Le HTML5 devient officiellement une recommandation du W3C

Bon ça a pris un peu de temps, certes... 50
En bref
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Vincent Hermann

Après des années de travail, le HTML5 est désormais officiellement un standard. Le W3C a annoncé hier que la technologie avait obtenu le statut de « Recommandation », ce qui correspond à une version finale. Mais comme le consortium l’indique dans son communiqué, il s’agit d’un standard en évolution et de nombreux points restent à étudier.

Un standard désormais en version finale

17 ans après la version 4 du HTML et 20 après la création du W3C, le HTML5 est donc maintenant une recommandation officielle du World Wide Web Consortium. Il s’agit d’un investissement s’étalant sur de nombreuses années et le résultat d’un travail qui ne partait initialement pas sous de bons augures. Car le HTML5 n’est pas l’idée du W3C, mais celle d’un autre groupe, le WHATWG, qui réunissait notamment les éditeurs de navigateurs autour d’une thématique précise : créer une base commune sur laquelle travailler. Une réaction aux travaux du W3C sur ce qui était alors le XHTML et qui ne remportait pas un franc succès. Il a fallu attendre 2007 pour que les deux groupes collaborent, le W3C reprenant alors la souche créée par le WHATWG.

Dans la pratique, le statut de recommandation est un signal fort, mais qui ne va pas bouleverser les choses non plus. Les éléments du HTML5 sont en effet intégrés depuis des années et sont même devenus un argument marketing : plus le nombre d’éléments supportés est élevé, plus le navigateur est félicité, sans que l’on sache parfois si l’élément en question est supporté correctement ou non. La recommandation aura toutefois un impact sur les préfixes utilisés parfois pour maintenir une compatibilité avec certains navigateurs pour s’assurer que leur moteur de rendu comprend bien l’instruction.

« N’écrivez qu’une fois, déployez partout » 

Car l’objectif du HTML5 est avant tout de parvenir à ce saint Graal du développement web : « N’écrivez qu’une fois, déployez partout », représentant cette capacité à fournir un seul code source qui puisse être interprété partout de la même manière. Globalement, on peut désormais dire que c’est le cas dans une majorité de cas, à condition bien entendu de posséder un navigateur moderne. Ce qui ne pose guère de problème par exemple pour Firefox et Chrome qui se mettent à jour automatiquement, y compris sur Windows XP. Pour Internet Explorer, la situation est différente puisque l’actuelle version 11 n’est disponible qu’à partir de Windows 7.

D’un point de vue plus pragmatique, le HTML5 est surtout un consensus qui doit servir de terreau fertile à toutes sortes d’utilisations, notamment les applications web pour lesquelles il manque encore de nombreux éléments. Le standard est accompagné par ailleurs de certaines extensions qui ont provoqué de longs débats, notamment les Encrypted Media Extensions (EME), qui permettent aux éditeurs d’avoir une infrastructure commune autorisant l’utilisation de DRM sur les vidéos HTML5.

Par ailleurs, il s’est écoulé 22 mois entre l’annonce de la liste finale des spécifications du HTML5 et sa disponibilité effective. Durant pratiquement deux années, le W3C s’est essentiellement penché sur la suite de tests (qui en contient environ 100 000) permettant d’examiner le comportement du futur standard dans de nombreuses situations. Le W3C indique d’ailleurs que la communauté « Test the Web Forward » joue un rôle crucial dans l’interopérabilité du HTML5.

Le HTML5 va continuer d'évoluer 

La publication de cette recommandation ne signifie pas pour autant que le travail est terminé. On pourrait même dire qu’il ne le sera jamais : les versions 5.1, 5.2, 5.3 et autres vont continuer d’arriver pour adapter le standard à d’autres besoins. C’est particulièrement le cas :

  • Des applications web (gestion d’identité, chiffrement, authentification à plusieurs facteurs, etc.)
  • Des interactions avec les appareils (gestion des capteurs, du Bluetooth, des puces NFC…)
  • Des usages et de l’accessibilité (le web doit pouvoir être lu dans toutes les conditions)
  • Des performances (pré-chargement, responsive design…)
  • De la conception et du développement (évolution du HTML lui-même, disposition, graphismes, animations, typographie, etc.)

Évidemment, du côté des entreprises, l’heure est aux applaudissements, voire à l’autocongratulation. Microsoft est ainsi fier de sa participation et se réjouit des perspectives d’une Open Web Platform qui permet d’envisager de nombreuses applications. Mozilla rappelle de son côté qu’il fut l’un des premiers à lutter pour un web ouvert, et qu’il tente maintenant de faire parvenir ce potentiel aux mobiles via ses WebAPI, en cours de standardisation. Samsung voit de son côté dans le HTML5 une formidable perspective de moyen de communication uniforme pour tous les appareils. Même son de cloche chez d’autres membres importants du W3C, comme IBM et Intel.


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