Rising Star : la social TV peut-elle apprendre de ses erreurs ?

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Télévision EDITO
David Legrand

C'était ce jeudi que M6 organisait la grande première de son nouveau show de la rentrée : Rising Star. Énième promesse d'une évolution de la Social TV, grâce à laquelle ce média vieux de 80 ans veut continuer de nous séduire, cette émission affichait de grandes ambitions. Le second écran est-il condamné à n'être qu'une grande déception à l'arrière-goût publicitaire, ou peut-il enfin trouver sa place ?

Alors qu'une exposition retrace actuellement 80 ans d'évolution de la télévision au Centre National des Arts et Métiers (CNAM), les chaînes cherchent à la réinventer. Il faut dire que ce média affichait dernièrement une baisse d'audience en France, et il est attaqué de toutes parts, des offres de SVOD telles que CanalPlay ou Netflix, aux bouquets de chaînes qui misent sur une large diffusion numérique comme OCS, en passant par les géants du web qui veulent faire de services tels que YouTube la TV de demain. Le tout avec des services et des formats publicitaires bien plus dans l'ère du temps.

La télévision reste un canal majeur pour toucher une large audience

Pour autant, la puissance de la télévision ne se dément pas. Que ce soit pour l'information, le divertissement ou pour simplement toucher une large audience, c'est encore là qu'il faut se montrer. Mais il y a urgence à redonner un second souffle à tout cela, et l'émergence des réseaux sociaux ainsi que des smartphones et tablettes a donné naissance à deux notions qui ne cessent de prendre de l'ampleur : le second écran et la Social TV.

Des phénomènes que nous suivons avec attention depuis fin 2012. Et autant dire que si cela permet à certains de se faire mousser et à d'autres de livrer expertises sur expertises en prophétisant une révolution sans commune mesure, on est loin du compte. Chaque année est l'occasion d'annoncer des nouveautés en tous genres : de nouvelles applications, de nouveaux programmes, de nouvelles expériences... mais avant tout de nouveaux formats publicitaires. Et souvent, de faire naître de nouvelles déceptions.

C'est d'autant plus regrettable que les interactions à la télévision n'ont rien de nouveau. On en trouvait en effet déjà à l'époque où le mot « télématique » paraissait futuriste, avec des programmes comme Hugo Délire qui date de septembre 1992 :

La TV veut adapter le numérique à ses habitudes, alors qu'il faut faire l'inverse

Car le monde de la TV tente, comme bien d'autres, de rentrer dans le numérique sans se débarrasser de ses mauvaises habitudes, et ne voit dans le second écran qu'un espace de diffusion qui n'est pas soumis au CSA et à ses limitations en terme de publicité. Bref, un potentiel énorme dont il faut profiter avant tout. 

Résultat, si les premières générations d'applications comme « Devant ma TV » de M6 n'étaient décevantes que du fait de leur ergonomie assez mauvaise et du manque de maitrise des plateformes par les équipes, les solutions suivantes n'étaient guère plus convaincantes tout en devenant insupportable du fait de l'omniprésence de la publicité.

Que ce soit pour des émissions comme Secret Story, The Voice et Top Chef ou les matchs de foot, la moindre vidéo est prétexte à l'intégration d'un spot publicitaire, le logo omniprésent a tendance à devenir un grand bandeau pour vanter le produit de la marque sous n'importe quel prétexte. Sans parler des partenariats « exclusifs » qui n'ont pas vraiment de sens d'un point de vue technique, quand il n'est tout simplement pas question de nous proposer du contenu complémentaire histoire de tenter de nous fourguer un livre de recettes via un site de vente en ligne dont personne n'a pris la peine de l'intégrer correctement.

M6 TV Commerce 6Play

La Social TV, un potentiel gâché... sauf par ARTE et quelques rares exceptions ?

Malgré le gros potentiel du numérique et de ces outils, nous avons donc vécu toutes ces déceptions, les unes après les autres, depuis notre canapé et devant notre TV. Rares sont ceux qui ont su marquer leur différence, même si Arte a réussi à faire un vrai travail d'intégration du second écran à plusieurs de ses programmes ces derniers temps. On regrettera d'ailleurs que la puissance publique n'aille pas vraiment sur ce terrain.

