90 % des lignes fixes en France sont désormais éligibles au dégroupage

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Crédits : metrokom/iStock/Thinkstock
FAI
Nil Sanyas

Une barre symbolique vient d'être récemment atteinte en matière de dégroupage : 90 % des lignes françaises sont désormais potentiellement éligibles au dégroupage. Une bonne nouvelle, fruit des efforts importants réalisés ces dernières années par SFR et Free, qui font tout pour dégrouper les NRA afin d'offrir plus de services.

Le dégroupage comme arme anti-Orange

Pour contrer Orange et attirer les abonnés, la meilleure méthode pour la concurrence est de dégrouper les NRA (Noeuds de Raccordement d'Abonnés). Si cela implique de se rendre dans chaque local technique afin d'y installer le matériel, cela permet surtout de toucher des centaines voire milliers de foyers à chaque fois. Pour l'opérateur, l'investissement offre un accès direct aux clients potentiels, ce qui permet à la fois d'accéder à plus de services (double play, triple play, etc.) et de se désabonner à l'abonnement de téléphonie fixe de base d'Orange.

Selon les dernières données de l'ARCEP, au 31 mars 2014, plus de 23,85 millions de lignes de téléphonie fixe passent par une large bande, et 18,5 millions en ADSL n'ont aucun abonnement en RTC (pour la téléphonie donc). « La quasi-totalité des abonnements internet à haut ou très haut débit (95%) sont par ailleurs couplés avec un service de téléphonie sur large bande » remarque l'autorité, qui rappelle que désormais, 61 % des abonnements de téléphonie fixe sont liés à des abonnements Internet.

Une guerre entre SFR et Free

Aujourd'hui, si Free et SFR cumulés comptent plus de clients qu'Orange, c'est en grande partie du fait du dégroupage. Il faut dire que les deux opérateurs font tout pour se rapprocher des clients. Chaque trimestre, Free se vante d'ailleurs de disposer du taux d'abonnés dégroupés le plus important en France parmi les grands opérateurs, avec un taux record de 95,30 % au 31 mars dernier, soit 5,44 millions d'abonnés sur 5,71 millions.

SFR carte fibre dégroupage

La carte SFR sur la fibre et le dégroupage (zones grises foncées)

L'opérateur au carré rouge le domine néanmoins en nombre de lignes dégroupées, en partie grâce à divers partenariats, dont celui avec Axione qui lui permet d'accéder à des centaines de NRA supplémentaires. Sur son site, SFR indique même être « le 1er dégroupeur en France avec un total de 6 200 NRA dégroupés à fin 2013, permettant à plus de 23 millions de Français (soit 85% des foyers) de bénéficier d’une offre ADSL Triple Play : Internet, TV, Télévision ».

Paris à 100 %, la Creuse un peu moins

Et les deux concurrents principaux d'Orange ont encore dégroupé massivement ces derniers mois. Résultat, selon Stats-Degroupage.fr, le taux de couverture du dégroupage potentiel en France est désormais de 90,06 % précisément.

Cela signifie donc qu'une partie non négligeable des 15 319 NRA du pays est concernée, et qu'environ 28 millions de lignes sont (ou seront) dégroupées par au moins un opérateur. Bien entendu, tous les départements ne sont pas logés à la même enseigne. Paris, la Seine Saint-Denis ou encore le Territoire de Belfort sont par exemple dégroupés à 100 % par SFR et Free, et de très nombreux départements dépassent les 90 %. À l'opposé, la Creuse est délaissée par Free (24,91 %) et SFR n'a que peu d'égard pour la Lozère (32,88 %).

Une progression gigantesque ces dernières années

S'il y a encore des efforts importants à faire dans plusieurs départements, notamment les moins peuplés ou encore les montagneux, aujourd'hui, toutes les grandes villes sont dégroupées par SFR et Free, même si cela n'implique pas forcément de bons débits il faut le rappeler. Et Bouygues Telecom n'est pas en reste, principalement en Île-de-France et les autres villes majeures du pays (Lyon, Marseille, etc.). Et rien n'indique que nous allons en rester là, le but ultime des opérateurs étant bien entendu de dégrouper quasi 100 % du territoire. Cela risque toutefois de prendre un certain temps.

Notez que selon l'ARCEP, 86,3 % des Français avaient la possibilité d'accéder à une ligne dégroupée en mars 2013, représentant ainsi 40 % des NRA. Cinq ans plus tôt, en mars 2008, le dégroupage total concernait à peine quatre millions de lignes (contre 11,1 millions aujourd'hui), « offrant ainsi à 69,7 % de la population française de bénéficier d'une offre en dégroupage ». Deux ans plus tôt, en mars 2006 donc, nous venions de passer la barre des 3 millions de lignes dégroupées, mais plus des deux tiers ne l'étaient que partiellement. Le chemin parcouru ces dernières années est donc gigantesque.


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