Les marchés prêtent à Activision Blizzard l'envie de croquer Take Two

Bobby la Malice 14
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Crédits : Jordan Miller
Finances
Kevin Hottot

Sur les marchés boursiers, il suffit parfois d'une simple rumeur pour faire varier le cours d'une action de façon importante à la hausse comme à la baisse. Dans le cas de Take Two, il serait question d'une tentative de rachat par Activision Blizzard, ce qui a fait grimper le cours de l'éditeur de Grand Theft Auto V de près de 5 %.

Depuis sa prise d'indépendance vis-à-vis du groupe Vivendi, Activision Blizzard semble se laisser pousser des ailes. L'éditeur de Call of Duty encaisse toujours d'importants bénéfices, plus d'un milliard de dollars sur l'exercice précédent, et certains analystes lui prêtent l'envie d'aller piocher dans ses réserves de cash pour croquer un de ses concurrents.

La cible du géant américain ne serait autre que son compatriote Take-Two, qui édite des franchises telles que BioShockCivilization ou Borderlands, mais surtout l'incontournable série des Grand Theft Auto, dont le dernier volet s'est écoulé à plus de 32 millions d'exemplaires. Une idée qui semble séduire les marchés financiers, le cours de l'action Take Two gagnant 4,5 % de sa valeur en une journée, tandis que celui d'Activision Blizzard n'a pas été perturbé par cette rumeur.

Quand un analyste met le feu aux poudres

L'origine de cette hausse est à chercher du côté d'une note publiée par Mike Hickey, un analyste financier officiant pour Benchmark Company. Selon lui, les deux éditeurs sont engagés depuis peu dans une « romance naissante » et le rachat de Take Two par Activision Blizzard serait quelque chose de logique, et profiterait aux deux parties. L'éditeur de GTA V profiterait ainsi de moyens plus importants que n'importe quel autre acteur de l'industrie, tandis que celui de Call of Duty disposerait grâce à cette acquisition des trois tous meilleurs studios de développement au monde : Blizzard, Bungie et Rockstar. 

Cela permettrait surtout à Activision Blizzard de reposer sur d'autres piliers que World of Warcraft, qui montre ses premiers signes de fatigue, ou que Call of Duty. Un mouvement que l'éditeur avait déjà entamé avec le lancement de Skylanders et qu'il poursuit avec celui de Destiny, prévu pour le 9 septembre.

Toujours selon l'analyste, Rockstar, le plus gros studio de la galaxie Take Two, verrait également cela d'un bon œil, puisqu'on lui prête l'envie d'adapter Grand Theft Auto au cinéma. Activision Blizzard n'est toutefois pas le seul éditeur qui pourrait permettre à Rockstar de financer cette envie, Electronic Arts a ainsi déjà pu amener Need For Speed au cinéma et pourrait très bien le faire avec n'importe quelle autre franchise de son catalogue.

Un rachat est-il vraiment envisageable ?

Si un rachat de Take Two par Activision Blizzard est une perspective qui enchante les actionnaires du premier, est-elle pour autant réaliste ? Electronic Arts avait déjà fait une offre à 2 milliards de dollars en 2008 alors que l'action de l'éditeur s'échangeait à environ 16 dollars. Une proposition que Take Two avait jugée comme étant trop basse. Aujourd'hui, alors que l'action Take Two est évaluée à 23,5 dollars un acquéreur devrait au moins débourser 4 à 5 milliards de dollars, si l'on se base sur le même scénario qu'en 2008. 

Activision Blizzard dispose de 4,2 milliards de dollars en cash, tout juste de quoi financer cette opération diront certains, en pratique c'est un peu plus compliqué que cela. En effet, aux dernières nouvelles, une grande partie du trésor de guerre de l'éditeur (soit environ 2,6 milliards de dollars) se trouverait dans les Bermudes, un paradis fiscal, et faire sortir cet argent lui couterait très cher.

Si Activision souhaite financier son opération, il lui faudra donc s'endetter encore un peu plus. L'entreprise affiche déjà au passif une dette assez lourde de 4,3 milliards de dollars, héritée de sa prise d'indépendance vis-à-vis de Vivendi. Il reste alors à savoir si les actionnaires et les banques seront d'accord pour que la société opère un tel mouvement. 

La dernière solution qui s'offrirait aux deux géants américains serait une fusion. Valorisée à plus de 16 milliards de dollars, Activision Blizzard pourrait croquer très facilement Take Two. Mais là encore, avant d'en arriver à une telle extrémité, il faudrait que l'actionnariat soit de cet avis, aussi bien d'un côté que de l'autre. Finalement, que cette rumeur soit avérée ou non, les deux éditeurs sont encore loin de se dire « oui », et cela ne devrait pas être le cas avant de longs mois, à moins d'un coup de théâtre.


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