Un futur commissaire européen engagé en faveur du logiciel libre

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Crédits : Jorisvo/iStock/ThinkStock
Loi
Xavier Berne

Le très probable futur commissaire européen en charge du « Marché numérique unique » vient d'affirmer à l’occasion d’une audition devant le Parlement de Strasbourg qu’il soutiendrait le développement et l’utilisation des logiciels libres au sein de l’Union, sans toutefois préciser davantage ses intentions en la matière.

La valse des auditions tourne à plein régime depuis quelques jours au Parlement européen. L’ensemble des commissaires choisis par le nouveau président de la Commission, Jean-Claude Juncker, passent en effet chacun à leur tour devant les eurodéputés, ces derniers ayant préparé de nombreuses questions en lien avec leurs portefeuilles respectifs.

Ce lundi, c’était au tour de l’Estonien Andrus Ansip d’être entendu à Strasbourg en tant que commissaire désigné au « Marché numérique unique ». Plusieurs parlementaires ont ainsi profité de l’occasion pour interroger cet ancien chef de gouvernement sur l’attention qu’il entendait accorder aux logiciels libres.

Réponse de l’intéressé : « Je pense que la Commission européenne doit promouvoir l’usage de l’open source. Cela permettra de créer des emplois en Europe, ce sera beaucoup plus souple que d’utiliser des logiciels propriétaires et d’après moi, c’est beaucoup moins cher que les produits sous licence » a-t-il indiqué, avant de concéder qu’il convenait de trouver un « équilibre entre les logiciels libres et les autres ».

Andrus Ansip veut encourager le développement et l'utilisation des logiciels libres

Andrus Ansip a par ailleurs expliqué que lorsqu’il était Premier ministre, « nous disions que si un logiciel créée au sein du pays recevait un financement de l’Union européenne, alors ce logiciel devait être libre également pour d’autres utilisateurs ». Affirmant que l’Union européenne soutenait d’ores et déjà l’utilisation et le développement des logiciels libres, le candidat a assuré qu’il poursuivrait « bien entendu » ce mouvement.

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Crédits : Parlement européen

Ces déclarations viennent d’être applaudies par l’April, l’association de promotion du logiciel libre, qui y voit un signe très encourageant. « Nous nous réjouissons des propos du commissaire désigné Andrus Ansip concernant le logiciel libre. Nous espérons que cette bienveillance manifestée lors de son audition se traduira par des actes avec la mise en place d'une politique publique européenne qui favorisera dans tous les domaines le développement et l'utilisation des logiciels libres » a ainsi réagi le délégué général de l’organisation, Frédéric Couchet.

La semaine dernière, une précédente audition du commissaire désigné à l’économie et la société numérique, Günther Oettinger, avait froissé l’association, puisque ce dernier n’avait pas répondu à une question qui lui était posée, parmi d’autres, à propos du logiciel libre. Andrus Ansip a quoi qu’il en soit rappelé lundi qu’il avait soutenu à titre personnel le traité ACTA. Un texte contre lequel s’était durement battue l’April, qui y voyait une grande menace pour le logiciel libre.

Avant de devenir officiellement commissaires européens, l’ensemble des candidats désignés devront avoir obtenu la confiance du Parlement, et ce au cours d’un vote qui interviendra au cours du mois.


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