Axelle Lemaire confirmée au Numérique, un feu vert pour son projet de loi ?

L'Axelle et le clochard 10
En bref
image dediée
Crédits : Axelle Lemaire (CC BY-ND 2.0)
Loi
Xavier Berne

Confirmée à son poste de secrétaire d’État au Numérique, Axelle Lemaire devra désormais composer avec le nouveau locataire de Bercy, Emmanuel Macron. L’ancienne députée PS aura surtout pour charge de travailler au grand projet de loi sur le numérique, qui n’a pourtant cessé d’être reporté depuis sa prise de fonctions.

Le nouveau gouvernement, présenté hier soir depuis la cour de l’Élysée, confirme de nombreux secrétaires d’État. Parmi eux, l’on retrouve notamment Axelle Lemaire, qui était en charge du Numérique depuis le dernier remaniement.

L’intéressée pouvait pourtant sembler en danger. Rattachée au ministère d’Arnaud Montebourg, Axelle Lemaire avait de surcroît affiché son mécontentement il y a quelques semaines - sur Twitter - lorsque la décision a été prise de transposer la directive « relative aux informations du secteur public » par voie d’ordonnance, alors qu’elle avait jusqu’ici promis que l’intégration de ce texte dans notre droit national se ferait au travers de son grand projet de loi sur le numérique. Députée jusqu’à son arrivée à Bercy, en avril dernier, la secrétaire d’État au Numérique avait assez clairement laissé transparaître son désaccord vis-à-vis de cet arbitrage qui lui était défavorable.

Le bilan de ces cinq mois à peine passés auprès du ministre de l’Économie et du Numérique se révélait par ailleurs bien léger : la secrétaire d’État n’a présenté aucun texte, et a parfois pu irriter certains de ses collègues. Selon nos informations, ses prises de positions en faveur de l’apprentissage du code à l’école primaire lui ont notamment valu quelques vives remontrances de la part de l’Éducation nationale.

Un évincement aurait probablement tué le projet de loi numérique dans l’oeuf

Un départ d’Axelle Lemaire aurait surtout pu signifier une mort prématurée pour le futur grand projet de loi sur le numérique, promis sous l’ère Ayrault pour « début 2014 au plus tard », et qui peine encore et toujours à pointer le bout de son nez. Car c’était là le principal « actif » de la secrétaire d’État au numérique : amorcer une grande concertation nationale menée sous l’égide du Conseil national du numérique, dans l’objectif de porter ensuite le texte devant le Parlement. « Ce n'est pas pour rien qu'il y a une secrétaire d'État en charge du Numérique ! » nous confiait d’ailleurs la ministre Marylise Lebranchu quelques semaines après la nomination de l’intéressée.

raudière lemaire

Désormais, le défi d’Axelle Lemaire consistera d’une part à assurer la réussite de cette concertation qui devrait débuter dans les prochaines semaines, autour de ces trois grands thèmes (comme elle nous l’avait expliqué au cours d’une interview) que sont l’innovation, la question des données - personnelles comme publiques - et la modernisation de l’action publique. D’autre part, ce sera d’arriver à porter les fruits de ces travaux devant le Parlement, en arrivant à convaincre une tête de l’exécutif qui semble relativement frileuse sur les questions numériques. Le tout avec un agenda relativement chargé du côté du Parlement.

L’intéressée a réagi hier à sa nomination en affirmant sur Twitter que « la République numérique est en marche ».


chargement
Chargement des commentaires...