Windows 10 : la Technical Preview communique ce que vous écrivez

Quelle pipelette cette préversion 68
En bref
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Vincent Hermann

L’arrivée de la Technical Preview de Windows 10 est surtout l’occasion de voir dans quelle direction Microsoft compte faire évoluer son système d’exploitation. Alors que la réception est globalement assez positive, la licence de cette préversion cause problème : elle permet à la firme, après acception, d’absorber un grand nombre d’informations, y compris les frappes au clavier.

Une préversion particulièrement bavarde

Maintenant que la phase des préversions de Windows 10 est commencée, de nombreux testeurs se penchent sur le système pour en déterrer les nouveautés, surtout celles qui n’ont pas été montrées. Le système regorge d’informations sur la manière dont la plateforme évoluera, et beaucoup seront confirmées lors des prochaines moutures. Pourtant, la phase de test implique que de nombreuses informations vont être envoyées à Microsoft, et les utilisateurs ont particulièrement intérêt à en être avertis.

La licence d’utilisation de la Technical Preview contient en effet un chapitre sur le respect de la vie privée dont il vaut mieux prendre connaissance. Le langage y est particulièrement clair et direct : Microsoft récupère des informations dans de nombreux cas. Ainsi, dès que vous vous servez du produit, l’éditeur « collecte des informations sur vous, vos appareils, applications et réseaux » et sur la manière dont vous les utilisez.

Microsoft donne des exemples précis :

  • Quand vous installez le système, les appareils, périphériques, composants et applications sont connus de l’éditeur, à des fins d’amélioration de la compatibilité
  • Lors de la reconnaissance vocale, les informations sur votre voix peuvent être utilisées pour améliorer cette fonctionnalité
  • Ouvrir un fichier envoie des informations sur ce dernier, l’application qui sert à le lire et le temps nécessaire pour l’ouvrir, à des fins d’amélioration des performances

Mais le point réellement problématique, et qui en fera fuir certains, est que le simple fait de taper du texte l’envoie chez Microsoft. Pourquoi ? Pour améliorer deux processus en particulier : l’autocomplétion et la correction automatique.

Une communication spécifique à la phase Preview  

Mais quels que soient les besoins de Microsoft en la matière, les utilisateurs doivent prendre conscience que le moindre mot écrit en utilisant la Technical Preview peut être envoyé. Microsoft compte certainement sur le fait qu’avec son statut de préversion, Windows 10 ne sera utilisé qu’à des fins de tests et que les utilisateurs ne s’en serviront pas pour des activités réellement personnelles.

Il est évident cependant que Microsoft n’opèrera sa collecte d’informations que dans un cadre « tolérable ». The Hackers News notamment, qui rapporte les faits, indique que l’éditeur n’ira pas piocher dans les identifiants de sites, dans les comptes en banque et ainsi de suite. Cependant, si le texte écrit dans un Word peut être envoyé, et même si beaucoup n’y retrouveront rien à redire, l’information est importante.

En outre, Microsoft a répondu à WinBeta qui lui aussi avait abordé le sujet. L’éditeur confirme ainsi que cette récupération d’informations est spécifique à la phase Preview. En d’autres termes, la version finale de Windows 10 ne comportera pas ce système de collecte, une précision d’autant plus importante qu’elle aurait largement de quoi effrayer dans le cas contraire. Notez par ailleurs que cette télémétrie a été abordée récemment par Mary Jo Foley de ZDnet, qui indiquait que Microsoft avait mis en place une nouvelle infrastructure pour traiter en temps réel d’énormes quantités de « feedback ».

On notera que Microsoft aurait sans doute été inspiré d'avertir de manière plus franche les utilisateurs plutôt que de compter uniquement sur la lecture de la licence d'utilisation.


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