Revue de presse : The Crew... se croûte

The Screwed 136
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Kevin Hottot

Une semaine après le lancement de The Crew, les premiers tests commencent à pointer le bout de leur nez sur la toile. Hasard ou non, ils sont pour le moment assez peu nombreux. Mais tous ceux ayant abordé le cas des micro-transactions, omniprésentes, livrent un même verdict qui est plutôt sévère.

Quand Ubisoft a dévoilé pour la première fois The Crew, lors de l'E3 2013, le jeu fleurait bon les grands espaces, la vitesse, et promettait une personnalisation quasi sans limite de nos véhicules, afin de pouvoir aussi bien avaler le bitume à des vitesses vertigineuses que barouder dans les vignes de Californie. Le tout, à bord d'une assez large variété de véhicules, et avec un côté « massivement multijoueur » omniprésent, dans lequel votre « Crew » affronte ceux du monde entier. 

Sur le papier, l'idée est plutôt intéressante, et le titre avait un certain potentiel. Mais comme à son habitude, Ubisoft a su générer de « la hype » autour de son jeu alors que l'essai peine à être transformé au moment du lancement. Contrairement à Assassin's Creed Unity, le souci ne provient pas ici de bugs, ni même d'un quelconque problème d'accessibilité aux serveurs, qui ont plutôt bien supporté le lancement malgré l'obligation pour les joueurs de s'y connecter. Dans The Crew, le problème se situe plutôt de manière plus profonde.

Pète et répète sont sur un bateau...

Le plus gros souci est à chercher au niveau même du gameplay. Un jeu est avant tout fait pour se divertir, et nos confrères se sont visiblement ennuyés au volant des bolides de The Crew. Les missions se répètent, inlassablement, sans proposer la moindre once de variété. « MMO oblige, vous allez vite tourner en rond en termes de mission. Il y a les courses qu’il faut absolument gagner, les courses-poursuites où votre cible suit un chemin prédéfini qu’il faut apprendre et couper, celles où vous serez la cible de la police ou autres et le fait de relier le point A au point B » résument ainsi nos confrères de Gamekult. 

Les décors ne sauvent même pas la mise, les grandes étendues des États-Unis ne proposant pas vraiment le même style de route que dans les gorges du Verdon. Les tracés sont donc assez souvent rectilignes, et l'environnement plutôt fade et répétitif. Certes, on pourra reconnaître des lieux symboliques et même trouver des circuits comme celui d'Indianapolis pour y faire vrombir nos moteurs, mais rien de vraiment très excitant au final.

Et ce n'est pas le scénario qui remontera le niveau, tant celui-ci est plat. Vous devez vous infiltrer dans une sorte de mafia, dans laquelle vous gravirez les échelons en réalisant différentes missions et détrônerez les barons locaux en prouvant que vous êtes plus rapides qu'eux, jusqu'à faire tomber la tête du réseau. 

The Crew

Quelques aberrations sont également au programme côté gameplay. La police est ainsi capable de faire des pointes de vitesse à près de 500 km/h pour vous rattraper en cas de besoin, le tout en passant joyeusement au travers des autres véhicules sur la route. Au final, les affrontements avec la police sont rarement en votre faveur, ce qui peut s'avérer frustrant.

Massivement = 8 joueurs

Concernant le côté « Massivement multijoueur », il y a également pas mal de choses à dire. Si l'on pouvait imaginer en entendant cela qu'on allait avoir affaire à une sorte de World of Warcraft du jeu de course, dans lequel on croiserait des centaines de participants sur la Route 66... Eh bien non. Loin de là.

Le nombre de joueurs dans une session est limité à seulement huit. Il sera bien évidemment possible d'inviter à n'importe quel moment des amis, ou des membres de votre Crew à rejoindre votre partie afin de vous promener ensemble, mais si vous vous attendiez à voir des bouchons en approchant de Los Angeles, cela ne sera pas le cas. Evidemment, un tel cas de figure ne serait pas souhaitable, mais il aurait pu être appréciable de croiser un peu plus de joueurs sur les routes.

Pour tout le reste, il y a votre Mastercard

Pour modifier vos voitures, vous devrez débloquer des éléments de performance, afin de leur faire gagner quelques chevaux, ou les alléger de quelques kilos. Ceux-ci se débloquent en gagnant des courses et font grimper le niveau de votre carrosse. En sachant qu'au maximum, une voiture peut atteindre le niveau 1 299, on vous laisse imaginer le temps nécessaire pour faire en sorte que votre rutilante Ford Focus achetée après la première course du jeu devienne un monstre avaleur d'asphalte.

Heureusement (ou pas) si vous n'avez pas le temps d'enchaîner les courses pour vous offrir le bolide de vos rêves, une solution existe. Il vous suffit... de sortir votre carte bancaire de votre portefeuille et de recopier scrupuleusement les numéros inscrits dessus, sur votre PC ou console. Ceci vous permettra de vous économiser de longues heures de jeu, sur un titre que vous avez peut-être déjà payé 70 euros, et de vous offrir une Ferrari pour une petite trentaine d'euros. Une aubaine !

Vous l'aurez compris, même s'il est plutôt bien réalisé, The Crew n'est pas exempt de défauts, et on finit par se demander si le relatif manque de tests du jeu dans la presse, une semaine après son lancement, ne cherchait finalement pas à masquer discrètement tout cela. 

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