Les cabines téléphoniques disparaîtront si la couverture mobile s'améliore

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Crédits : Frédéric BISSON (Licence : CC-BY 2.0)
Téléphonie
Sébastien Gavois

Dans un rapport remis à Axelle Lemaire, deux parlementaires préconisent le démantèlement des publiphones, mais à condition d'améliorer la couverture mobile et de réaliser cette opération en concertation avec les élus. Des mesures qui ont retenu l'attention de la secrétaire d'État au numérique.

Les publiphones en fin de vie...

Le sort des publiphones (cabines téléphoniques) vient de connaître un nouveau rebondissement. En effet, si en avril 2013 il était question d'en implanter 46 000 sur le territoire, un rapport de Pierre Camani (PS) et Fabrice Verdier (PS) pose les conditions de leur démantèlement. Rappelons que la publiphonie, « qui correspond à l’installation et à l’entretien de cabines téléphoniques sur le domaine public, ainsi qu’à la fourniture, dans ces cabines, d’un service téléphonique de qualité à un tarif abordable » est la troisième composante du service universel des télécommunications, dont la charge incombe à Orange (anciennement France Télécom).

Le constat des deux parlementaires est sans appel : « l'obsolescence des publiphones à la fois en termes d'infrastructures et de services a été reconnue par tous les acteurs auditionnés ». Les hommes politiques indiquent par contre que « leur démantèlement et donc la suppression de la composante publiphonie du service universel des communications électroniques suppose au préalable une meilleure desserte de la couverture mobile et une concertation avec les élus locaux ». Rappelons que, l'année dernière, le gouvernement indiquait que la couverture mobile n'était pas du tout prise en compte concernant l'implantation des publiphones.

Notez que, selon nos confrères de France Inter, le coût du démantèlement serait d'environ deux millions d'euros pour Orange, mais que les cabines coûteraient actuellement plus cher en entretien que ce qu'elles rapportent.

... bientôt remplacés par une meilleure couverture mobile

Quoi qu'il en soit, le rapport préconise d'assurer « la continuité du service universel tant que les modalités de mise en œuvre du démantèlement n'auront pas été clairement définies et d'identifier avec le prestataire du service universel, les communes qui ne bénéficieraient pas (ou pas suffisamment...) de couverture mobile avant tout démontage des cabines du service universel ». Il est aussi question « de la relance d'une politique à l'égard des zones blanches », via une négociation tripartite entre l'État, les opérateurs et les collectivités locales.

Les parlementaires évoquent les pistes des « femtocell ou encore les microcell », des mini antennes 3G que l'on peut installer à son domicile par exemple, bien que ces dernières ne semblent pas spécialement plébiscitées par les utilisateurs (Bouygues a même décidé d'arrêter de les proposer). De toute façon, elles ne couvrent actuellement qu'une toute petite zone et, en milieu rural, leur impact risque d'être plus que limité.

Deux parlementaires recommandent la création d'une fonction de médiateur

Mais ce n'est pas tout. Verdier et Camani annoncent avoir « identifié un problème de dégradation de la qualité de service par le prestataire de la composante "téléphonie fixe" du Service universel », sans donner plus de détail. Fort de toutes ses constatations, ils demandent la création d'une « fonction de médiateur entre le groupe prestataire et les élus dans chacun de ses centres régionaux afin de faciliter et d'accélérer les remontées d'informations sur l'état des réseaux et sur les usagers en difficulté à l'instar de ce que fait EDF ».

De son côté, Axelle Lemaire serait favorable à ces recommandations. C'est du moins ce qu'indiquent nos confrères des Échos. « Il faut aujourd’hui assurer une couverture mobile et assurer un apprentissage des usages » ajoute-t-elle.

La question de l'accessibilité des offres est également mise en avant : « le forfait mobile à deux euros, par exemple, c’est très bien, mais à condition d’avoir un compte bancaire, ce qui n’est pas le cas de tout le monde. Nous étudions la possibilité de prélèvements à partir du livret A, ce qui nécessite de modifier les textes de loi », précise le cabinet de la secrétaire d'État à nos confrères.


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