Comment l’offre légale sera poussée sur Allocine.fr ou Premiere.fr

Quid de Netflix ? 21
En bref
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Loi
Marc Rees

Lors des Rencontres cinématographiques de Dijon, Frédérique Bredin a révélé qu’à la demande du ministère de la Culture, le Centre national du cinéma, dont elle assure la présidence, réfléchissait à une façon de promouvoir l’offre légale sur Internet. Selon les premiers éléments obtenus dans l’entourage de la Rue de Valois, plusieurs scénarios s’ouvrent dans ce chantier.

Il pourrait s’agir d’abord de pousser en avant les liens sponsorisés ou d’améliorer le référencement des offres de VOD dans les moteurs. Cependant, l’idée aurait l’inconvénient d’accentuer la dépendance des acteurs avec Google ou Bing, tout en maximisant leurs chiffres d’affaires chaudement installés loin des rigueurs de Bercy. La piste n'a donc que peu de chance d'être retenue. 

La piste de l'API

Une autre voie marque plus de points. Elle vise à développer une API (Application Programming Interface ou Interface de programmation) reprenant dans une base de données ouverte les offres disponibles sur les grandes plateformes de vidéo à la demande (VOD). Cette API serait ensuite intégrée sur des sites comme Allocine.fr ou Premiere.fr.

En clair, avec un tel outil, l’internaute qui rechercherait un film sur l’un de ces sites pourrait d’un coup d’œil connaître sa disponibilité - ou non - sur telle ou telle plateforme légale à l’instar de ce qu’il peut faire avec les salles de cinéma.

Cette mesure fait suite à des travaux portés par Aurélie Filippetti. En août dernier, celle-ci avait jugé utile « qu’en parallèle des initiatives des acteurs français de la vidéo à la demande pour se fédérer ou se développer, soit mis en œuvre un dispositif de référencement des offres légales en ligne existantes en France, pour mieux orienter l’internaute dans son envie d’accéder aux œuvres ».

Et la Hadopi ?

Si cette piste se confirme, sa voilure dépassera celle actuellement dans les mains de la Hadopi. Sur Offrelegale.fr, la Haute autorité tente en effet depuis des mois de recenser les offres labélisées ainsi que celles « pouvant être regardées comme légales ». Il s’agit d’une trace des débats parlementaires de 2009 qui voulaient imposer aux moteurs la prise en compte de ces labels dans les outils de référencement.

Dans son amendement 50, le député Franck Riester proposait en effet que « la Haute Autorité attribue aux offres proposées par des personnes dont l’activité est d’offrir un service de communication au public en ligne un label permettant aux usagers de ce service d’identifier clairement le caractère légal de ces offres et elle veille à la mise en place ainsi qu’à l’actualisation d’un système de référencement de ces mêmes offres par les logiciels permettant de trouver des ressources sur les réseaux de communications électroniques ». Du côté de la Hadopi, cependant, nous avons appris que des travaux similaires lancés depuis mars 2014 seront bientôt dévoilés. Nous y reviendrons très prochainement (MàJ : voir cette actualité)

Référencer ou non Netflix

Une question persiste en tout cas : cette API tiendra-t-elle compte des titres proposés par la plateforme Netflix ? En réservant cette fonctionnalité aux seules offres vertueuses pour l’exception culturelle (comprendre généreuses et non fiscalement pestiférée), le pari sera d’inciter l’acteur américain installé aux Pays-Bas à plus d’attention pour l’économie et la création française. Cependant, cette logique très Lescurienne devra jongler avec quelques contraintes concurrentielles, inévitables lorsque la puissance publique s’incruste dans le secteur privé.


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