Un cyber-préfet contre les cybermenaces visant les PME françaises

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Crédits : Andrey Popov/iStock/Thinkstock
Loi

Hier, Bernard Cazeneuve a annoncé la création d’un cyber-préfet (ou « préfet cyber »). Ce haut fonctionnaire, installé dans les prochaines semaines, sera chargé de coordonner la mise en œuvre d’un « plan stratégique de lutte contre les cybermenaces. »

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L’enjeu ? Assurer la protection de nos PME. « On estime que plus d’un tiers des entreprises françaises de moins de 250 salariés seraient victimes » de cyberattaques assure-t-il. La France veut ainsi aiguiser son activité de renseignement face à ces menaces par Wi-Fi ou RJ45 interposé.

Cette annonce a été faite à l’occasion des sixièmes Rencontres parlementaires de la Sécurité nationale, ouvertes hier à Paris. « L’action du ministère visera à franchir de nouvelles étapes en matière de police judiciaire et de capacités de réponse préventives aussi bien qu’administratives, à ces menaces » prévient le ministre de l’Intérieur. Ce cyber-préfet aura donc pour mission de coordonner les directions et les services, en collaboration avec les autres ministères impliqués.

Cette mesure vient en complément d’un plan d’action triennal pour l’intelligence économique territoriale (2015-1017) qui mobilisera le corps préfectoral et amplifiera la formation des cadres du ministère et les actions de sensibilisation. « Si aujourd’hui les menaces contre nos entreprises sont multiples, les attaques par les réseaux informatiques et les systèmes d’information et de communication en constituent néanmoins une part toujours croissante. »

L’Identité numérique des acteurs économiques

On notera que dans son discours, le ministre de l’Intérieur indique que des négociations ont également lieu à l’échelle européenne afin de mieux muscler le patrimoine informationnel. Cet objectif passera par la notion normalisée « d’identité numérique des acteurs économiques ». Il s’agira pour l’État et les entreprises français « de peser sur la réglementation du commerce international, au sein de l’Europe et en lien avec ses partenaires ». Pour Bernard Cazeneuve, c’est « là l’occasion de sécuriser et de réglementer les transferts, l’exploitation et les usages qui sont faits des données provenant de l’activité économique de nos entreprises ou de la vie privée de nos citoyens. »

Que cache cette notion d’identité numérique des acteurs économiques ? Pour Myriam Quemener, le terme générique regroupe la marque, le site et les mots de passe des entreprises.

Or, ajoute la magistrate du Parquet de Versailles, spécialisée sur ces questions, « l’identité numérique est l’objet de convoitises de la part des délinquants qui font preuve de multiples ruses pour récupérer des éléments d’identité ensuite facilement négociables. Les réseaux mafieux revendent ces données sur des marchés parallèles appelés «  blacks markets ». La cyberidentité permet de commettre des méfaits compte tenu des avantages qu’elle présente ». Selon elle, toutes les affaires de cybercriminalité sont désormais liées à la cyberidentité ». Celle-ci milite aussi pour une action de formation renforcée des acteurs.

Il faudra cependant attendre les détails de ce chapitre européen annoncé par le ministre de l’Intérieur. À ce titre, même si les instruments juridiques sont aujourd’hui nombreux pour protéger le patrimoine informationnel, le droit n’est pas toujours un instrument aisé. Côté utilisateur, on rappellera par exemple que le Conseil constitutionnel avait refusé que la carte nationale d’identité électronique puisse servir d’outil d’identification pour les transactions commerciales.

Publiée le 05/06/2014 à 11:00
Marc Rees

Journaliste, rédacteur en chef Droit, LCEN, copie privée, terrorisme, données personnelles, surveillance, vie privée, et toutes ces choses...

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