En effet, rares sont les émissions de France Télévisions à réellement proposer de telles interactions. Et si des expériences intéressantes sur quelques programmes, notamment avec les grands évènements sportifs ou Médias le Magazine qui est diffusé chaque dimanche, on se souviendra là encore de la déception complète autour d'un Qui sera le prochain grand pâtissier ?. Bref, près de deux ans après notre première analyse du sujet, le tableau nous semblait bien noir. 

Rising star : le messie ?

Mais il y a quelques mois, M6 est arrivé avec un nouveau concept : Rising Star. Il s'agit d'un programme israélien, véritable carton dans son pays d'origine notamment grâce à un principe simple : plutôt que de voter par SMS à attendre le résultat validé par un huissier, le tout étant soutenu par un suspens un peu lourdingue qui dure cinq bonnes minutes à l'antenne, c'est une application qui est utilisée. Le vote est donc gratuit, le résultat affiché en temps réel, et le public peut se voir affiché à l'écran. Comme toute bonne idée, elle était simple, toute bête, mais néanmoins diablement efficace.

M6 qui a connu une saison 2013-2014 difficile avec des marques qui commençaient à mal vieillir a vu dans cette émission la possibilité d'un renouveau, mais c'était aussi un gros pari. On parle en effet de 600 000 euros par soir, pour une grille qui coûte en général 1 million par jour comme le rappellent nos confrères du Monde. Il ne fallait donc pas se louper, et surtout ne pas recommencer les erreurs du passé au niveau de la Social TV, qui était ici au centre du dispositif, plutôt qu'un complément que l'on pouvait se permettre de mal maitriser.

Le douloureux précédent de #QQJSV et la question de la publicité

Tout s'est donc fait en plusieurs étapes. On a ainsi vu une première tentative d'interaction en prime-time avec un jeu, qui n'était pas diffusé en direct, mais qui permettait à chacun de voter : Qu'est-ce que je sais vraiment ?. Une manière de commencer à dimensionner le dispositif tout en habituant les téléspectateurs au principe mais en limitant la casse puisque le programme n'était pas un réel enjeu. Et le résultat était assez mitigé puisque le premier épisode a donné lieu à de gros plantages, à un mécontentement des participants, et surtout à une réaction assez molle de la chaîne qui avait décidé de se cacher derrière l'excuse d'un succès mal maîtrisé, sans vraiment bien gérer les choses sur les réseaux sociaux au moment du crash.

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Une émission qui continue avec un jeu qui plante... le précédent à éviter

Si les choses se sont arrangées pour les épisodes suivants, il fallait surtout éviter cela sur un programme du niveau de Rising Star. D'autant plus que le programme n'a ensuite pas connu que des succès dans les autres pays. S'il a parfois très bien marché, il a rencontré de gros problèmes techniques au Brésil et a été écourté en Allemagne sur RTL, qui fait partie du même groupe que M6. 

L'autre problématique à régler était celle de la publicité. Car un programme coûteux est aussi un programme qu'il faut financer. Sans l'argent des votes par SMS, cela n'était pas gagné. M6 a donc semble-t-il revu à la hausse le coût de ses spots, et multiplié les partenaires. Il y a quelques jours, l'ensemble du dispositif était d'ailleurs détaillé par sa régie, et autant dire qu'il pouvait nous faire craindre le pire en terme d'encombrement dans l'application, mais nous en reparlerons un peu plus loin.

Un premier test convaincant, un principe simple et efficace

Après un premier test plutôt réussi la semaine dernière (4,6 millions de téléspectateurs), c'était donc jeudi le soir de la grande première. La chaîne a multiplié les explications autour de la fonctionnalité permettant de voter, et n'a pas lésiné sur les moyens pour une fois. Son application 6Play permettait ainsi de voter sur Android, iOS, Windows et Windows Phone. Seuls les adeptes de BlackBerry étaient donc oubliés parmi les plateformes principales. Un site a bien entendu été mis en place et il permettait de répondre à la majorité des questions, le principe de fonctionnement étant finalement assez simple.

