Electronic Arts : une class-action pour tromperie jugée irrecevable

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Justice
Kevin Hottot

En décembre 2013, un groupe d'actionnaires avait lancé une class action contre Electronic Arts, car il estimait avoir été trompé par l'éditeur concernant la qualité de Battlefield 4, ce qui aurait influé négativement sur le cours de l'action. La Cour du district nord de Californie a rendu son verdict lundi : la plainte n'est pas recevable.

Dans les mois précédant le lancement de Battlefield 4, des responsables d'Electronic Arts ont fait savoir dans la presse ainsi qu'à leurs actionnaires que le développement du titre se passait merveilleusement bien, avant de peu à peu changer de registre. Une période pendant laquelle ils ont vendu, à titre personnel, pour 20 millions de dollars d'actions EA. 

Seulement, en pratique, le lancement du jeu ne s'est pas déroulé comme prévu, et le titre souffrait de très nombreux bugs, ce qui n'a pas manqué de provoquer la colère des joueurs et une baisse de la valorisation d'Electronic Arts en bourse. Même si depuis, cette dernière a très largement repris des couleurs (+53 % par rapport au 1er janvier), cette chute n'était pas du goût de certains actionnaires, qui se sont regroupés afin de poursuivre EA pour tromperie.

Des déclarations que les actionnaires jugeaient trompeuses

Dans le détail du verdict, révélé par nos confrères d'Ars Technica, les déclarations des dirigeants d'EA que les actionnaires remettent en cause sont citées, en voici quelques morceaux choisis : 

« Nous ne rencontrons pas certains des problèmes auxquels nos collègues éditeurs dans l'industrie doivent faire face pour rendre nos titres de qualité prêt pour la next-gen. Nous sentons, comme nous l'avons dit lors de nos précédentes conférences, que nous sommes largement devant dans cette transition, et que nous allons tout déchirer » - Peter Moore, directeur de l'exploitation d'EA, le 29 octobre 2013, lors d'une conférence téléphonique avec les actionnaires.

« Frostbite fait toute la différence. Quand vous avez une technologie éprouvée, avec des outils qui fonctionnent... cela mène à un développement efficace et avec peu de risques » - Frank Gibeau, alors président des labels d'EA, le 23 juillet 2013 dans une entrevue publiée dans la presse. 

Aux yeux des actionnaires, ces citations, placées à côté de la situation dans laquelle se trouvait Battlefield 4 au moment de son lancement (illustrée dans la plainte par des témoignages de clients mécontents), mettent en lumière une certaine volonté de l'éditeur de vouloir masquer la réalité des faits. Selon eux, EA ne pouvait pas ignorer que son jeu était dans un état inadmissible, et aurait dû prévenir ses actionnaires de cela.

Une plainte non recevable sur la forme

Seulement, le juge n'a pas vu les choses de cet œil-là. Selon lui, les citations mettant en cause Electronic Arts et ses dirigeants sont irrecevables, car il ne s'agit que « d'opinions » données par les cadres de l'éditeur, de « vagues déclarations d'optimisme », ou visant à faire la publicité du jeu. La justice américaine a également estimé que les éléments apportés par les plaignants ne permettaient pas de conclure à une quelconque volonté de tromper les actionnaires. 

Par ailleurs, le tribunal a noté que les déclarations pointées du doigt ont eu lieu après que les plaignants aient acheté des actions d'Electronic Arts, ce qui tend à montrer qu'elles n'ont pas influencé leur volonté d'investir dans l'entreprise. Si l'affaire semble bien engagée pour EA, le dossier n'est pas encore clos, les actionnaires ayant jusqu'au 3 novembre prochain pour amender leur plainte en apportant de nouveaux éléments pouvant faire pencher la balance de leur côté.


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