Un producteur se plaint à nouveau du manque de sanctions contre les pirates

Chiche de faire un sous-titre sur le nom du producteur 135
En bref
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Crédits : Zinkevych/iStock/Thinkstock
Hadopi
Xavier Berne

La tribune signée la semaine dernière par le producteur Jean Labadie continue, telle une boule de neige, d’entraîner différentes réactions. Hier, c’est Manuel Chiche qui a pris sa plume pour répondre au secrétaire général de l’Hadopi, Éric Walter, qui était lui-même intervenu jeudi dernier pour répondre à Jean Labadie.

Manuel Chiche, qui est également producteur (et accessoirement co-distributeur et co-acheteur du film « The Raid 2 » avec Le Pacte, société présidée par Jean Labadie) affirme d’entrée qu’il « est vrai que nous, « petits distributeurs et producteurs », ne lisons pas vos études [celles de la Hadopi, ndlr]. Certainement parce que nous essayons d’abord de maintenir nos entreprises à flot et sauvegarder les emplois qu’elles génèrent, en engageant et payant des sociétés pour essayer de protéger (ou du moins de limiter la casse) nos films des visionnages illicites. » Ambiance.

Manifestement remonté contre l’argument brandit par Éric Walter concernant l’offre légale, le professionnel du cinéma a soutenu, tout comme Jean Labadie dans nos colonnes, que celle-ci était aujourd’hui suffisante. « Cette offre légale existe, l’ensemble de nos œuvres y sont représentées » affirme-t-il en ce sens. « Il ne faut jamais perdre de vue que le piratage est avant tout une conséquence de la carence de l’offre légale, jamais la cause » avait notamment répliqué le locataire de la Rue du Texel, en réponse aux attaques à l'encontre d'une Hadopi « devenue inutile » face aux pirates selon Jean Labadie.

L'impunité des « pirates » à nouveau pointée du doigt

Mais alors, que faire ? « Ne doit-on pas plutôt rendre plus flexible cette désormais fameuse « chronologie des médias » ? Ne doit-on pas, à un moment, simplement sanctionner les pirates ? » demande alors faussement Manuel Chiche. Une nouvelle fois, l’argument de la prétendue « impunité » dont profiteraient les internautes qui téléchargent illégalement - du fait de l’inertie des pouvoirs publics - est mise sur la table. « Les pouvoirs publics ont laissé la situation se dégrader totalement » clame ainsi le producteur.

Manuel Chiche finit par interpeler Éric Walter : « Quand sanctionnerez-vous les plateformes qui offrent, contre une somme forfaitaire et mensuelle assez faible, tous ces films en même temps, voire parfois avant leur sortie en salles ? Quand sanctionnerez-vous ceux qui, sur les réseaux sociaux, mettent à disposition des liens de streaming ou de téléchargement ? ». Les condamnations, tant de particuliers ayant illégalement téléchargé des films que de responsables de sites de piratage, ne manquent pourtant pas à l’appel (voir par exemple ici, ,  ou encore ).

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Le retour des amendes automatiques

Rappelons au passage qu’en matière de téléchargement illégal, Jean Labadie a plaidé hier en faveur d’une amende automatique (et graduée), sans attendre d’avertissement. « Si vous dites « celui qui est pris a une amende de 15 euros, puis de 50 euros à la deuxième fois », et non pas dix personnes sur un tiers des internautes, croyez-moi, ça fera bouger les gens ! » nous expliquait-il hier, rejoignant de fait la position défendue de longue date par certains professionnels de la musique.

Pour autant, il n’est pas sûr que toutes ces prises de position fassent réellement avancer le débat et influencent grandement la ministre de la Culture. La semaine dernière, l’ex-opposante a en effet renouvelé son soutien au dispositif de riposte graduée (laquelle « demeure pertinente et opérationnelle ») et réaffirmé son souhait de « mettre l’accent sur la lutte contre la piraterie commerciale », dans la lignée des outils préconisés par Mireille Imbert-Quaretta.


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