Ariane 6 validée par l'ESA : « ce lanceur, nous l’avons rêvé, l’Europe va le faire »

Un beau bébé de 800 tonnes 117
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Crédits : ESA–D. Ducros, 2014
Nouvelle Techno
Sébastien Gavois

Hier, le conseil de l'ESA (Agence spatiale européenne) a décidé de « doter l’Europe spatiale des moyens lui permettant de faire face aux défis majeurs qu’elle devra relever au cours des prochaines années ». Il est notamment question du lancement d'Ariane 6, dont le premier vol est prévu pour l'horizon 2020.

L'ESA veut renforcer la position de l'Europe dans la conquête spatiale

La conquête de l'espace est un vieux rêve qui anime de nombreux pays à travers le monde. Comme nous avons récemment eu l'occasion de l'évoquer, l'Europe peut se féliciter du succès de la mission Rosetta et de son module Philae qui s'est posé sur une comète, une bonne nouvelle après le douloureux épisode des satellites Galileo (nous aurons rapidement l'occasion de revenir dessus).

Le conseil de l'Agence spatiale Européenne (ESA) a décidé de continuer d'aller de l'avant via plusieurs décisions « qui dotent l’Europe spatiale des moyens lui permettant de faire face aux défis majeurs qu’elle devra relever ces prochaines années » indique le CNES (Centre national d'études spatiales). 

Il est ainsi question de « l’exploitation et l’utilisation complète de l’ISS », la station spatiale internationale, mais aussi de « la mise en œuvre du programme Exomars ». Pour rappel, il s'agit de plusieurs missions à destination de Mars « dont la vocation est l'étude de l'environnement martien, comme son atmosphère ou la composition de son sol ». Dans le même temps, « sans modifier le statut juridique de l’ESA, l’accord-cadre qui régit ses relations avec l’Union européenne va évoluer pour contribuer au renforcement de la compétitivité du secteur spatial européen ».

Ariane 6

Ariane 6 sera déclinée en deux versions, premier lancement prévu pour 2020

Mais l'annonce la plus importante reste certainement le lancement du programme Ariane 6. Plusieurs pays participent à cette aventure : l'Allemagne, la Belgique, l'Espagne, la France, l'Italie, les Pays-Bas, la Suède et la Suisse. Le CNES précise que la fusée sera déclinée en « deux versions, Ariane 62 et Ariane 64 », et qu'il « sera à même de répondre aux attentes du marché pour le lancement des charges moyennes et lourdes », de respectivement 5 et 10,5 tonnes. Pour les charges les moins lourdes, il est question d'une nouvelle version du lanceur Vega C. Elle est attendue pour 2018, contre 2020 pour les deux Ariane 6.

Concernant le détail opérationnel, « un accord (MoU, Memorandum of Understanding) a été signé par les participants, qui précise que la joint-venture créée par les industriels assurera la maîtrise d’œuvre du lanceur, tandis que le CNES sera le maître d’œuvre du nouvel ensemble de lancement dédié à Ariane 6. L’ESA, assistée par le CNES, assurera la maîtrise d’ouvrage de l’ensemble du système ».

Quoi qu'il en soit, le CNES dévoile dans les grandes lignes les caractéristiques techniques d'Ariane 62 et 64. La première dispose de deux boosters pour une masse au décollage de 500 tonnes, contre quatre boosters et 800 tonnes pour la seconde. Dans les deux cas, l'orbite visée sera comprise entre plusieurs centaines de kilomètres et 36 000 km d'altitude suivant les besoins.

Pour Jean-Yves Le Gall, président du CNES, « ce lanceur, nous l’avons rêvé, l’Europe va le faire ! ». Rendez-vous dans six ans pour un premier lancement donc.


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