Voitures sans pilote : des premiers tests sur les routes françaises dès 2015

Il faudra engueuler le véhicule et non le chauffeur dorénavant 202
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Nouvelle Techno
Nil Sanyas

Alors qu'aux États-Unis et même au Royaume-Uni, les véhicules autonomes sont testés depuis un moment directement sur les routes (et non sur de simples circuits), la France devrait les rejoindre d'ici peu. La semaine dernière, le cinquième comité de pilotage des 34 plans de la Nouvelle France industrielle a fait un point d'étape. On y a parlé robotique, Big Data, e-éducation, objets connectés, cloud computing, réalité augmentée, TGV et... voitures sans pilote.

Voiture sans pilote gouvernement

Si le sujet de la voiture autonome a déjà été abordé en France, jamais aucune précision n'a été indiquée jusqu'ici. L'an passé, lors d'une entrevue accordée à Europe 1, Arnaud Montebourg annonçait par exemple que ce projet était bien étudié, sans plus de détails. En février dernier, Frédéric Cuvillier, le ministre des Transports, présentait un projet visant à mettre en place lors des prochaines années « 2 000 km de routes connectées » (à Bordeaux, en Isère, en Île-de-France et à Strasbourg). Concernant le cas spécifique des véhicule sans pilote, le ministre se contenta de déclarer que « 54 millions d’euros seront consacrés par le Plan d’investissement d’avenir à cette question de l’automobile de demain, qui inclut le plan industriel sur la voiture automatique sans chauffeur, sujet auquel je travaille avec Arnaud Montebourg ». Là encore, toujours sans précision.

« Faire de l’industrie française de l’automobile (...) une des pionnières »

La semaine dernière, le point d'étape sur les 34 plans de la Nouvelle France industrielle a permis d'en savoir bien plus sur les ambitions du gouvernement en la matière. Nous apprenons ainsi que l'Hexagone souhaite construire des véhicules intelligents et autonomes. « Équipés de capteurs et de systèmes de commande innovants, ces véhicules contribuent à renforcer la sécurité routière et à dégager à terme pour le chauffeur, en toute sécurité, un nouveau temps libre ou productif » explique-t-on.

Plus précisément, alors que la plupart des constructeurs mondiaux affutent leurs véhicules autonomes pour 2020, le gouvernement compte « faire de l’industrie française de l’automobile et du transport une des pionnières dans la conception des véhicules autonomes pour tous ». Comment ? Tout d'abord, l'État compte « permettre des expérimentations en toute sécurité afin de démontrer l’amélioration de la sécurité routière et de lever les obstacles réglementaires, sociaux et matériels à leur déploiement ». Un point crucial qui sera accompagné d'une étude sur l’impact socio-économique de ces véhicules. Qui plus est, il est indiqué que l'objectif est aussi de « développer les technologies nécessaires » à ce type de voitures.

« La France sera reconnue comme une terre d’expérimentations du véhicule autonome »

Concrètement, des essais « en route ouverte » auront lieu dès l'an prochain. Des projets de recherche et développement seront également lancés en 2015. Le but est donc aussi d'envoyer un message aux constructeurs du monde entier : « la France sera reconnue comme une terre d’expérimentations du véhicule autonome, un centre d’excellence de l’intelligence embarquée, et un leader en sécurité des systèmes complexes. Un marché de plusieurs milliards d’euros à l’échelle mondiale d’ici à dix ans s’ouvre à ceux qui sauront être les pionniers. » Nous pouvons néanmoins nous demander s'il n'est pas trop tard, alors que certains pays sont déjà dans cette situation depuis un, deux voire trois ans.

La synthèse des actions du plan nous apprend tout de même que dès la fin de l'année 2014, un texte réglementaire autorisant l'expérimentation sur route ouverte sera déposé. Toujours fin 2014, un appel à projet de véhicule autonome sera lancé. Dès 2015, outre certaines zones pilotes ouvertes, une coopération avec la Chine et la Corée sera mise en place. Des standards et des réglementations seront aussi proposés pour les expérimentations.

Entre 2016 et 2018, les expérimentations en situation réelle passeront des chaussées séparées aux sites urbains puis péri-urbains. Qui plus est, un label « Véhicule Autonome Sûr » sera déployé. Des supports de formation seront aussi mis en place, tout comme un fonds d'assurance spécifique à ce type de véhicules. Enfin, en 2019 et 2020, des normes sur les processus et une définition des standards des règles de tests seront appliquées. Et des équipements nécessaires de bords de route pour la connectivité seront aussi déployés, preuve que les choses sérieuses débuteront.

Notez que le chef de projet de ce plan est ni plus ni moins que Carlos Ghosn, l'actuel patron de Renault/Nissan. Le groupe PSA l'accompagnera, tout comme les Valeo, Michelin, Ligier, la RATP, Dassault Systèmes, STMicroelectronics, le CNRS, l'INRIA, Telecom Paritech et des dizaines d'autres sociétés et acteurs publics.


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