Crytek en pleine Crysis

Et là, pas de Nanosuit pour protéger 79
En bref
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Jeux video
Kevin Hottot

Rien ne va plus chez Crytek. C'est en tout cas ce qu'affirme le magazine allemand GameStar. Selon lui, le studio et ses 800 employés ne font plus recette, la faute à une concurrence de plus en plus forte sur le secteur des moteurs de jeu, et d'investissements dans le domaine des jeux free-to-play qui n'ont pas porté leurs fruits.

Crysis 3

Crytek, le studio à l'origine de la saga Crysis vit actuellement une période très difficile sur le plan financier. En effet, selon un article du magazine allemand GameStar, traduit par les membres de NeoGaf et déniché par nos confrères de NoFrag, l'entreprise est au plus mal et « les vautours tournent autour ». Ambiance.

Selon le magazine, qui cite une demi-douzaine de sources distinctes, le studio fort de ses 800 employés a de plus en plus de mal à faire face à ses dépenses. L'exemple le plus flagrant de ces difficultés est à chercher du côté des salaires, qui seraient versés avec du retard, ce qui n'est jamais très bon signe.

Ryse et le free-to-play, les deux fossoyeurs du studio

Au fil de ses entrevues avec d'ex employés de Crytek et diverses figures de l'industrie vidéoludique, GameStar est parvenu à dresser un état des lieux de l'entreprise et celui-ci n'est guère glorieux. Le virage amorcé vers les jeux free-to-play serait un fiasco, Warface n'ayant pas réussi à percer en dehors de la Russie, les revenus ne seraient pas au rendez-vous. Les autres tentatives du studio dans ce domaine se seraient elles aussi soldées par autant d'échecs. 

Autre point délicat pour Crytek, le marché des moteurs de jeu devient de plus en plus concurrentiel. Epic Games propose depuis peu son Unreal Engine 4 aux développeurs, moyennant 19 dollars par mois et 5 % de royalties, et de nouveaux acteurs comme Unity rencontrent un certain succès auprès des studios indépendants. Cela a obligé la firme de Cervat Yerli à brader la licence de son CRYENGINE à moins de dix euros par mois, ce qui n'est pas très bon pour sa trésorerie.

Enfin, le développement de Ryse Son of Rome sur Xbox One se serait déroulé de la pire des manières. À quelques mois du lancement, le jeu était loin d'être prêt, et le studio a dû faire appel à davantage de main-d'œuvre pour le boucler dans les temps. Là encore, cela aurait fait flamber la trésorerie de l'entreprise, mais ce n'est pas tout. Les relations entre Crytek et Microsoft se sont également envenimées. Le géant du logiciel veut récupérer la franchise Ryse, ce que refuse le studio. Or, tant que ce différend ne sera pas réglé, il ne faudra pas compter sur la moindre suite pour la série et donc sur le moindre dollar venant de Microsoft.

Les éditeurs attendent que la bête meure avant de récupérer sa viande

Au vu de la situation de Crytek, les autres acteurs de l'industrie fourbissent leurs armes et se préparent à un éventuel rachat. Il se murmure déjà que Wargaming, l'éditeur de World of Tanks, serait d'ailleurs sur les rangs pour reprendre la structure. 

Du côté des grands éditeurs, selon une des sources de nos confrères, restée anonyme, l'idée serait plutôt d'attendre la failite afin de racheter les diverses propriétés intellectuelles de Crytek à moindre coût, tout en allant piocher dans son vivier de développeurs expérimentés. 

Interrogé par GameStar, Avni Yerli, l'un des trois frères fondateurs de Crytek, la situation est loin d'être catastrophique, l'entreprise devant très prochainement signer un juteux contrat qui suffirait à la remettre sur les rails. « Tout n'est pas rose cela dit. Notre transition vers le modèle free-to-play n'a pas été sans douleur. Mais tout ceci est maintenant derrière nous », explique-t-il. Difficile donc de savoir exactement dans quelle situation se trouve actuellement Crytek, mais il n'y a jamais de fumée sans feu. Il nous tarde donc de découvrir le fin mot de l'histoire, probablement d'ici quelques mois. Nous saurons alors si l'entreprise subira le même triste sort que THQ l'an passé.


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