Le gendarme britannique de la publicité épingle Electronic Arts

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Kevin Hottot

Au Royaume-Uni, l'Advertising Standards Authority (ASA) est un organisme de régulation indépendant chargé de veiller à ce que les publicités diffusées dans le pays respectent la loi. Saisie au sujet d'une campagne d'e-mails faisant la promotion du jeu Dungeon Keeper, l'autorité à épinglé Electronic Arts, jugeant sa publicité trompeuse.

Dungeon Keeper Android

 

La semaine dernière, Andrew Wilson, le PDG d'Electronic Arts reconnaissait sa responsabilité quant au fiasco que fut la version pour mobile de Dungeon Keeper. Un aveu logique au vu des piètres qualités du jeu, qui cumulait à peu près tous les défauts imaginables pour un titre free-to-play. Le jeu était même si médiocre que Peter Molyneux, le créateur originel de la franchise l'avait vertement critiqué.  « Je me suis vu tourner en rond en me disant "Quoi ? C'est ridicule ! Je veux juste faire un donjon. Je ne veux pas avoir à planifier ça avec un réveil pendant 6 jours pour revenir et casser un nouveau caillou" ».

 

Peu après, EA a fermé le studio chargé de son développement et le jeu a taché de se faire oublier... jusqu'à aujourd'hui. En effet, l'Advertising Standards Authority, ou ASA, qui est l'équivalent britannique de notre ARPP, a été saisie au sujet d'une campagne publicitaire pour Dungeon Keeper, envoyée par e-mail. Selon le plaignant, la publicité oubliait de mentionner la présence d'achats optionnels dans l'application. 

EA jure que tout reste complètement optionnel

Dans son e-mail, Electronic Arts expliquait que Dungeon Keeper pouvait être « obtenu gratuitement », avec une note en pied de page expliquant que des coûts supplémentaires pouvaient  être facturés par votre opérateur. Une mention tout à fait classique dans ce cadre. 

Seulement, il n'était fait mention nulle part des micro-transactions proposées dans toutes les étapes du jeu. Dans sa défense, Electronic Arts assure qu'étant donné qu'il est possible pour le joueur de gagner des gemmes, la monnaie optionnelle du jeu vendue contre de l'argent réel, en jouant normalement, et que de ce fait il n'est pas nécessaire de débourser le moindre centime pour jouer.

L'éditeur précise également que selon lui, le fait de ne pas acheter de gemmes ne réduit pas de façon drastique les possibilités offertes par le jeu. EA annonce également avoir fourni à l'ASA des données montrant que « les joueurs non-payants sont bien représentés au sein du total des joueurs ayant atteint des phases avancées du jeu, et ne les ont pas atteint significativement moins vite que les autres ». Des donnés qui n'ont malheureusement pas été divulguées par l'ASA. 

Le régulateur n'est pas de cet avis

De son côté, l'ASA ne partage pas totalement le point de vue de l'éditeur. Le régulateur note par exemple que les tâches prennent de plus en plus de temps au fur et a mesure de l'avancement des joueurs et que le seul moyen de les accélérer consiste à payer, une somme de plus en plus élevée au fil de l'aventure. Il est éventuellement possible d'obtenir plus d'ouvriers pour faire plus de tâches simultanément, mais là aussi, il faut passer à la caisse.

Concernant l'obtention des gemmes par le biais d'une activité normale sur le jeu, le régulateur l'a également trouvée insuffisante pour garantir un rythme raisonnable de jeu. En d'autres termes, oui, il est possible d'avoir des gemmes sans payer, mais la quantité offerte ne permet pas de jouer normalement. Un point d'autant plus problématique  que la présence de micro-transactions était totalement occultée dans la publicité.

Au vu de tout cela, l'ASA a demandé à EA de retirer toutes les publicités concernées et a demandé à l'éditeur de « s'assurer que les limitations de gameplay et le rôle des achats in-app concernant l'accélération du gameplay » soient précisés plus clairement à l'avenir. Il n'est pas question d'autres sanctions pour le moment, mais il pourrait suffire d'un autre écart pour que cela le soit.


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