Un patent troll perd son procès contre 42 studios et éditeurs de jeux vidéo

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Justice
Kevin Hottot

McRO, une entreprise se présentant comme étant spécialisée dans l'animation, s'est attaquée fin 2012 à 42 studios et éditeurs parmi les plus grands de l'industrie du jeu vidéo. Selon elle, tous enfreindraient deux de ses brevets concernant la synchronisation des lèvres de personnages animés avec un texte. Le juge californien chargé de l'affaire a tranché cette semaine : la plainte était en fait irrecevable, les brevets présentés étant trop abstraits.

Il est très fréquent de voir un personnage parler dans un jeu. Depuis de nombreuses années, les studios utilisent diverses techniques afin de rendre ces phases de dialogue plus naturelles. Si en 1997, les héros de Final Fantasy VII n'avaient pas de bouche pour s'exprimer, depuis, de très gros progrès ont été faits, et dans un titre comme Mass Effect, les techniques employées sont bien plus complexes. L'une d'entre elles consiste a synchroniser les mouvements des lèvres des personnages avec leur parole, et a fait dernièrement l'objet d'une vaste bataille juridique. 

McRO Inc, une entreprise dont il est bien difficile de trouver la moindre trace de son activité sur la Toile, en dehors de ses très nombreuses plaintes à l'encontre de divers grands groupes de l'industrie du divertissement, a ainsi attaqué en justice fin 2012 42 grands studios de jeu vidéo. Le motif invoqué pour ces attaques concerne la violation de deux brevets (à la description identique) publiés en 2003 : les US 6,307,576 et US 6,611,278. Ceux-ci concernent une « méthode pour animer et synchroniser automatiquement les lèvres et l'expression faciale de personnages animés ». 

La plainte de McRO Inc concerne des entreprises telles qu'Activision Blizzard, Bandai Namco, Bethesda, EA, Konami, Rockstar, Sega, Sony, Square Enix, Take Two, THQ, ou encore Valve. En septembre 2013, le cabinet d'avocats défendant McRO annonçait par ailleurs avoir trouvé un accord à 600 000 dollars avec THQ (alors en liquidation) pour mettre fin aux poursuites, tandis que les autres studios et éditeurs continuaient la procédure.

La procédure est allée à son terme hier. Et la Cour du district central de Californie a rendu son jugement : toutes les plaintes déposées par McRO sont irrecevables. Le tribunal a en effet tranché en expliquant qu'une « vague récitation d'un langage informatique générique ne peut pas transformer une idée abstraite, inéligible à l'obtention d'un brevet, en une invention pouvant être protégée par brevet ». La cour a également jugé que les griefs portés par l'accusation étaient bien trop vagues.

Bien évidemment, les studios et éditeurs se sont tous félicités de l'issue heureuse de ce procès. Parmi eux, on citera notamment Activision Blizzard, qui explique que « ce type d'attaque infondée sur les brevets étouffent l'innovation et les processus de création dans toute l'industrie ». 


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