Initiation des enfants au code : les explications du ministère de l’Éducation

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Loi
Xavier Berne

Alors que la question de l’initiation des enfants au code continue de susciter le débat, Next INpact vient d’obtenir des explications supplémentaires du ministère de l’Éducation nationale. Ce dernier nous a confirmé que les sessions d’éveil qui seront dispensées à partir de la rentrée prochaine se feront bien en dehors du temps scolaire, de manière facultative et par le biais d’associations. La Rue de Grenelle soutient par ailleurs que l’exécutif veut avancer sur la question des programmes, même si la réalité est plus éloignée que ce que laissent entendre les dernières déclarations du ministre. 

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Crédits : Assemblée nationale

L’engagement de Benoît Hamon, pris le week-end dernier auprès du Journal du dimanche, se révélait mesuré et concis : « Dès septembre, je favoriserai en primaire une initiation au code informatique, de manière facultative et sur le temps périscolaire ». Chaque mot semblait en ce sens finement pesé, afin de ne pas trop brusquer et réussir malgré tout à marquer les esprits...

Mais concrètement, que va-t-il se passer à partir de la rentrée prochaine ? Contactée pour davantage d’explications, la Rue de Grenelle répond que « le ministre souhaite encourager une offre d’initiation aux sciences de l’informatique dans le cadre des temps périscolaires dégagés par les nouveaux rythmes [scolaires, ndlr]. Plusieurs associations proposent des modules d’initiation ; le ministre souhaite favoriser l’essaimage de ces bonnes pratiques. Mais il ne revient pas au ministre de définir un programme dispensé en option dans le cadre périscolaire. »

En clair, trois éléments importants se dégagent :

  • Premièrement, il s’agira donc bien d’initiations optionnelles, sur lesquelles le ministre n’a en fait pas de pouvoir, puisqu’elles relèvent en principe du choix des communes.
  • Deuxièmement, il s’agira d’initiations ayant lieu durant le « temps périscolaire », c’est-à-dire pendant les « heures qui précèdent et suivent la classe [et] durant lesquelles un encadrement est proposé aux enfants scolarisés ». Typiquement, cela correspond au temps le matin avant la classe, pendant la pause de midi ou bien après les cours (études surveillées, etc.). 
  • Troisième chose, ce ne sont pas des enseignants qui s’occuperont d’initier les enfants, mais des intervenants extérieurs. En l’occurrence, des associations. La définition du contenu précis de ces initiations sera donc essentiellement entre les mains de ces acteurs (voir à ce sujet notre article sur l’appel lancé par l’exécutif afin de « structurer une offre nationale »).
Informatique école
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« Il faut bien distinguer l’offre périscolaire, qui sera une initiation proposée par des associations (certaines le font déjà pour les 7-11 ans dans les bibliothèques municipales) et que le ministre souhaite encourager, du programme scolaire obligatoire, insiste la Rue de Grenelle. Sur la définition [du programme scolaire obligatoire], elle est en cours. La question du moment de son insertion dans le cursus obligatoire est encore ouverte à ce stade. » Autrement dit, ces initiations au code sont encore loin d’être effectuées par des enseignants sur le temps scolaire, et de manière obligatoire pour tous les écoliers. Peut-être que ce ne sera d’ailleurs jamais le cas.

Le code informatique dans les programmes scolaires ? Pas de changement avant 2016

Et au collège ? Benoît Hamon avait affirmé dans le JDD que l’initiation au code informatique devrait selon lui « être inscrite dans les programmes du second degré ». Mardi, devant les députés, il a enfoncé le clou, annonçant « l’inscription dans les programmes des collèges, demain, des principes des langages de programmation afin que tous les élèves soient capables de réaliser des applications simples ».

Sauf que l’ambition affichée du ministre de l’Éducation ne colle pas vraiment avec la réalité des faits... « Dans le cadre de la refonte des programmes, qui se fera sur la base du socle commun de connaissance et de compétence, un programme « numérique » (incluant sciences de l’informatique dont le langage) sera défini » démine-t-on Rue de Grenelle. Les services du ministère de l’Éducation précisent bien que ce nouveau programme « entrera en vigueur en 2016 », et non dans un futur proche, comme le laisse entendre Benoît Hamon.

« Le ministre a engagé les travaux de définition de ce programme et des modalités de son apprentissage. Les travaux débutent tout juste » ajoute-t-on à cet égard.  


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