12,5 % des jeunes français victimes de cyber-violence selon l’UNICEF

Le péril jeune 113
En bref
image dediée
Crédits : iStock/ThinkStock
Justice
Xavier Berne

D'après une récente étude de l’UNICEF, 12,5 % des enfants français ont déjà été victimes d’actes de cyber-violence ou de cyber-harcèlement (brimades au travers des réseaux sociaux, humiliations en ligne, etc.). Un phénomène au « développement récent » selon l’organisation, qui s’inquiète de l’impact de ces comportements sur le bien-être des jeunes.

L’UNICEF a dévoilé hier les résultats d’une étude d’envergure menée en début d’année auprès de 11 232 jeunes français âgés de 6 à 18 ans (PDF). L’organisation onusienne y fait ressortir l’importance du mal-être chez les enfants et les adolescents : « Les difficultés rencontrées par les [jeunes] se traduisent par des souffrances psychologiques chez un peu plus de 36 % d’entre eux » note ainsi l’agence. Plus d’un adolescent sur quatre (les 12-18 ans) a par ailleurs déjà pensé au suicide.

Plusieurs causes sont avancées par cette étude pour expliquer ce phénomène : niveau de privation matériel, lieu de vie, profil familial, etc. Mais l’UNICEF se dit également inquiète du « développement récent » d’un nouveau type de harcèlement, le cyber-harcèlement, qui joue lui aussi sur le mal-être des jeunes - jusqu’à en conduire certains au suicide. 12,5 % des sondés ont ainsi affirmés avoir déjà été « harcelés ou agressés » via Internet et les réseaux sociaux.

Un phénomène au « développement récent » d'après l'UNICEF

Le développement d’Internet et des nouvelles technologies a en effet permis de prolonger des actes de violence psychologique qui existaient auparavant, comme nous l’avait expliqué la spécialiste Catherine Blaya (voir notre interview) : création, sur des réseaux sociaux tels que Facebook ou Twitter, de comptes au nom d’une victime, lesquels donnent lieu à la publication de contenus inappropriés de type rumeurs, insultes ou menaces ; enregistrement de vidéos sur lesquelles un jeune se fait violenter ou humilier, puis diffusion du tout sur des sites tels que YouTube ou Dailymotion, etc.

D’après l’étude de l’UNICEF, les filles sont davantage victimes que les garçons (13,4 % contre 11,1 %), ce qui s’explique notamment par la plus grande utilisation que celles-ci font des réseaux sociaux. Les « cyber-harcelés » sont également plus nombreux à partir de 15 ans. De plus, l’organisation note que les jeunes vivant dans un quartier insécurisant sont presque deux fois plus nombreux à se dire victimes de cyber-harcèlement que les autres (20,5 %). Dans la même lignée, on remarque que ceux qui vivent avec leurs deux parents ou n’ayant pas de problèmes de privation matérielle sont mieux lotis que les autres.

unicef étude harcèlement

Si l’UNICEF ne tire pas spécialement le signal d’alarme sur ce sujet, l’on rappellera que les autorités ont présenté l’année dernière un plan de lutte contre le cyber-harcèlement scolaire. Le ministère de l’Éducation nationale a ainsi rédigé une circulaire afin que les établissements fassent davantage de prévention, notamment dans les classes, et assurent une meilleure prise en charge des victimes et de leurs parents.

Cet été, le législateur a également introduit dans notre droit un nouveau délit de cyber-harcèlement, lequel prévoit une peine maximale de deux ans de prison et de 30 000 euros d’amende. La sanction encourue peut passer à trois ans de prison et 45 000 euros d’amende si la victime est un mineur de moins de 15 ans. Cet outil supplémentaire avait pourtant été jugé inutile quelques mois plus tôt par le rapport du magistrat Marc Robert, ce dernier estimant notre édifice normatif suffisant en l'état (voir notre article).


chargement
Chargement des commentaires...