E-administration : l'exécutif promet un « coup de booster sur l'innovation »

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Crédits : Dacian_G/iStock/Thinkstock
Loi
Xavier Berne

Alors que différents rapports ont récemment plaidé en faveur d'une revalorisation du rôle et des fonctions des développeurs au sein de l’État, le nouveau secrétaire d’État en charge de la Réforme de l’État vient de promettre un « coup de booster sur l'innovation ». Auditionné par les députés, Thierry Mandon a en effet détaillé la façon dont le gouvernement entendait accélérer la « conversion numérique » de l’administration française. 

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Mercredi dernier, était organisé à l’Assemblée nationale une audition de cinq ministres suite à la publication, quelques semaines plus tôt, du rapport des députées Corinne Erhel et Laure de la Raudière à propos du développement de l’économie numérique en France. Parmi les membres du gouvernement passant ainsi sur le « gril » de la Commission des Affaires économiques, se trouvait Thierry Mandon, le nouveau secrétaire d’État chargé de la Réforme de l’État et de la simplification.

Des succès « fragiles » en matière d’e-administration en France

Étant donné qu’une partie de ce rapport parlementaire visait à « mettre l’action publique à l’heure du 2.0 », celui dont le décret d’attribution prévoit qu’il sera notamment en charge du « développement de l’administration numérique » a très logiquement été invité à évoquer le sujet de l’e-administration. « Je pense qu'il y a un potentiel transformateur du numérique extrêmement fort, non seulement pour adapter des réponses, mais même pour les process d'organisation de l'État » a ainsi déclaré Thierry Mandon. Selon lui, il y a au sein même de l’État une prise de conscience « récente mais forte » du potentiel du numérique.

Le secrétaire d’État a ainsi donné en guise d’exemple plusieurs « succès réels » tels que la déclaration d’impôts sur Internet, ou bien encore l’ouverture il y a quelques mois du portail de cours universitaires en ligne « France Université Numérique ». Thierry Mandon s’est cependant bien gardé d’encenser la situation. L’intéressé a en effet expliqué que ces succès restaient « assez fragiles ». Et pour cause : « Il y a de l'innovation numérique dans chacun des ministères. Elle est inégalement reconnue, et parfois quand elle existe elle est le fait de pionniers qui fonctionnent un petit peu par tolérance des administrations centrales, voire même parfois des ministres, et en marge de l'organisation, qui reste inchangée ».

Thierry Mandon promet une « démultiplication » de la conversion numérique

« On va bouger ! » a néanmoins promis Thierry Mandon. D’après lui, « la conversion numérique dans l'État va être renforcée, va même être démultipliée ». L’ancien député socialiste, spécialisé dans la simplification, a indiqué que le numérique était l’un des trois grands chantiers de la réforme de l’État évoqués lors du dernier Conseil des ministres.

Comment compte procéder l’exécutif ? « La méthode pour cette accélération, c'est premièrement, le développement d'un certain nombre de programmes transversaux qui obligent au décloisonnement de l'organisation en silos de l'informatique d'État » a affirmé le secrétaire d’État. Thierry Mandon a ainsi fait référence au programme « Dites-le nous une seule fois », qui permettra à partir du 1er janvier 2017 « que l'usager ne donne qu'une fois ses données et celles-ci seront valables pour l'ensemble des administrations ». Cette annonce est toutefois un peu étrange dans la mesure où le CIMAP de décembre dernier prévoyait effectivement un coup d’accélérateur sur ce programme, mais uniquement à destination des entreprises (et non pas de l’ensemble des usagers).

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Deuxième moyen : « la mutualisation d'un certain nombre de fonctions », notamment en matière de données. Celles-ci « seront traitées de manière mutualisée avec une équipe interministérielle qui gérera tout ça et qui va permettre de créer une culture commune - ce qui n’est pas le cas aujourd’hui » a déclaré Thierry Mandon, sans plus de précision.

Troisièmement, le secrétaire d’État a promis un « coup de booster sur l'innovation » au sein même de l’État. Cela passera tout d’abord par « le développement des interfaces entre les administrations et l'écosystème des entreprises du numérique », en référence aux « réponses très intelligentes » développées par certaines start-ups. Ce mouvement devrait d’autre part être accompagné par une attention particulière à l’égard des « innovateurs numériques » évoluant au sein de l’administration, qui sont d’après lui « vraiment en dessous de la cave, plus ou moins étouffés par leur hiérarchie ». L’idée est de les aider à remonter à « des niveaux hiérarchiques qui leur permettront d'être beaucoup plus opérationnels ».

De nouvelles propositions promises pour janvier 2015

Au-delà des décisions prises la semaine dernière en Conseil des ministres, Thierry Mandon a annoncé que l’exécutif allait présenter en janvier 2015 de nouvelles propositions « très concrètes » en matière d’e-administration. L’intéressé a expliqué que le gouvernement venait d’engager une réflexion qui aboutira « par une grande conférence suivie d'un séminaire gouvernemental qui s'appelle « L’État de demain » », et dont l’un des volets est dédié au numérique.


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