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Afin de voter, un utilisateur devait simplement disposer d'un compte. Avant chaque vote il doit s'enregistrer afin que l'on puisse connaître le nombre de votants. Cela suffit à pouvoir apparaître à l'écran. Ensuite, il peut soit voter oui, soit non, soit ne pas exprimer son choix. Une fois le chanteur sur scène, derrière le fameux « mur digital » (oui, il y a forcément une équipe marketing qui vient placer des dénominations sans aucun sens dans ce genre de projet), chaque vote positif incrémente le compteur. Les « experts » peuvent aussi voter et comptent chacun pour 7 %, soit un total de 28 %. Si le compteur dépasse les 70 %, le mur se lève et le chanteur est sélectionné, seuls, les téléspectateurs doivent donc être unanimes pour faire monter le mur. Convaincre 60 % des votants via l'application sera néanmoins nécessaire si les « experts » sont unanimes.

Pendant l'émission, certains se sont manifestés sur les réseaux sociaux pour reprocher le fait que le compteur ne pouvait que grimper. En effet, un vote négatif ou l'absence de vote n'a aucun effet visible. Voter contre, c'est ne pas faire grimper le compteur plutôt que de le faire baisser puisqu'il est question de pourcentage des votants inscrits et non des votants exprimés. On aurait en effet pu imaginer un dispositif où à chaque nouveau vote le compteur indique le pourcentage de pour et de contre, celui-ci pouvant évoluer à la hausse ou à la baisse, mais cela aurait sans doute été moins visuel, moins galvanisant, et moins en relation avec le titre du programme.

Twitter grand gagnant, malgré le partenariat avec Facebook Instagram

Quoi qu'il en soit, notre première bonne surprise venait du principe même de l'inscription. En effet, il était possible de passer par une connexion Facebook assez simple, et qui n'était pas trop curieuse. On aurait pu en effet s'attendre à ce que la chaîne cherche à récupérer des tas d'informations à notre sujet au passage. Ce n'était pas le cas, tant mieux. En plus de votre profil, de votre email et de votre date de naissance, ce qui est assez habituel, il faudra par contre accepter tout de même de partager votre liste d'amis. Notez que rien ne sera publié sur votre profil en votre nom à l'issu de la procédure ou pendant l'utilisation de l'application.

Autre point positif : il était possible de jouer après une simple inscription par mail. Seule contrepartie : votre photo ne s'affichera pas à l'écran, puisque celle-ci est récupérée depuis le compte Facebook. D'aucuns diront que M6 aurait pu proposer un système d'avatar à valider dans l'application, mais le but de la chaîne est sans doute tout de même de maximiser l'utilisation du réseau social, partenaire du programme.

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On s'amusera au passage du fait que Facebook et Instagram aient été annoncés comme les principaux associés à ce dispositif puisque même si la chaîne a annoncé qu'il était possible de devenir candidat à l'issu d'un concours vidéo sur Instagram (Instacast), 6Play proposait surtout une grosse intégration de Twitter pour commenter l'émission. Celle-ci était d'ailleurs plutôt réussie sur iOS puisque le système propose nativement un moyen d'y publier du contenu. C'était un peu moins le cas sur les autres plateformes, mais c'était déjà mieux que pour nos expériences précédentes.

Un dispositif social et des photos encore mal exploités

Seul regret : la barre de tweets constamment présente en tête d'application. Il était en effet possible d'afficher la fenêtre de vote en plein écran  pour ne pas avoir constamment le flux Twitter sur la droite de l'écran, mais on avait alors une sélection de messages qui se mettait constamment à jour en haut de la page, sans aucune possibilité de la mettre en pause ou de la faire disparaître. Dommage.

On notera au passage que M6 n'applique toujours aucune modération, laissant libre cours aux commentaires très négatifs sur l'émission et aux comptes qui veulent profiter du show pour faire parler d'eux. Cela n'est d'ailleurs sans doute pas plus mal lorsque l'on voit qui sont les comptes « VIP » mis en avant, et ce qu'ils apportent par leurs interventions... De plus, avec le volume de messages échangés pour ce genre d'émission, ce serait impossible à gérer.

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Pour le dispositif social, on regrettera aussi deux choses : tout d'abord qu'aucun tweet n'ait été passé à l'antenne. Vu la présence de Twitter dans l'application et la dimension participative du programme, cela nous semblait pourtant être le minimum. Mais l'association avec Facebook a sans doute ici montrée ses limites. De plus, les photos des participants ont finalement été assez peu visibles pendant l'émission. Vu que ceux qui participent le font sans doute aussi pour ça, c'est vraiment dommage.

