Comment Internet a permis à l'UMP de se tailler la part du Bygmalion

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Justice
Marc Rees

L’affaire Bygmalion apporte chaque jour son lot de révélations. Cette fois, c’est dans le Canard enchaîné qu’on découvre combien le secteur des nouvelles technologies a été une mine d’or pour gonfler les factures réglées sans broncher par la galaxie UMP.

Voilà peu, nous rapportions que la société Bygmalion avait adressé de drôles de factures à l’UMP, notamment un « évènement » concernant les « NTIC » le 20 février 2012. Cette prestation, l’une des nombreuses soupçonnées d’avoir aidé au financement de la campagne de Nicolas Sarkozy, avait été facturée 200 425,68 euros. Problème : malgré toute notre bonne volonté, nous n'avons pu trouver trace de cette manifestation dans l’agenda du groupe ni dans les titres du jour.

bygmalion UMP canard enchaîné
Crédits : Le Canard enchaîné

Aujourd’hui, le Canard enchaîné indique que l’UMP s’est encore montré d’une générosité exemplaire, toujours sur le terrain des nouvelles technologies. Le groupe a ainsi mis de sa poche chaque année 48 222,72 euros pour faire assurer la mise à jour du site (Wordpress) de Jean-François Copé. Autre valse des étiquettes : la lettre d’information envoyée une quarantaine de fois par an aux 314 députés UMP. Une lettre qui comprenait parfois des bouts de textes, une photo et des liens vers des vidéos Dailymotion. Un chantier d’ampleur facturé par Bygmalion 172 415,36 euros pour la seule année 2011.

22 676,16 euros pour un hébergement OVH

Surtout, en 2010, Bygmalion a exigé 638 038,10 euros pour le développement et la gestion du site Internet du groupe UMP à l’Assemblée nationale. Ce joli chèque inclut l’hébergement, la mise à jour, la refonte, la veille, la modération ou encore la sécurité du site.

Le détail fait parfois tourner les têtes, en plus des caisses enregistreuses. L’UMP s’est encore délestée chaque mois de 3 588 euros pour la prestation d’hébergement de son site par Bygmalion avec une pointe à 22 676,16 euros pour le seul mois d’octobre 2011. De fait, Bygmalion n’est pas à la tête d’une superstructure de data centers. Elle a simplement sous-traité ce contrat d’hébergement à OVH, où le Canard estime ces prestations à 20,83 euros par mois.

Il faut dire que sur le terrain de la sécurité, l’activité des députés et des sénateurs du groupe intéresse du monde. Rappelons-nous qu’en 2011, des failles avaient permis d’aspirer de nombreuses données personnelles dans la poche de ces parlementaires via leur minisite UMP que le groupe faisait héberger par OVH. Ces espaces avaient été gérés par Mes-Conseils, une petite société installée à Rouen, et, surprise, que nous venons de découvrir, codirigée par un militant UMP.


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