L'Anses déconseille la 3D stéréoscopique aux enfants de moins de 6 ans

Comment va-t-on les consoler ? 34
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Crédits : Purestock/ThinkStock
Sécurité
Marc Rees

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation de l’environnement et du travail (Anses) déconseille aux enfants d’user et abuser de la 3D stéréoscopique (3Ds). C’est la conclusion à laquelle arrive un groupe de travail relatif aux effets sanitaires potentiels de cette technologie.

Alors que la 3D explose dans les cinémas, les écrans de TV que dans les jeux vidéo, l’association Robin des Bois avait invité 2011 l’Anses à se pencher sur ce phénomène. La même année, Nintendo avait en effet publié une mise en garde sur la 3DS à destination des parents de jeunes enfants, soulignant que « la vue d'images 3D pendant une longue durée pourrait affecter négativement le développement de leurs yeux. »

Dans une première réponse, l'Agence considérait que la littérature scientifique existante n’était pas assez épaisse pour se prononcer sur les risques sanitaires. Elle dressait cependant quelques constats liés au fait que ces technologies peuvent notamment être accessibles aux enfants « dont le système visuel est en cours de développement ». Fin 2011, l’Anses s’autosaisissait sur la question, appuyée cette fois d’un groupe de travail composé d’experts en ophtalmologie, en ophtalmologie pédiatrique, en orthoptie, en sciences cognitives et d’experts physiciens spécialistes des technologies 3Ds.

Dans son avis de 152 pages désormais disponible, elle souligne d’abord que tous les individus ne sont pas « physiologiquement égaux face aux technologies audiovisuelles 3Ds ». Ces différences tiennent en effet compte de l’âge, de la qualité de la vision stéréoscopique, de la présence éventuelle de pathologies visuelles.

Fatigue, vertige, maux de tête

Chez les plus fragiles, différents symptômes peuvent du coup survenir dans l’usage de ces dispositifs : fatigue visuelle, vertiges, maux de tête ou de dos, pertes de concentration, etc. Et pour cause, « dans le monde réel, pour percevoir la profondeur et le relief, les yeux convergent (c’est-à-dire sont orientés vers le même objet) et accommodent (le cristallin de chaque œil se déforme pour obtenir une vision nette) à la même distance, c'est-à-dire à la distance de l’objet observé. La technique de la restitution stéréoscopique (en 3Ds) ne permet pas de respecter ce principe physiologique. L’accommodation (sur un écran par exemple) et la vergence des yeux (sur un objet situé en avant ou en arrière-plan de cet écran) ne se font ainsi pas à la même distance ».

rapport 3D enfants
Crédits : Anses

Dans la population, les enfants de moins de 6 ans sont la population la plus exposée du fait d’un système visuel immature et parce qu’ils sont « moins à même d’exprimer leur ressenti ou inconfort ». L’Agence déconseille du coup leur exposition à ces technologies. Chez les enfants de moins de 13 ans, l’usage doit être simplement « modéré » et même « limité » chez les personnes de tout âge « sujettes à certains troubles visuels (troubles d’accommodation, de vergence, etc.) et de l’équilibre ».

Pour réduire ces effets négatifs, quelques règles d’usage sont prescrites : « ne pas se positionner trop proche de l’écran », « respecter les instructions des constructeurs », « conserver ses corrections optiques pendant la visualisation de contenus ». Enfin, « les créateurs de contenus 3D [doivent limiter] les effets produits en respectant les recommandations techniques existantes visant à produire des contenus de qualité. »


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