D'autant plus que l'application n'affichait pas, elle non plus, ces votants d'un soir, à l'exception d'un ou deux comptes sélectionnés et affichés pendant plusieurs minutes chacun. Il en est de même sur le site ou les comptes sociaux du programme, mais c'est assez faible. Un point sans doute à revoir à l'avenir.

On se prend facilement au jeu et l'expérience est plaisante, mais perfectible

Du côté du fonctionnement plus global, l'expérience était plutôt bonne. L'application 6Play a bien évolué au cours du temps, et n'a pas souffert de gros bugs pendant cette soirée. On a tout de même noté quelques éléments décevants. Tout d'abord celui des conditions générales. Il fallait en valider à deux moments, au niveau de l'inscription et au moment d'accepter de participer aux votes. Dans les deux cas, les textes affichés étaient dans une taille minuscules, très juridiques et donc incompréhensibles.

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Le pire étant sans doute le premier cas où l'on n'a même pas réussi à arriver au bout du pavé affiché tant il était long. Après 5 ou 6 glissés du doigt vers le bas, nous avons donc abandonné sa lecture. Dommage de ne pas proposer quelque chose de plus concis. Sachez d'ailleurs que la photo utilisée pendant l'émission peut être exploitée par M6 à diverses occasions, notamment pour la promotion du programme. Attention donc à être au meilleur de votre forme sur celle-ci, et à bien accepter de la partager avec la France entière. Sinon, optez pour l'inscription par mail.

L'autre point à regretter est celui du fond gris derrière les photos des candidats lors du vote. C'est assez anecdotique, mais cela donne un rendu assez cheap à l'ensemble, qui affiche pourtant une assez bonne finition. On se demande pourquoi l'équipe n'a pas utilisé un fond un peu plus dans le thème, plutôt que cette couleur un peu triste qui rend mal au niveau de l'intégration qui nous rappelle les moments les plus sombres de l'histoire du fond vert au cinéma. On regrettera aussi les temps morts entre les votes, et le manque d'interactions avec l'application avec des contenus complémentaires intéressants, plutôt que des messages d'attente.

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Une publicité discrète et des dispositifs pensés dans la continuité de l'émission

Pour ce qui est de la publicité, pour une fois, nous avons été agréablement surpris. Pire, nous avons même trouvé que les dispositifs étaient assez mal exploités et pas assez visibles. La première chose agréable est en effet l'absence de bandeau omniprésent. Deux marques sont affichées de manière permanente via deux carrés, avec une rotation entre les différents partenaires. Premier fait étrange : ces carrés ne sont pas clicables et ne mènent à rien. On aurait pu imaginer un popup intégré à l'application pour nous vanter un produit, nous proposer un petit jeu... il n'en était rien.

Comme c'est désormais le cas pour toutes les applications de ce genre, lors du passage de la publicité à la TV, les marques étaient aussi mises en avant dans le panneau principal de l'application. Cette façon de faire, déjà en partie introduite dans Qu'est-ce que je sais vraiment ? nous semble être plutôt un bon compromis. Pour autant, là aussi nous nous sommes surpris à vouloir cliquer sur les éléments sans que rien ne se passe la plupart du temps, les éléments nous indiquant de nous rendre sur le site de l'émission ou Facebook. Bug, oubli, ou dispositif incomplet ? Impossible à dire pour le moment, il faudra voir au moment de la seconde émission.

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On appréciera aussi l'effort fait pour l'intégration des publicités à l'esprit de l'émission, qui montre qu'il y a eu un réel investissement des équipes et des marques, plutôt que de chercher à nous proposer des éléments intégrés n'importe comment. C'est SFR avec sa marque RED qui a été ici le partenaire le plus présent. Outre le live-tweet assuré par son compte, l'opérateur avait en effet mis en place un « studio connecté » dans lequel les participants s'exprimaient et où des vidéos pouvaient être lues. Son intégration à l'application était assez basique (une page web affichée dans un panneau) et il était par exemple impossible de mettre une vidéo en plein écran, mais cela peut être facilement amélioré et les fans des participants ou du show pourront sans doute trouver leur compte dans ce contenu complémentaire.

