui dans le secteur de l’éducation. L’agence a en effet publié une application, nommée Criptoy, qui se destine aux élèves des collèges et lycées pour leur apprendre les bases de la cryptographie. Disponible uniquement sur les tablettes Android (4.1.2 minimum) pour l’instant (iOS et les smartphones sont prévus pour l’année prochaine), elle permet de chiffrer un message, de le déchiffrer et de fournir un contexte historique sur les méthodes présentes.

Un apprentissage ludique et un contexte historique

Les jeunes utilisateurs pourront donc découvrir les méthodes de glissement (aussi appelé code de César), de substitution, le chiffre de Vigenère ainsi qu’Enigma. Pour information, le chiffre de Vigenère est une ancienne méthode de chiffrement qui fut utilisée pendant plusieurs siècles jusqu’à être cassée en 1863 par le major prussien Friedrich Kasiski. Quant à Enigma, il s’agit bien entendu des fameuses machines allemandes utilisées pour transmettre secrètement des messages durant la Seconde Guerre Mondiale, et dont le fonctionnement avait été brisé grâce au travail de trois chercheurs polonais, repris plus tard par les Anglais, dont Alan Turing.

L’application se veut ludique et se présente d’ailleurs comme un jeu accompagné de défi. Elle permet d’enseigner les méthodes et fournit des exercices pour en maitriser les bases. Les élèves peuvent ensuite créer leurs propres messages et les partager, par exemple par email ou sur les réseaux sociaux. Ils peuvent ainsi tester leurs amis, qui pourront à leur tour se servir de Criptoy pour essayer de décrypter le message.

Cette application fait partie intégrante d’une initiative du ministère anglais de l’éducation, baptisée « Science, Technology, Engineering and Maths » (STEM). On peut imaginer cependant que le GCHQ espère faire naitre chez les jeunes élèves des vocations qui pourraient les amener plus tard à faire carrière dans le renseignement. Il s’agit presque, après tout, d’un cursus professionnel comme un autre.

Si le concept est intéressant, on regrettera par contre que cela n'aille pas un peu plus loin, notamment en évoquant les jeux de clés publiques ou privés. Il faudra également voir quelle présentation est faite de la robustesse de ce genre de code, afin que les jeunes n’imaginent pas qu’un message chiffré, via le code de César par exemple, soit suffisamment sécurisé.


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