Galileo : les satellites mal positionnés à cause d'un défaut de carburant

L'overclocking c'est dangereux ! 128
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Crédits : koto_feja/iStock/ThinkStock
Nouvelle Techno
Sébastien Gavois

Arianespace vient de dévoiler les conclusions de son enquête concernant le problème de mise en orbite des satellites européens Galileo. Les appareils ne sont pas en cause et le problème vient d'un défaut d'alimentation en carburant, ce dernier ayant gelé dans une conduite.

Galileo : lors de son lancement, le GPS européen se trompe de route

Vendredi 22 août, l'Europe envoyait dans l'espace deux satellites Galileo afin de poser les premières pierres d'un GPS européen. Problème : la mise en orbite n'était pas celle escomptée et une enquête avait été confiée à Arianespace afin de trouver les causes de cette défaillance.

Dès le début de son rapport, la commission d'enquête précise que « ses conclusions s’appuient sur les données fournies par la partie russe. Elles sont cohérentes avec celles de la commission mise en place par ROSCOSMOS », Agence spatiale fédérale russe. Pour rappel, le lanceur utilisé n'était pas Ariane 5 de l'Agence spatiale européenne (ESA), mais Soyouz des russes. Arianespace ajoute que la première partie du vol s'est déroulée sans anicroche et que le « tri-étage Soyouz est hors de cause », tout comme les satellites Galileo d'ailleurs, écartant ainsi l'hypothèse d'une défaillance technique à ce niveau.

Après 35 minutes de vol, le carburant gèle, empêchant la bonne mise en orbite

Le problème se situe en fait au niveau du quatrième étage, conçu et produit par la société russe NPO Lavotchkin. La défaillance « est intervenue environ 35 minutes après le décollage, au début de la phase balistique précédant le second allumage de l’étage » précise Arianespace.

Le déroulement des événements est ensuite détaillé de manière précise : « le défaut d’orbite observé résulte d’une erreur d’orientation de la poussée du moteur principal de l’étage Fregat durant sa deuxième phase propulsive ». La source première de ce problème est un défaut d'arrivée d'hydrazine (le carburant), ce dernier ayant gelé dans sa conduite. En effet, cette dernière était liée par un « même support » à une alimentation d'hélium froid. Ce support servait alors de conducteur thermique propageant le froid : la conduite d'hélium refroidissait celle d'hydrazine, ce qui a eu pour effet de congeler le carburant.

Satellite Galileo
Crédits : European Space Agency, Image: ESA/J. Huart

Arianespace ajoute que « l’ambiguïté de la documentation de conception laisse place à la réalisation de ce type de ponts thermiques entre ces deux lignes. Elle a, de fait, été observée sur d’autres étages Fregat en cours de production chez l’industriel NPO Lavotchkin ». L'agence conclut finalement que « la cause racine de l’anomalie VS09 est donc une lacune de l’analyse thermique système réalisée au moment de la conception de l’étage. Il ne s’agit pas d’une erreur d’opérateur lors de l’assemblage de l’étage ». Une  solution a d'ores et déjà été trouvée et sa mise en place sur les étages déjà produits est « aisée et immédiate ».

Les correctifs sont déjà prêts, mais cela sera-t-il suffisant pour la Commission ?

Stéphane Israël, PDG d'Arianespace, indique pour sa part que « les mesures correctives pouvant être déployées immédiatement par NPO Lavotchkin, le retour en vol de Soyouz depuis le Centre Spatial Guyanais est envisagé dès décembre 2014. La résolution de cette anomalie permettra de consolider la fiabilité du Fregat, qui a connu 45 succès consécutifs jusqu’à cette mission ».

Pour Arianespace, rien ne s'oppose donc à ce que le lanceur Soyouz continue les opérations de lancement des satellites Galileo, mais il faudra voir si la Commission européenne, qui finance à 100 % ce projet, ainsi que l'ESA, seront du même avis. Pour le moment, aucune communication officielle n'a été faite à ce sujet.

Cependant, certains chuchotent que la Commission pourrait en profiter pour retarder un peu les prochains lancements et passer sur Ariane 5. Ce délai supplémentaire pourrait être mis à profit afin d'étudier les données des deux satellites en orbite et éventuellement procéder à quelques modifications. C'est du moins ce que laissent entendre nos confrères du Monde. Aucune communication n'a été faite par la Commission pour le moment.


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