Comme indiqué précédemment, on aurait tout de même aimé voir de tels éléments aussi directement dans l'application dans les pauses, sans pour autant retomber dans les travers du questionnaire imaginé par un stagiaire qui pense que c'est une bonne idée de nous demander si Christian Constant est « swag ».

Bref, sans être omniprésente, la publicité savait se montrer mais avait aussi pris la peine de se faire une place au niveau du dispositif. Si cela est sans doute perfectible, M6 montre ici une bonne voie à suivre plutôt que de chercher à nous bourrer de publicités vidéo avec des spots ajoutés jusqu'à la nausée à tous les extraits partagés, comme on peut le voir dans un The Voice par exemple. Attention tout de même, si vous allez sur le site de l'émission, les mauvaises habitudes reprennent : bandeaux, pavés en tous genre, et multitude de trackers sont au programme. Autant dire que nous vous déconseillons de vous y rendre.

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Le studio connecté : une publicité visible, mais une intégration perfectible

Quelques soucis techniques, mais rien de dramatique

D'un point de vue technique, l'émission a rencontré quelques soucis. En effet, rapidement, on a vu quelques votants rencontrer des problèmes, et, avantage du direct, Faustine Bollaert a pu tenter de temporiser même si l'on regrettera toujours que cela soit noyé dans un optimisme surjoué. Le succès était donc imprévu et le programme rencontrait une audience extraordinaire. L'autre manière de dire que l'équipe technique était actuellement sous l'eau mais tentait de tout remettre en ordre.

Globalement, nous n'avons tout de même pas connu la déroute d'un Qu'est-ce que je sais vraiment ?, le compte Twitter de l'émission tentant de rassurer les participants dans la foulée et tout étant à peu près rentré dans l'ordre. Au final, M6 a annoncé jusqu'à 500 000 connexions simultanées, et 3 millions de votes. L'équipe technique sait désormais ce qu'elle doit être capable d'encaisser la semaine prochaine.

La Social TV peut aller dans le bon sens, mais la bataille n'est pas encore gagnée

Après cette expérience, il semble donc clair que les chaînes de TV peuvent vraiment faire quelque chose du second écran et de la Social TV. La révolution annoncée n'est pas encore là, les choses prennent du temps, et il faudra encore attendre un peu avant que les esprits prennent la mesure de tout ce qu'il est capable de faire sur l'ensemble des programme, mais aussi de ce que cela implique comme modération des comportements publicitaires pour ne pas tuer le concept avant même son éclosion. Pour autant, cela nous semble avancer dans le bon sens. Il faut maintenant espérer que les bonnes idées exploitées ici, ou dans d'autres expériences du genre, seront reprises de manière plus large par les différents acteurs, et que les prochains concepts seront l'occasion de bonnes surprises.

Reste la question de la qualité du programme lui-même, qui ne doit pas non plus être oubliée. Et si le show était au niveau et le plateau à la mesure des ambitions de M6, on a tout de même été déçu du reste, surtout du fait d'une Cathy Guetta larmoyante rajoutant une dimension pathos à une émission qui en avait déjà une bonne dose, un David Hallyday absent, deux autres « experts » qui se battaient pour savoir qui serait le meilleur clone (raté) de Simon Cowell.

Si le duo d'animateurs peinait à sauver l'ensemble, le fait de passer une partie de l'écran à regarder notre tablette et à discuter de nos votes sur Twitter ou dans le salon a tout de même participé à faire oublier tout ça. Mais neuf interventions de moins de 3 minutes, cela fait un peu court pour un programme annoncé à 140 minutes, suivi par un complément de 50 minutes.

Reste à savoir si cela donnera aux téléspectateurs l'envie de renouveler l'expérience, l'appréciation d'une émission étant toute subjective. Pour ce premier opus, Médiamétrie a annoncé selon nos confrères du Figaro une part d'audience de 3,7 millions de téléspectateurs, soit 16,9 % de part d'audience, avec une pointe à 4,7 millions. La seule chose qui compte pour la chaîne désormais, c'est d'améliorer son concept suite aux premiers retours et de savoir si la semaine prochaine sera l'occasion de faire mieux, ou pas.


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