Phoenix, Firebird puis Firefox : les dix ans du navigateur de Mozilla

Le coup de pied dans la fourmilière 65
En bref
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Navigateurs
Vincent Hermann

Hier, le navigateur Firefox fêtait ses dix ans de bons et loyaux services. Même si Mozilla n’a pas réellement fait de promotion particulière de l’évènement, il est intéressant de rappeler comment tout a commencé, car le contexte et le monde du web étaient alors très différents.

Quand Netscape Navigator régnait

Beaucoup ont connu Netscape Navigator, un navigateur qui avait l’avantage de rassembler de nombreux outils au sein d’une même interface. Il était basé sur une plateforme, nommée Communicator, qui avait atteint ses limites en termes de performances et de maintenance. À partir de Netscape 6, la base était celle de Mozilla mais la chute des parts de marché était déjà amorcée.

Il faut dire en effet que si Netscape reprenait le code de Mozilla, ce dernier disposait de son propre navigateur, toujours maintenu aujourd’hui d’ailleurs sous le nom de SeaMonkey. Même si l’on parle bien de fureteurs, il faut savoir que de nombreuses autres fonctionnalités étaient présentes, notamment un client email, une messagerie instantanée, un client IRC et ainsi de suite. Certains appréciaient le fait de n’avoir qu’un seul logiciel pour tout faire, tandis que d’autres estimaient que l’ensemble était bien lourd pour une simple session de surf sur le web.

En 2002, naît donc un projet open source, au départ simplement baptisé « mozilla/browser ». L’idée est alors de dégager le code du navigateur pour se concentrer uniquement sur le cœur de son activité : afficher des pages web. Exit donc les fonctionnalités supplémentaires, le résultat doit être léger et direct. La situation a en effet changé : Windows XP est disponible depuis 2001 et intègre Internet Explorer 6, qui affiche alors de meilleures performances, et dont la part de marché grandit en même temps que le succès du système.

mozilla phoenix firefox

De Phoenix à Firefox 

Assez vite, le projet devient Phoenix et la presse spécialisée commence à en parler. Les testeurs se rendent compte que le potentiel est bien là : Phoenix est plus rapide, tant sur son lancement que pour l’affichage des pages web. Mais le nom ne peut pas être gardé, même s’il symbolisait la renaissance, car un fabricant de BIOS bien connu le portait déjà. Le projet devient alors Firebird, mais là encore, le nom était pris par un autre projet open source. Le 9 novembre 2004, lorsque le navigateur sort en version 1.0 finale, il se nomme Firefox, et la marque a d’ailleurs été déposée par Mozilla pour éviter les futurs problèmes.

Le nom « Firefox » devient rapidement connu des utilisateurs. La campagne « Spread Firefox » avait fait son travail et, à l’époque, une campagne de dons avait abouti à l’affichage d’une publicité en double page sur le New York Times. Mais pour la presse et le monde du web, Firefox est surtout synonyme de bouffée d’oxygène car la situation était alors sclérosée à cause d’un manque d’évolution flagrant de la part de Microsoft sur son Internet Explorer.

Cette stase était d’autant plus un problème que le navigateur était alors une vraie plateforme, très utilisée en entreprise, et les développeurs avaient créé de nombreuses solutions pour contourner les limitations. Ce sont les fameux « quirks », spécifiques à Internet Explorer 6, et qui ne pouvaient donc pas être pris en charge par d’autres navigateurs. C’est la raison pour laquelle le navigateur est resté si présent dans les structures professionnelles, et la situation n’est pas totalement réglée aujourd’hui encore.

Le marché des navigateurs est redevenu compétitif 

Firefox a donné un immense coup de pied dans la fourmilière. Les utilisateurs se sont rendu compte qu’on pouvait avoir un navigateur performant, qui allait à l’essentiel, et qui avait l’avantage de suivre les évolutions du web. La pression des développeurs a alors augmenté et Internet Explorer a pris rapidement une réputation qui le poursuit encore, quand bien même les dernières moutures n’ont plus rien à voir avec ce qu’il était. Firefox se démarquait également par deux capacités : les thèmes, qui permettaient de personnaliser son interface, et les extensions, qui augmentaient ses capacités.

firefox 32Firefox aujourd'hui

L’arrivée de Firefox a réintroduit la compétition dans le monde des navigateurs, à une époque où Internet Explorer 6 dépassait les 95 % de parts de marché et où Opera était payant. Depuis évidemment, la situation a bien changé, notamment parce que Google est entrée dans la danse avec Chrome, dont le succès ne se dément pas. Il s’agit d’ailleurs de la principale menace contre Firefox, dont les développeurs doivent moderniser le code plus rapidement pour rester dans la course aux performances.

Aujourd’hui, Firefox reste l’un des navigateurs les plus utilisés, et Mozilla dirige son produit vers les smartphones, via Firefox OS. L’éditeur croit au développement des applications web et propose d’ailleurs des API spécifiques, en cours de standardisation auprès du W3C.


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