Des composants libres sur 81 % des ordinateurs du ministère de la Défense

La Grande Muette porte bien son nom 41
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Crédits : Paulojose (CC BY-SA 3.0)
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Xavier Berne

Suite à une étude menée en interne, le ministère de la Défense vient d’expliquer à la députée Isabelle Attard que 81 % de ses postes de travail étaient déployés avec des composants libres. Mais en l’état, cette affirmation est malheureusement bien vague pour être réellement évocatrice, aucun nom de logiciel n'étant par ailleurs mis en avant par la « Grande Muette ».

Après les ministères de l’Agriculture et du Travail, c’est au tour du ministère de la Défense d’apporter une réponse à la question écrite transmise le 10 juin dernier à l’ensemble des membres du gouvernement Valls par la députée Isabelle Attard. L’élue Nouvelle donne souhaitait connaître les suites accordées à la « circulaire Ayrault » relative à l’usage des logiciels libres au sein de l’administration. Par la même occasion, la parlementaire espérait obtenir un détail des dépenses annuelles de chaque ministère en logiciels – qu’ils soient libres ou propriétaires (Office, Photoshop, etc.).

Le cas du ministère de la Défense est d'ailleurs emblématique, dans la mesure où la Grande Muette a conclu en 2009 avec Microsoft Irlande un contrat « Open Bar » qui a suscité d’importants remous, y compris en interne.

Évoquant la circulaire Ayrault, la réponse de Jean-Yves Le Drian se veut malheureusement similaire à celle de ses collègues l’ayant précédé. Le ministre de la Défense rappelle en effet que ce texte datant de septembre 2012 n’a « pas pour objet d'inciter les ministères à accroître l'usage des logiciels libres au détriment des logiciels propriétaires, mais à les considérer désormais comme des solutions informatiques envisageables, au même titre que les autres ». Bref, les programmes de géants tels que Microsoft ou Adobe sont considérés à égalité avec des solutions libres telles que Thunderbird ou LibreOffice. Ni plus, ni moins.

La DISIC pilote actuellement des travaux sur l'usage des logiciels libres

Mais comment cela se traduit-il sur le terrain au ministère de la Défense ? Jean-Yves Le Drian apporte quelques éléments glanés à la suite de « travaux de structuration d'un tableau de bord de suivi de l'usage des logiciels libres, piloté par la direction interministérielle des systèmes d'information et de communication (DISIC) ». Il explique que les premiers résultats de cette étude montrent que :

  • 81 % des postes de travail du ministère de la Défense « sont déployés avec des composants libres, assortis d'une prescription d'emploi principale ou secondaire ». L’affirmation se révèle toutefois très vague, le logiciel LibreOffice rentrant par exemple dans ce champ, sans que cela n'empêche d'avoir d'autres logiciels propriétaires, éventuellement pour le même usage.   
  • « 30 % des instances de bases de données utilisées reposent sur un système libre de gestion de base de données »,
  • « 32 % des serveurs de production administrés fonctionnent avec un système d'exploitation libre »,
  • « 6 % des machines virtuelles déployées proviennent de produits issus de solutions libres ».

Le ministre de la Défense ajoute qu’après trois ans de développement, une « plateforme de développement unifié » a été déployée cette année « afin de mettre à la disposition des utilisateurs ministériels les sources de logiciels développés en interne ». Une plateforme qui est composée « en quasi-totalité d'outils informatiques libres » souligne-t-on dans cette réponse parlementaire.

Aucun chiffrage des dépenses logicielles

Quant au détail des dépenses logicielles de son ministère, Jean-Yves Le Drian ne donne aucune information chiffrée. Il renvoie la patate chaude à la DISIC et à son actuelle étude sur l’utilisation des logiciels libres au sein de l'administration. Rappelons néanmoins que l’année dernière, les services de l’intéressé évaluait à 70,3 millions d’euros les coûts d'acquisition des licences ainsi que le maintien en condition opérationnelle des logiciels de son ministère (voir notre article).

Il y a une dizaine de jours, la réponse écrite apportée par le ministère de l’Écologie nous permettait d’apprendre que l’État évaluait ses dépenses logicielles à 207 millions d’euros pour 2013, contre 308 millions deux ans plus tôt. 

dépenses logicielles état 2013
Crédits : Tableau Next INpact

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