Le Français Buyster, qui rêvait de concurrencer PayPal, ferme ses portes

Atos et les autres mousquetaires renoncent 108
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Nil Sanyas

Lancé en grande pompe il y a trois ans grâce aux soutiens de géants comme Orange, SFR, Bouygues Telecom mais aussi Atos, le portefeuille en ligne Buyster, concurrent français de PayPal, passe l'arme à gauche. La faute à un échec cuisant, le service n'ayant pu attirer suffisamment d'utilisateurs.

Un bilan bien éloigné des ambitions initiales

Concurrencer PayPal n'est pas chose aisée. Des géants internationaux comme Google et Amazon font des tentatives, et des acteurs plus petits ne sont pas en reste. Il faut dire que des millions de transactions quotidiennes sont en jeu, et donc des milliards par an. Face aux solutions étrangères, le Français Buyster est donc né. Annoncé en février 2011 par les trois grands opérateurs français et le géant Atos, Buyster se présentait comme un « service de paiement dédié à l'Internet fixe et mobile qui permet de payer avec son numéro de téléphone portable sans sortir sa carte. Grâce à Buyster, le mobile suffit pour payer sur Internet. Il est le seul service de paiement à distance avec une double authentification systématique permettant de garantir les transactions, et le seul à utiliser la reconnaissance du téléphone par le réseau des opérateurs mobiles afin de proposer une ergonomie spécifique pour le m-Commerce. »

Fort de l'appui de ses créateurs, le service 100 % gratuit avait d'autres armes pour percer en France. Non seulement Buyster fonctionnait avec toutes les banques françaises, mais des dizaines de milliers de sites ont dès son lancement accepté de jouer le jeu, dont des géants comme PriceMinister, RueDuCommerce, MisterGoodDeal, etc. Résultat, le triumvirat des télécoms et Atos n'étaient pas sans ambition : « Nous voulons devenir le leader du paiement à distance via le mobile, et le numéro deux dans l'Internet fixe, en France. (...) D’ici à 5 ans, nous tablons en effet sur une part du mCommerce représentant 10 % du chiffre d’affaires du eCommerce pour un montant estimé à un peu plus de 6 milliards d’Euros. »

Malheureusement, cette ambition sur cinq ans ne pourra jamais être atteinte. Le service va en effet fermer ses portes le 1er juillet prochain, soit moins de trois ans après son lancement réalisé en septembre 2011. La nouvelle a été officialisée par le directeur général de Buyster lui-même, lors d'une assemblée générale au début du mois rapporte Les Échos. Il faut dire que selon ce dernier, le service ne compte que 300 000 utilisateurs pour 40 000 cyberachats par mois. Une broutille, alors que l'objectif était d'atteindre plusieurs millions de transactions mensuelles. L'échec est donc réel et les quatre actionnaires de Buyster ont préféré ne pas insister.

De SlimPay à Paylib

Toutes les solutions françaises concurrentes de PayPal et Google Wallet ne sont pas pour autant des fiascos. La société parisienne SlimPay dépasse déjà le milliard d'euros de transactions opérées via son service depuis le début de l'année, et la société serait déjà profitable selon nos confrères. La mort de Buyster pourrait d'ailleurs lui profiter en France, même si le service a de toute façon une aura internationale et qu'il ne se limite donc pas qu'à l'hexagone. Et il compte déjà des clients prestigieux tels EDF, Renault, Priceminister, Lafourchette, Relay.com, etc.

Rappelons aussi que La Banque Postale, BNP Paribas, et La Société Générale, ont lancé l'année dernière Paylib, là encore un moyen de paiement sur Internet à partir de n'importe quel appareil (PC, smartphone, tablette), ceci sans saisir à chaque transaction les informations de sa carte bancaire. Là encore, les partenaires sont nombreux et prestigieux, puisque l'on retrouve Vente Privée, Voyages-SNCF, PriceMinister, BilletRéduc, LeroyMerlin, ShowRoomPrivé, Photoweb, Oscaro, ElectroDepot, les hôtels Accor, les assurances AMF, etc. Nous ne savons néanmoins pas si le succès est au rendez-vous ou non. Au regard des (trop) nombreux concurrents présents sur ce même marché, il ne sera de toute façon pas étonnant que d'autres acteurs jettent l'éponge à court terme.


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