Des sujets du bac de philo fuitent dans des tweets

À l’heure des réseaux sociaux, la fuite en avant 171
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Justice
Xavier Berne

Alors que les épreuves du bac commençaient ce matin à 8 heures, plusieurs tweets ont permis aux internautes de prendre connaissance des sujets peu après la plupart des candidats. Les sujets de dissertation de philosophie des séries S, ES et L se sont en effet retrouvés sur le célèbre réseau social aux alentours de 8h30. Le ministère de l’Éducation nationale affirme que les gendarmes vont mener une enquête afin de retrouver le ou les auteurs de cette nouvelle fuite - dont les conséquences semblent pour l'heure très limitées.

Bac Etudes Examen
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Le signal d’alarme a été tiré aux alentours de 9 heures ce matin par une journaliste du Monde : « Il y a eu fuite des sujets. Les sujets de ES étaient sur Twitter tard hier soir. Ceux de L à 8h31 ce matin » lançait-elle sur le fameux réseau social. Très rapidement, certains internautes ont réussi à remettre le main sur plusieurs tweets, publiés aux alentours de 8h20, soit une quinzaine de minutes après le début des épreuves.

« Le bac de philo des L c’est l’art ou le bonheur. La chance ! » écrit ainsi @_Blandus, qui se présente comme une étudiante, dès 8h19. Et bingo : les deux sujets de dissertation étaient effectivement « Les œuvres éduquent-elles notre perception ? » et « Doit-on tout faire pour être heureux ? »

Quelques minutes plus tard, à 8h31, la même internaute publie un autre tweet, avec cette fois l’intitulé exact de ces deux sujets. L’intéressée poursuit alors avec les deux dissertations de la série ES : « Suffit-il d'avoir le choix pour être libre ? » et « Pourquoi chercher à se connaître soi-même ? ».

Pour les élèves de la série scientifique, la fuite a eu lieu dès 8h16, avec un tweet d’@Olympe_Pro, dévoilant une fois encore les deux sujets de dissertation : « L'artiste est-il maître de son œuvre » et « Vivons-nous pour être heureux ? ».

En revanche, aucune trace (à notre connaissance) d’éventuels tweets ayant révélé des sujets avant le début des épreuves. Depuis, les deux comptes Twitter en question ont été fermés, le réseau social indiquant laconiquement que chaque page demandée « n'existe pas ». Il est néanmoins possible de voir des captures réalisées par France Info notamment.

Le ministère de l’Éducation nationale veut une enquête de gendarmerie

Ces fermetures ne sont d’ailleurs peut-être pas étrangères à la publicité qui est faite à ces deux comptes depuis quelques heures... Mais aussi - et surtout - aux représailles que vient de lancer le ministère de l’Éducation nationale. L’exécutif a en effet indiqué au Monde avoir saisi la gendarmerie afin qu'une enquête soit diligentée. Contactées par Next INpact, les autorités compétentes se sont cependant refusées à confirmer cette information pour le moment, aucune demande n’ayant été « officiellement » enregistrée par les services de gendarmerie.

Rappelons quoi qu’il en soit la règle : les élèves n’ont pas le droit de sortir tant que d’autres candidats sont encore autorisés à entrer, l’objectif étant que ceux-ci ne puissent en aucun cas s’échanger des informations sur les sujets. De fait, il existe généralement une période de « tampon » d’environ une heure, durant laquelle certains retardataires peuvent être acceptés (surtout ce matin du fait des grèves de la SNCF).

Le délit de fraude passible de trois ans de prison et 9 000 euros d'amende

En attendant que la lumière soit faite sur cette affaire, soulignons que le fait de livrer à un tiers ou de communiquer « sciemment, avant l'examen ou le concours, à quelqu'une des parties intéressées, le texte ou le sujet de l'épreuve » est un délit passible de trois ans de prison et d’une amende de 9 000 euros.

Si les deux internautes passaient leur bac cette année, elles risqueraient alors également des sanctions disciplinaires pouvant aller du simple blâme à l’interdiction de repasser cet examen durant cinq ans.

Il y a trois ans, le sujet de l’épreuve de mathématiques du bac S avait partiellement fuité sur les forums de JeuxVidéo.com. Le ministre de l’époque, Luc Chatel, avait alors décidé que l’exercice en question ne serait pas noté. Il avait également promis de mettre en place « un système de veille sur Internet pour détecter les fuites et les rumeurs », sans davantage préciser ce projet par la suite. À notre connaissance, il n’y a eu aucune condamnation suite à cette fuite.


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