Apprentissage du code en primaire : une loi déposée à l’Assemblée nationale

Code is law, code in law 184
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Crédits : badmanproduction/iStock/Thinkstock
Loi
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le vendredi 13 juin 2014 à 08:20
Xavier Berne

Après avoir mis en avant l’idée au travers de son récent rapport co-écrit avec Corinne Erhel, la députée Laure de la Raudière (UMP) vient de déposer une proposition de loi visant à rendre obligatoire l’apprentissage du codage informatique dès l’école primaire.

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C’était l’une des propositions phares du rapport parlementaire visant à accélérer le développement de l’économie numérique en France : « éveiller les élèves du primaire au codage et à la programmation, sur le modèle de l’éveil au dessin, à la musique et aux langues étrangères ». Si l’idée ne fait forcément l’unanimité, elle a cependant trouvé un certain écho, par exemple auprès de la Secrétaire d’État au Numérique, Axelle Lemaire, ou de l’ancien ministre de l’Éducation Luc Chatel.

Aujourd’hui, force est de constater que la publication de ce rapport a servi de rampe de lancement à la proposition de loi déposée hier à l’Assemblée nationale par Laure de la Raudière. Le texte, co-signé par une trentaine de députés UMP, a en effet pour objectif de rendre obligatoire l’apprentissage du codage informatique dès l’école primaire.

L’apprentissage du code informatique au même rang que la lecture ou les maths

Pour cela, les parlementaires proposent d’introduire au sein de l’article L. 121-1 du Code de l’éducation des dispositions selon lesquelles les « objectifs prioritaires » assignés aux écoles deviendraient « l’apprentissage de la langue française, la maîtrise de la lecture, de l’écriture, l’utilisation des mathématiques et l’apprentissage du code informatique ». Le même article préciserait que ces savoirs « doivent impérativement être acquis lors de l’entrée au collège », afin de bien enfoncer le clou.

Aux yeux des députés, « l’apprentissage du codage est essentiel ». Ils s’expliquent : « À l’ère du numérique, si nous voulons que nos jeunes passent de simples usagers de l’internet, à acteurs de la société et de l’économie numérique, la compréhension de l’informatique est la clé d’accès au monde numérique et aux opportunités professionnelles qu’il ouvre ». Selon eux, « ne pas subir l’informatique, mais la maîtriser, c’est la chance qui serait offerte aux élèves français si cet apprentissage était enseigné de manière obligatoire dans chaque école de France ». Les auteurs du texte font au passage valoir que « la simplicité du codage permet un enseignement très précoce ».

Mais au-delà des jeunes, leurs pensées se tournent également vers les entreprises : « Rien qu’en 2014, 35 000 emplois à forte valeur ajoutée seront créés dans le secteur du numérique. Or, les jeunes techniciens ou ingénieurs français formés à ces nouveaux métiers ne sont pas suffisamment nombreux aujourd’hui ».

Les députés veulent s'inspirer de certains pays voisins

Pour appuyer leur proposition de loi, les parlementaires font référence au rapport publié l’année dernière par l’Académie des sciences, lequel plaidait pour un « enseignement de science informatique depuis le primaire jusqu’au lycée, orienté vers la compréhension et la maîtrise de l’informatique, et dépassant donc largement les seuls usages des matériels et logiciels ». Le texte avait d’ailleurs obtenu un soutien appuyé du Conseil national du numérique.

Les députés regardent par ailleurs de l’autre côté de nos frontières : « Des pays comme la Chine, le Japon, la Corée du Sud ont inscrit l’informatique dans les programmes scolaires dès huit ans. Plus proche de nous, en Allemagne, certains Länder, la Bavière notamment, ont rendu obligatoire l’enseignement de l’informatique depuis une quinzaine d’années. En Angleterre, l’enseignement du codage sera obligatoire pour les enfants de cinq à seize ans dès la rentrée de septembre 2014. Et en Estonie, des cours sont obligatoires à partir de six ans. »

Il n’en demeure pas moins qu’avant d’envisager toute discussion autour de ce texte, l’opposition devra lui trouver un créneau parlementaire - ce qui n’est pas toujours chose aisée. On se souvient par exemple de la proposition de loi déposée à l’automne 2012 par Laure de la Raudière à propos de la neutralité du Net, et qui n’a depuis fait l’objet d’aucun débat.

L’Éducation nationale fait quelques pas

Insistons enfin sur le fait que le projet de « socle commun de connaissances, de compétences et de culture » présenté cette semaine par le Conseil supérieur des programmes scolaires (et qui s’applique à la scolarité obligatoire, de l’école élémentaire au collège) évoque brièvement le codage :

« L'élève sait que les équipements informatiques utilisent une information codée et il est initié au fonctionnement, au processus et aux règles des langages informatiques ; il est capable de réaliser de petites applications utilisant des algorithmes simples. »

Le pas est néanmoins tout relatif, et ce à plusieurs égards. Premièrement, parce qu’il ne s’agit que d’un projet, le ministère ayant le dernier mot. Deuxièmement, parce que de précédents socles faisaient déjà référence aux langages informatiques. Troisièmement, parce que le décret qui définira le prochain socle ne s’appliquera qu’à partir de la rentrée 2016.  


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