L’ANSSI « très réservée » sur les mesures de blocage de sites

ANSSI fait, fait, fait 18
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le mercredi 10 septembre 2014 à 14:51
Marc Rees

Ce matin à Paris, lors de la conférence Cybercercle organisée par Défense et Stratégie, Guillaume Poupard, numéro un de l’ANSSI, a exprimé ses « réserves » sur les mécanismes techniques du blocage. Une mesure qu’entend justement mettre en œuvre le gouvernement dans le cadre du projet de loi sur le terrorisme, discuté la semaine prochaine à l’Assemblée.

Interrogé notamment par la députée UMP Laure de la Raudière, Guillaume Poupard a d'abord confirmé l’intervention de l’ANSSI dans la boucle de ces questions à l’échelle gouvernementale. « Le message que je pousse est de nous consulter sur des questions qui ne soient pas seulement liées à la cybersécurité. »
 
Et quelle a été, sur ces questions, l’analyse de l’Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information ? « Il y a au sein de l’ANSSI des gens qui comprennent ces techniques de blocage et les difficultés à les mettre en œuvre… et savent aussi les contourner. J’ai été amené à signaler le problème de l’efficacité de ces mesures » exposera-t-il avant d’insister sans nuance : « Je suis très réservé sur ces mesures d'un point de vue technique. »
 
En clair, le gouvernement a été alerté par cette agence dédiée à la sécurité, de la porosité du blocage d’accès des sites internet. Mais la prudence technique n’aura pas fait trembler la parole politique : Bernard Cazeneuve a conservé l’article 9 du projet de loi contre le terrorisme, qui confie à une autorité administrative le rôle d’ordonner aux FAI le blocage d’accès des sites faisant l’apologie du terrorisme. Le tout sans passer préalablement devant le juge, lequel aurait pu jouer le rôle de gardien de la liberté de communication et d’information.
Guillaume Poupard et Laure de la Raudière
Crédits : Marc Rees (licence: CC by SA 2.0)

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