Un député propose d’imposer des logiciels « anti-plagiat » aux universités

Vamos à la plagiat 65
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Crédits : Lighthaunter/iStock/Thinkstock
Loi
Xavier Berne

Alors que le développement d’Internet et de l’informatique permet aux étudiants (ou aux doctorants) de plagier plus facilement des articles, un député de la majorité vient de demander à la ministre de l’Éducation si elle n’envisageait pas d’imposer l’utilisation de logiciels « anti-plagiat » à toutes les universités françaises.

Au travers d’une question écrite publiée hier au Journal Officiel, le député Christophe Premat a invité la nouvelle ministre de l’Éducation nationale et de l’enseignement supérieur, Najat Vallaud-Belkacem, à mettre en oeuvre un « plan ambitieux de lutte contre le plagiat ». L’élu socialiste, qui occupait jusqu’ici des fonctions d’enseignant-chercheur, fait ainsi valoir qu’à « l'heure du numérique, de plus en plus de travaux universitaires sont composés de copier-coller ». Avec le développement de l’informatique et des ressources en ligne, certains sont en effet tentés d’aller piocher en quelques clics des extraits sur Internet, sans mentionner ensuite leur source comme il se doit.

Estimant qu'il est « important » de détecter au mieux ce type de fraude au nom du respect de la propriété intellectuelle, Christophe Premat en vient rapidement à évoquer une solution : celle de ces logiciels « anti-plagiat », qui comparent généralement un texte avec différentes sources ayant pu être reprises de manière frauduleuse. Le parlementaire explique à cet égard que plusieurs universités françaises se sont d’ores et déjà dotées de programmes de ce type, et envisage donc une généralisation à toutes les facs. Il demande en effet à la ministre « si les logiciels anti-plagiat pourraient être systématiquement utilisés dans les universités françaises et si la formation à la lutte contre le plagiat pouvait être proposée dans les départements de recherche ».

En cherchant un peu du côté des sites des universités, il est assez facile de trouver des établissements qui affirment utiliser des logiciels anti-plagiat. L’Université de Lyon (qui regroupe notamment Lyon 2, Lyon 3, Jean Monnet St-Étienne, Sciences Po Lyon,…) a par exemple opté pour le logiciel « Magister », de Compilatio, lequel permettrait selon ses concepteurs d’analyser « des millions de documents » : articles de presse, publications scientifiques, blogs, actualités en tout genre, etc. Cette solution française est également utilisée par l’Institut d'Economie et de Management de Nantes ou bien encore l’Université Toulouse 1.

Le plagiat, un problème ancien devenu une « préoccupation sérieuse » avec Internet

Mais quelle est l’ampleur exacte du plagiat en France, au niveau universitaire ? « Si le plagiat n’est pas né avec internet, il est indéniable que leur développement est concomitant » retenait principalement un rapport sur « la fraude aux examens dans l'enseignement supérieur » dévoilé début 2012 par l’Inspection générale de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche (et accessible ici). « Le phénomène du plagiat est intimement lié à la révolution numérique, et il est clair que le développement des technologies nouvelles constitue une cause essentielle de sa progression au sein des établissements au cours des dix dernières années, du premier cycle au doctorat. Avec le développement d’internet, tout étudiant peut devenir, même à ses dépens, un plagiaire occasionnel. Entre s’inspirer et copier, la gamme est immense et les frontières parfois bien minces » était-il indiqué.

Hissé au rang de « préoccupation sérieuse », le plagiat était néanmoins décrit comme un problème ancien, mais pour lequel l’usage de sanctions restait « très rare ». Evoquant le cas des logiciels anti-plagiat, ce rapport recommandait justement à l’exécutif d’engager « une réflexion sur la généralisation » de leur usage. « Une initiative publique en matière de logiciels sous forme de groupements serait sans doute de nature d’une part à élargir le champ des bases de données, d’autre part à offrir davantage de garanties en termes de libertés publiques et surtout à réduire les coûts ».


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