Le ministre de l’Éducation veut « mieux former les élèves français au code »

Code à la joie 127
image dediée
Crédits : badmanproduction/iStock/Thinkstock
Loi

Alors que la question de l’apprentissage du code de l’informatique à l’École revient régulièrement sur le tapis depuis quelques mois, le ministre de l’Éducation nationale Benoît Hamon a affirmé la semaine dernière devant l’Assemblée nationale qu’il était favorable à ce que les élèves bénéficient d’une initiation au code, au collège voire éventuellement dès le primaire. 

hamon

Il y a plus d’un mois et demi, les députées Corinne Erhel et Laure de la Raudière dévoilaient un volumineux rapport consacré au développement de l’économie numérique en France. Parmi les nombreuses pistes proposées (voir notre synthèse), plusieurs visaient à améliorer et renforcer la formation au numérique au sens large, en commençant par celle des plus jeunes. Ainsi, il était notamment préconisé d’éveiller les jeunes au code dès l’école primaire, sur le modèle de l’éveil au dessin, à la musique ou aux langues étrangères.

Du coup, lorsque le ministre de l’Éducation nationale s’est rendu à l’Assemblée nationale la semaine dernière pour être auditionné à propos de ce fameux rapport, il n’a pas manqué d’être interrogé sur cette proposition phare. Que pense-t-il de la préconisation des parlementaires ? « Je suis favorable à ce que, dans le cadre de la réforme des rythmes scolaires, nous puissions réfléchir à la manière d'inciter un certain nombre de territoires, d'écoles, de collectivités à initier les élèves du primaire au code et au langage informatique » a répondu Benoît Hamon. Une façon de faire comprendre qu'il n'est pour l'heure pas question de faire de passage en force, mais qu’il est possible de laisser les villes proposer une telle initiation dans le cadre d'activités périscolaires.

Le code inclus dans le futur socle de connaissance des élèves français

Le locataire de la Rue de Grenelle a surtout insisté sur le fait que le projet de « socle commun de connaissances, de compétences et de culture » qui devrait entrer en vigueur à la rentrée 2016 fait expressément référence à la question du code. Voici pour rappel ce qui est proposé par le Conseil supérieur des programmes :

« L'élève sait que les équipements informatiques utilisent une information codée et il est initié au fonctionnement, au processus et aux règles des langages informatiques ; il est capable de réaliser de petites applications utilisant des algorithmes simples. »

Jusqu’ici, le problème était que ce texte n’est qu’un projet, puisque le ministère de l’Éducation nationale garde le dernier mot en validant par décret les dispositions qui l’intéressent. D’autre part, il s’agit des connaissances que l’élève devra avoir à la fin de sa scolarité, mais rien ne précise à quel moment il devra en faire l’acquisition. Autrement dit, cette initiation au code pourrait débuter aussi bien à l’école primaire qu’au collège...

hamon

« Nous entendons nous appuyer sur la réforme des rythmes scolaires pour que cette initiation au code et au langage informatique puisse commencer dès le primaire » a néanmoins affirmé Benoît Hamon, laissant clairement entendre qu’il soutiendrait cette version du socle.

Le ministre est toutefois resté prudent : « Il me paraît prématuré de vouloir resserrer les apprentissages fondamentaux au primaire par l'ajout d'un enseignement obligatoire au code. Cela étant, au collège, cela peut parfaitement s'inscrire dans ce qui relèvera du socle de connaissances et de compétences des élèves et donc nous avons là une véritable opportunité de mieux former les élèves français au code. » Selon l’intéressé, les professeurs de technologie seraient d’ailleurs « très demandeurs de pouvoir porter ces enseignements-là ».

En réponse aux questions des députés qui l’interrogeaient sur l’apprentissage de l’informatique après le bac (notamment suite à l’ouverture d’école telle que « 42 / born2code »), Benoît Hamon a indiqué avoir « demandé qu'on puisse faire rapidement des propositions sur la manière d'améliorer aujourd'hui l'enseignement de l'informatique dans l'enseignement supérieur ». Corinne Erhel et Laure de la Raudière avaient pourtant formulé dans leur rapport de nombreuses préconisations en la matière, par exemple lorsqu'elles prônaient une revalorisation des doctorats s'intéressant à l'informatique et au numérique.

L’apprentissage du code, un « impératif » selon Axelle Lemaire

Prenant la parole après Benoît Hamon, la secrétaire d’État chargée du Numérique Axelle Lemaire a rappelé son soutien sans faille à un meilleur enseignement de l’informatique à l’école : « Je crois que l'apprentissage du code est devenu un impératif pour nos enfants, afin qu'ils deviennent des adultes autonomes dans l'environnement numérique de demain ». La locataire de Bercy nous avait d’ailleurs assuré il y a peu que la volonté politique du gouvernement sur ce dossier n’avait « jamais été aussi forte » (voir notre interview).

Évoquant enfin la situation plus générale du numérique à l’école, le ministre de l’Éducation nationale et de l’enseignement supérieur a expliqué que 97 % des enseignants affirmaient que les ressources pédagogiques numériques étaient à leurs yeux un atout. « Or seulement 5 % d'entre eux exploitent ces ressources numériques aujourd'hui dans les classes, ce qui montre l'ampleur du chantier que nous avons devant nous » a déclaré Benoît Hamon. Le locataire de la Rue de Grenelle a quoi qu'il en soit juré que l'enjeu du numérique à l'École était « évidemment extrêmement important » pour le gouvernement.

Publiée le 07/07/2014 à 16:20
Xavier Berne

Journaliste, spécialisé dans les thématiques juridiques et politiques.

Soutenez nos journalistes

Le travail et l'indépendance de la rédaction dépendent avant tout du soutien de nos lecteurs.

Abonnez-vous
À partir de 0,99 €


chargement
Chargement des commentaires...