Pixmania devrait réduire de 30 à 40 % son effectif en France

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Crédits : AndreyPopov/iStock/Thinkstock
Société
Nil Sanyas

La nouvelle était prévisible, elle est cette fois concrète. Mal en point, la boutique en ligne Pixmania a été rachetée l'an passé par l'Allemand Mutares au Britannique Dixons. Et sa nouvelle maison-mère n'a pas tardé à sabrer dans l'effectif afin de redresser les comptes du cybermarchand, puisqu'entre 30 et 40 % de l'effectif français devra bientôt plier bagage.

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Un deuxième PSE en moins de deux ans

Véritable « success story » durant les années 2000, Pixmania s'est rapidement internationalisé, ouvrant des bureaux dans de nombreux pays européens, et même plusieurs points de vente physiques dans certains territoires. Son effectif a ainsi largement dépassé le millier, transformant la petite start-up en véritable grande entreprise. Mais son rachat en 2006 par le Britannique Dixons, son concurrent dans certains territoires, n'a pas eu que des conséquences positives pour l'entreprise. La montée en puissance des autres cybermarchands, et en particulier Amazon et Cdiscount, n'a de plus pas arrangé la situation. Résultat, la société est rentrée dans le rouge et a dû licencier près de 150 personnes en 2012/2013, tout en fermant toutes ses boutiques physiques.

Et selon les syndicats de Pixmania, une deuxième vague de départs est sur les rails, quelques mois à peine après le rachat par Mutares. Cette fois, 187 postes seraient en jeu, soit plus d'un tiers de l'effectif français. Un Plan de Sauvegarde de l’Emploi (PSE) se prépare depuis plusieurs semaines et il concernera aussi bien les employés au siège à Asnières-sur-Seine que ceux de la logistique à Brétigny-sur-Orge. Selon l'AFP, les syndicats espèrent réduire les dégâts et diminuer le nombre de personnes sur le départ. Mais la mauvaise situation financière de Pixmania semble rendre obligatoire une réduction d'effectif.

Officiellement, d'après les syndicats, le précédent plan de sauvegarde de l'emploi s'était bien déroulé et ils sont optimistes pour ce nouveau plan. Mais selon un employé de Pixmania contacté par Frenchweb, la réalité serait légèrement différente. Mutares AG, la nouvelle maison-mère de Pixmania, aurait payé certains syndicalistes afin de les mettre de son côté. « Pour faciliter le PSE, ils ont prévu un budget de 500 000 euros pour acheter les syndicats. Deux représentants ont déjà négocié 100 000 euros pour l’un et 80 000 euros pour l’autre. » Des accusations extrêmement graves, qui ont déjà mené à l'appel de l’inspection du travail afin de mener une enquête.

La mauvaise politique de Dixons en cause

Cette déliquescence de Pixmania qui a vu son effectif français s'effondrer ces trois dernières années, n'est toutefois pas surprenante. En septembre dernier, alors que Dixons était encore le propriétaire du cybermarchand français, l'un de ses fondateurs, Jean-Émile Rosemblum, n'a pas caché son amertume quant à la gestion du Britannique. Dixons est notamment pointé du doigt pour avoir tué ses activités outre-Manche : « en trois ans, notre chiffre d'affaires au Royaume-Uni est passé de 90 à 20 millions d'euros. »

Jean-Émile Rosemblum a de plus indiqué que Dixons a réalisé plusieurs erreurs majeures. Tout d'abord, il a refusé dans le passé deux offres de rachats, dont une de Carrefour qui aurait pu permettre de relancer la machine. L'autre faute stratégique est d'avoir laissé les principales têtes de Pixmania quitter le bateau. « Pour piloter Pixmania ils ont envoyé Phil Birbeck, qui ne connaît pas Internet. (...) Toute la direction de Pixmania est partie. Dixons aurait dû les bloquer, mais ne l'a pas fait. » Enfin, la fermeture des boutiques a eu des conséquences négatives très importantes sur le chiffre d'affaires.

Pour le co-fondateur de Pixmania, qui a depuis lancé The Kase (qui a racheté une partie des boutiques de The Phone House), la société britannique a tout simplement tué Pixmania. « Ce massacre commis par Dixons est honteux. Ce qu'ils ont fait sur les 12 à 15 derniers mois me fait de la peine, c'est un terrible manque de respect pour l'entreprise et les gens qui y travaillent. Même Carrefour aurait repris Pixmania aujourd'hui, surtout avec ce que Dixons a payé pour le vendre. »


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