Espagne : Gowex en faillite, son fondateur doit payer une caution de 600 000 €

Allez en prison, ne passez pas par la case départ (ou payez une caution) 3
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Crédits : StockMonkeys.com (CC BY 2.0)
Société
Nil Sanyas

L'affaire Gowex a passé un nouveau cap ces derniers jours, depuis les aveux de son PDG d'une manipulation des comptes. Nous venons ainsi d'apprendre que le spécialiste du Wi-Fi gratuit a demandé hier à entrer en faillite pour « insolvabilité imminente ». Le patron aurait pour sa part fraudé sur bien plus que quatre ans et il doit désormais trouver 600 000 euros afin d'éviter la prison.

Gowex Wi-Fi marseille

Gowex est (ou était) présent en France, notamment à Marseille ou encore à Bordeaux

Petit rappel : Gowex est une société espagnole qui s'est spécialisée dans la fourniture d'un accès gratuit à Internet via Wi-Fi. Elle a ainsi ces dernières années signé des accords dans de nombreuses villes d'Europe (notamment en France) ainsi qu'en Amérique et en Asie. En croissance constante, la start-up était l'une des grandes réussites espagnoles. Une réussite basée sur du vent comme l'a dévoilé le 1er juillet dernier la compagnie Gotham City Research. Cette dernière a ainsi estimé que les comptes de Gowex avaient été manipulés, ce qui a ensuite été confirmé officiellement par la direction de la jeune pousse.

600 000 euros de caution et interdiction de quitter le territoire

L'affaire Gowex n'est toutefois pas terminée, loin de là. Après la confession et la démission de son PDG, ce dernier risque désormais la prison. Selon le site officiel de la Haute Cour d'Espagne, Jenaro Garcia, l'ex-patron de Gowex, est en libération conditionnelle. Il dispose de 15 jours pour payer 600 000 euros en cash afin de s'acquitter de sa caution et donc éviter la prison immédiatement. Une somme surmontable pour Pedraz sachant qu'il dispose de plus de 3 millions d'euros dans un compte au Luxembourg selon ses propres aveux à la justice.

L'ex-patron reste contraint de rester sur le territoire (son passeport lui a été retiré) et surtout, il ne s'agit pour lui que d'une accalmie. En effet, s'il devrait éviter la prison à court terme, il risque toujours au moins dix ans d'enfermement selon la Haute Cour rapporte l'agence Reuters. Bon point pour Jenaro García néanmoins, la justice espagnole indique que le fondateur de Gowex a reconnu les faits et s'est engagé à collaborer avec la justice, ce qui pourrait avoir une incidence sur sa peine finale.

10 ans de fraudes et un endettement multiplié par 12

Concernant la société en elle-même, El Pais indique qu'une demande de faillite à la Cour a été faite pour état « d'insolvabilité imminente ». Il faut dire que la compagnie fait face à de multiples blocages financiers par les banques, en sus de nombreuses résiliations de contrats et d'annulations de projets à venir. Afin de protéger ses actifs et ses employés, la demande de faillite est ainsi devenue indispensable.

Nos confrères espagnols rajoutent que les comptes de Gowex n'ont pas été falsifiés sur les quatre dernières années, mais plutôt sur la dernière décennie, sachant que l'entreprise a été créée en 1999. Garcia a notamment indiqué que sa société a connu des difficultés en 2004, ce qui expliquerait les raisons de la première fraude. Il faut de plus prendre en compte que la start-up a multiplié par douze son endettement en quatre ans et que de très nombreuses banques lui ont prêté des dizaines de millions d'euros.

Selon El Pais toujours, la Banca March lui a même prêté 5 millions d'euros... cinq jours avant le scandale. Dans notre précédente actualité, nous avions d'ailleurs noté que Gowex annonçait il y a quelques semaines à peine le lancement de ses services dans de nouvelles villes françaises (à Carrières-sous-Poissy et Enghien-les-Bains). Mieux encore, le jour même où Gotham City Research dévoilait la supercherie, Gowex accueillait dans ses bureaux à Madrid la maire de la capitale espagnole, accompagnée de plusieurs personnalités politiques.

Notons enfin qu'en bourse, l'action est toujours bloquée après avoir perdu plus de 60 % sa valeur en deux jours il y a deux semaines. Sa valeur est ainsi passée de 1,4 milliard d'euros à 570 millions d'euros en moins de 48 heures.


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