1 404 départs chez Bouygues Telecom : les syndicats fulminent

1404 not found 48
En bref
image dediée
Crédits : AndreyPopov/iStock/Thinkstock
Société
Nil Sanyas

Malgré la réduction de 1 516 départs à 1 404 finalement, les syndicats n'apprécient toujours pas la très forte baisse de l'effectif (plus de 15 %) mise en place par Bouygues Telecom. Ils pointent du doigt notamment l'importance grandissante des prestataires externes et l'augmentation de la charge de travail.

Un « coût exorbitant » pour Bouygues

Loin d'être en forte croissance dans le mobile et dynamique dans le fixe suite à ses fortes baisses de prix, Bouygues Telecom a estimé il y a quelques mois qu'il devait réduire drastiquement son effectif s'il voulait continuer l'aventure seul. Pour faire face aux géants Orange et Numericable/SFR et résister à Free, la filiale de Bouygues a donc décidé qu'il devait supprimer 1 516 postes. Un nombre ramené à 1 404 dernièrement suite à des négociations avec les syndicats. Ces derniers n'en demeurent pas plus heureux pour autant.

La CFDT, par exemple, vient de dévoiler un communiqué amer sur cette période délicate. La branche informatique, l'une des plus touchées par la prochaine vague de départ, devra être épaulée par l'extérieur dénonce le syndicat. « On nous a présenté le projet de simplification de notre Système d’information qui va supposer de faire un appel massif à de la prestation externe pendant plusieurs années » peut-on ainsi lire. Une situation « inacceptable » pour la CFDT, qui explique que le plan de départs volontaires cumulé aux prestations externes entraineront finalement un « coût exorbitant » pour l'opérateur.

« Peut-on accorder notre confiance à l’équipe dirigeante ? »

Concernant la branche réseau, elle aussi particulièrement concernée par les licenciements, « la charge de travail à venir sur un réseau très complexe (Cohabitation nouveaux et anciens constructeurs, projet Crozon… ) ne devrait pas permettre au réseau de participer « par solidarité » au plan PDV/PSE » (NDLR : plan de départ volontaire et plan de sauvegarde de l'emploi). La CFDT estime qu'à l'instar de la branche DSI, il y a pour le réseau des risques de pertes de qualité pour les clients, sans compter des risques pour la santé suite à la surcharge de travail.

Le syndicat, très amer, défie d'ailleurs ses patrons et pose la question suivante : « Peut-on accorder notre confiance à l’équipe dirigeante qui n’a pas été capable d’adapter notre entreprise aux nouvelles conditions du marché ? » La CFDT fait ici référence au précédent plan de départ (de 556 employés), censé permettre à l'entreprise d'améliorer ses marges et de résister à la concurrence.

Départs volontaires, et départs contraints

Du côté de Force Ouvrière, si le syndicat comprend que la situation économique est aujourd'hui difficile pour Bouygues Telecom, « nous regrettons que les départs soient contraints et non pas uniquement volontaires » a expliqué Bernard Allain, délégué FO chez Bouygues Telecom. Le syndicaliste estime ainsi que les conditions de départs proposées par l'opérateur ne suffiront pas à convaincre assez de personnel. Ce qui signifie que de départs volontaires, on devra alors l'an prochain passer à la phase des licenciements. « C’est déjà douloureux de voir des destructions de postes, ça l’est encore plus de voir des gens qui n’étaient pas candidats au départ, obligés de partir. »

Concernant la CGT, rappelons à nouveau qu'elle indiquait en juin dernier que ce plan social devait permettre « à Martin Bouygues et aux actionnaires de continuer à s’enrichir tout en poursuivant le Monopoly des Télécoms avec les autres opérateurs. Les soi-disant ennemis ou concurrents d’hier se rencontrent, discutent, se partagent le marché et s’enrichissent. Pour eux, les emplois sont juste une variable d’ajustement pour ne pas perdre leur capital investi et leurs profits. »


chargement
Chargement des commentaires...